L’île, située entre la Mer des Caraïbes et l’Océan Atlantique Nord au nord de Trinité et Tobago, fut tour à tour occupée par les Français et les Anglais entre le XVIème siècle et jusqu’au début du XVIIIème siècle. Elle fut finalement cédée aux Britanniques en 1814, même si la population demeura catholique et continua à parler le créole français. Après avoir appartenu à la Fédération des Indes Occidentales de 1958 à 1962, elle obtient son autonomie en 1967 et accède à l’indépendance en 1979 tout en demeurant membre du Commonwealth.
Suite à la mort, le 8 septembre 2007, du très populaire Sir John G.M. Compton (père de l’indépendance), M. Stephenson King est devenu le nouveau Premier ministre de Sainte-Lucie. Assurant l’intérim pendant la maladie de son prédécesseur et membre du même parti, UWP (United Workers Party), il poursuit la politique engagée, avec pour objectifs la réduction des taux de chômage et de criminalité, la maîtrise de l’endettement public et la satisfaction des travailleurs de la banane et de toute la société rurale.
Restée pendant longtemps une île agricole, se consacrant à la production de denrées tropicales, Sainte-Lucie a, au cours de la décennie passée, réussi à attirer le monde des affaires et les capitaux étrangers (afflux important d’IDE en 2006, année faste due à la Coupe du monde de cricket), notamment dans les secteurs de la banque offshore et du tourisme (construction de plusieurs complexes touristiques). Bien que des denrées telles que bananes, mangues et avocats sont toujours cultivées pour leur exportation, le tourisme constitue désormais la principale source de revenus de l’île et le premier employeur. Toutefois, les revenus liés à cette activité ont baissé avec la crise économique mondiale. Conscient des risques inhérents à la dépendance vis-à-vis du tourisme, le gouvernement a tenté de revitaliser l’industrie bananière bien que de récents ouragans aient induit une contraction des exportations. De même, la diversification est passée par le développement du secteur financier qui a récemment enregistré une croissance relativement robuste (+ 8 % en 2007). Cependant, la faillite du conglomérat trinidadien CL Financial Group, puis celle de British American Insurance Company, très présents dans la région et à Sainte Lucie, ont porté un coup très dur au secteur, mettant en exergue les failles de la régulation des institutions non bancaires. Aussi l’économie de Sainte-Lucie est-elle vulnérable à une variété de chocs externes, comme la volatilité des recettes du tourisme ou les catastrophes naturelles, et dépend des importations de pétrole. Le ratio dette publique/PIB de l’ordre de 77 % et un service de la dette élevé réduisent la marge de manœuvre de l’administration King. Les fondamentaux demeurent néanmoins solides et Sainte Lucie est l’île la plus prospère de l’OECS. De fait, malgré l’impact de la crise sur l’emploi et donc sur la consommation des ménages, la situation générale de l’île n’est pas dramatique et l’assistance du FMI ainsi que les financements européens permettent au gouvernement d’attendre la reprise.
A noter que le siège de l’OECS se situe à Castries, créée en 1981 en remplacement du Marché Commun des Antilles Orientales (MCAO/ECCM). Par ailleurs, Sainte Lucie est le premier partenaire commercial de la France dans les pays de l’OECS.
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