Les indiens Caribs occupaient depuis des centaines d’années ces îles des Caraïbes, situées entre Porto Rico et Trinité et Tobago, avant qu’elles ne deviennent colonie britannique en 1650. L’ensemble constitué par Saint-Christophe, Niévès et Anguilla, rattaché entre 1871 et 1956 à la Fédération des îles au vent puis à la Fédération des Indes Occidentales, devient autonome en 1967. Anguilla se sépare de fait des deux autres îles en 1971, lesquelles accèdent à l’indépendance par décision du Royaume-Uni en 1983. Les îles Saint-Christophe-et-Niévès forment désormais un État fédéré indépendant, dans le cadre du Commonwealth. Doté d’une large autonomie, Niévès possède son propre Parlement et son Premier ministre. En août 1998, un référendum de sécession fut organisé, mais les deux tiers (66,7%) des votes nécessaires n’ont pas été atteints (61,7% de la population en faveur de l’indépendance).
Le pays est membre de l’OECS (dont la Banque se trouve à Basseterre) et de la CARICOM ; avec Saint-Vincent-et-les-Grenadines et plus récemment Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès est le seul pays de la région à maintenir des relations avec Taïwan. Il entretient également des relations suivies avec Cuba. Pays ACP, il est attaché à la coopération avec l’Union européenne et aux dispositions de la convention de Cotonou. Il est à noter, enfin, que la Fédération est sortie de la liste grise de l’OCDE.
Saint-Christophe-et-Niévès est un pays à revenu intermédiaire supérieur dont l’économie s’est rapidement développée grâce au tourisme, activité dominante en termes d’emplois et de recettes en devises, remplaçant l’industrie sucrière qui prédominait jusque dans les années 70. De fait, en 2005, le gouvernement décida de faire cesser l’industrie sucrière après des années de pertes (3 à 4 % du PIB par an). Pour compenser les destructions d’emplois, il s’est engagé dans un programme de diversification du secteur agricole et de stimulation des autres segments de l’économie tels que le tourisme, le commerce de gros et de détail, le transport et la banque offshore. Si l’économie de l’île a connu une forte croissance entre 2003 et 2008, la crise de 2008-2009 a introduit un nouveau choc exogène pesant sur les deux moteurs récents de la croissance : le tourisme et les IDE liés à la construction. Alors qu’il avait réussi, depuis 2005-2007, à réduire sa dette à 169 % du PIB, parmi les plus élevées du monde, celle-ci est repartie à la hausse en 2009 (184%). Ainsi, comme d’autres destinations touristiques de la Caraïbe, l’économie de l’île, particulièrement conditionnée par sa petite taille, est sensible aux dommages causés par les catastrophes naturelles et aux fluctuations de la demande touristique. La reprise économique devrait être plutôt lente compte tenu de la faible activité enregistrée en 2011.
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