Le Togo est un petit pays d’Afrique de l’Ouest (56.785 km2 pour un peu moins de 6 millions d’habitants) calé entre le Ghana et le Bénin. Il forme un couloir vers les pays de l’hinterland, notamment le Burkina Faso, le Niger et le Mali. Bien entendu il sert également de plaque tournante commerciale (dans les deux sens d’ailleurs) avec le Bénin (et indirectement vers le Niger) et le Ghana.
Il est situé dans la zone tropicale humide offrant toutefois des savanes arborées plus sèches à l’extrême nord.
La seule ressource naturelle importante dont il dispose est représentée par les phosphates, si l’on ne tient pas compte d’un potentiel agricole remarquable (podologie, climatologie, hydrologie, pluviométrie très favorables dans l’ensemble) mais largement sous-exploité. Quant aux phosphates ils constituaient une source de revenus à l’exportation considérable mais ont décliné faute d’investissements substantiels et à cause d’une gestion défectueuse. La banque Mondiale et les bailleurs de fonds poussent à une réforme structurelle qui permettrait d’en confier l’exploitation à une entité privée, mais cette décision tarde à être prise. Une autre ressource notable est constituée du clinker, lequel est en partie exporté mais entretient également une forte industrie cimentière.
La vraie ressource du pays est son port, PAL (Port Autonome de Lomé) qui traite aux environs de 8 M tonnes par an. Il assure, en compétition avec l’autre couloir que constitue son voisin le Bénin, le transit des marchandises vers les pays de l’hinterland. Cette activité fait vivre de nombreux services liés, certes au commerce lui-même, mais aussi aux services de transport, transit, consignation, manutention etc.
Les importations « officielles » seraient de l’ordre de 975 M EUR en 2010 mais si l’on s’appuie sur une étude de parangonnage avec les chiffres « miroirs » des pays partenaires portant sur 2009 la réalité serait probablement de quatre fois supérieure. Idem pour les exportations qui s’affichaient officiellement à 634 M EUR en 2010. L’essentiel des exportations réelles est réexporté. Même si l’on s’en tenait aux chiffres officiels près de 20% des exportations seraient constituées de réexportations devant les ciments et clinker (15%) et les phosphates (9,8%).
Le pays revient de très loin. Après avoir été délaissé par les bailleurs de fonds pendant une dizaine d’années (à l’exception de la France qui a toujours gardé un volant d’aide au développement avec ce pays), ces derniers reviennent en force depuis 2007/2008. Le point d’achèvement de l’initiative PPTE a été atteint en décembre 2010 engendrant un effacement massif de la dette extérieure (80%) et des efforts sont faits pour remettre les finances publiques en ordre de marche. La reprise économique est lente mais saine et bien orientée. Le PIB, atteignant 1.561,6 Mds FCFA (2,38 Mds EUR) en 2010, marque une croissance de 3,4% (voire 3,7% selon une revalorisation plus récente) par rapport à 2009 (contre +3,2% en 2009, +2,4% en 2008 et 2,1% en 2007). On prévoit pour 2011 une croissance dépassant les 4%. Sachant que la population croît de l’ordre de 3% par an environ il y a une tension très forte sur les revenus et le pouvoir d’achat, et donc un défi considérable à moderniser l’économie. Eu égard à l’économie parallèle informelle de commerce de transit (cf. supra) non reprise dans les statistiques douanières il est probable que le PIB soit quelque peu sous-estimé mais le différentiel n’alimente que très marginalement l’économie formelle.