La Tanzanie, plus grand pays d’Afrique de l’Est tant par sa superficie que par sa population, connaît depuis cinq ans une amélioration notable de sa situation macroéconomique, avec une croissance qui oscille autour des 7%. Les explorations pétrolières et gazières en cours ainsi que ses énormes potentiels minier (uranium, nickel, manganèse, terres rares…) et touristique devraient nourrir la croissance des années à venir. Les revenus de l’Etat ont augmenté de 3 points de PIB en cinq ans, passant de 12 à 15,2%, les programmes d’annulation de dettes ayant permis au pays de récupérer d’importantes marges de manœuvre. Enfant chéri des bailleurs de fonds, 28% de son budget provient de l’aide publique au développement, essentiellement concentrée sur les secteurs de l’éducation et des infrastructures de transport et d’énergie.
Pourtant, près de 70% des tanzaniens vivent aujourd’hui avec moins de 2 USD par jour et l’insécurité alimentaire, dans un contexte de forte inflation liée principalement à l’augmentation des prix agricoles, reste à l’ordre du jour : sous-productivité chronique et manque d’infrastructures limitent le développement d’un secteur qui emploie pourtant 80% de la population active. La faible qualité de l’environnement des affaires et de la gouvernance publique rend les investisseurs privés et, de plus en plus, les bailleurs publics relativement frileux. L’avancée de l’intégration économique de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), aujourd’hui union douanière imparfaite et demain peut-être union monétaire, devrait fournir à la Tanzanie l’opportunité de s’attaquer à ces défis qui entravent son développement économique.