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Ouganda

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Depuis l’arrivée du président Museveni, le pays a connu un développement économique soutenu avec une croissance annuelle moyenne du PIB supérieure à 7% depuis 5 ans. Toutefois, le PIB par habitant demeure faible (moins de 500 USD en 2010) et la part de la population « pauvre » reste très importante (en 2009, près de 75% des ougandais vivaient avec moins de 2USD par jour).

L’année 2011 sera une année charnière en matière de réformes, notamment s’agissant de la fiscalité et de la législation relatives aux hydrocarbures. Les autorités prévoient la création d’un fonds spécial destiné à recueillir les recettes issues du pétrole. Deux projets de lois sont en cours de finalisation : le premier concernant les aspects géologiques et scientifiques des zones exploitables et le second relatif aux aspects fiscaux liés à l’exploitation pétrolière. Ce cadre légal et financier est d’autant plus nécessaire que les revenus pétroliers ne seront pas pérennes (les experts tablent aujourd’hui sur environ 25 ans d’exploitation). 

La situation macroéconomique du pays est favorable avec une croissance de 5,8% en 2010 grâce à la bonne tenue des secteurs de la construction, des télécommunications et des transports et malgré le ralentissement observé dans les services et l’agriculture (baisse de la production de coton et de café). La hiérarchie des composantes du PIB reste inchangée avec un secteur tertiaire représentant 52,1% du total,  tandis que les secteurs secondaire et primaire représentent respectivement 24,8%  et 23,1% du produit national.

L’inflation, qui s’élevait à 7,8%  pour l’année 2009, est en baisse notamment grâce à la réduction régulière du cours des denrées alimentaires de base. En glissement annuel, le taux d’inflation 2010 est d’ores et déjà sous les 5%. Toutefois, décembre 2010  (+2%)  et janvier 2011 (+2,2%) ont été marqués par une accélération de la hausse des prix de détail. Si cette tendance se maintient, l’inflation pourrait « rebondir » en 2011 et approcher les 10% annuels.

Le déficit commercial se creuse en 2010 (13,3% du PIB) sous l’effet d’une forte hausse des importations (4Mds USD en 2009 contre 4,6 Mds USD en 2010)  et d’une stagnation des exportations aux alentours de 2,3 Mds USD. Le solde courant connait une évolution comparable (-9,9% du PIB en 2009 contre -12,4% en 2010).

Enfin, les réserves en devises diminuent tant en valeur absolue qu’en part relative : elles représentaient 4,6 mois d’importation en 2009 contre 3,6 mois en 2010.

 Budget et finances publiques

En décembre 2010, les autorités ont soumis un rectificatif budgétaire au vote du parlement afin de valider des dépenses supplémentaires d’un montant  de 198 M€ représentant 1,3% du PIB et 7.67% du budget initial. Les dépenses supplémentaires concernent à hauteur de 75% le secteur de la défense (107,5 bn soit 34 M€), les services administratifs (Présidence et State House) et la sécurité intérieure (forces de police). Ces nouvelles dépenses sont majoritairement financées par la Banque Centrale (Shs.496.38bn soit 156,7M€) et par des suppressions et réallocations budgétaires.

 Sur l’année 2010, la performance budgétaire n’est pas optimale :

  • Le rendement fiscal de l’Ouganda (13% du PIB) demeure faible comparé à la moyenne de 20% pour l’Afrique subsaharienne dû à l’absence de stratégie de mobilisation des ressources fiscales, de la fraude et de l’inefficacité persistante de l’administration fiscale ;
  • Les recettes à l’exportation sont plus faibles que prévues et la sensibilité de l’économie ougandaise aux coûts des importations demeure important ;
  • le déficit budgétaire (sans les subventions) est passé de 4,5% du PIB en 2008/2009 à 7,4% en 2009/2010.

Relations avec la communauté financière internationale

Le Conseil du 12 mai 2010 a approuvé un nouveau programme Instrument de Soutien à la Politique Economique (ISPE - Policy Support Instrument) d’une durée de 3 ans (2010-2013). Pour cause de supplément budgétaire non prévu par la revue de 1,3% du PIB, risquant d’entraîner des déséquilibres macroéconomiques à moyen terme, la première revue du programme n’a pas été approuvée. Cette situation ne sera pas sans conséquence sur l’attitude des bailleurs en 2011 et 2012.

En 2009, de source OCDE, l’APD totale reçue par l’Ouganda a atteint 1,78 Md USD. En octobre 2010, les bailleurs actifs sur l’aide budgétaire (dont le DFID) avaient annoncé la réduction de 10% de leur appui au titre de l’ABG compte tenu du manque de transparence budgétaire des autorités locales. Les dépenses publiques ougandaises étant financées à hauteur de 30% par les dons et prêts concessionnels externes, le retrait des donateurs pourrait entraîner un accroissement du déficit public. Par ailleurs, les conditions du déroulement du vote pour les présidentielles de février 2011, jugées peu satisfaisantes par les observateurs internationaux, devraient poser question aux bailleurs plus particulièrement actifs dans l’aide budgétaire globale (la France ne fait pas d’ABG en Ouganda).

Contexte économique et commercial bilatéral

Les échanges commerciaux 

L’excédent commercial, sous l’effet de la forte réduction des exportations françaises à destination de l’Ouganda, se réduit, passant de + 61M€ en 2009 à + 44,4M€ en 2010. Les exportations françaises enregistrent un recul de près de 40% en 2010, passant de 95,2M€ en 2009 à 60,4M€. La réduction des importations françaises en provenance d’Ouganda est significative : nos achats ont diminué de 27%, passant de 34M€ en 2009 à 16M€ en 2010. Cette contraction porte essentiellement sur les produits agricoles et agro-alimentaires dont la valeur des importations se réduit de 33,4M€ en 2009 à 13,8M€ en 2010.

Les investissements français en Ouganda

L’Ouganda est la 122ème destination de l’IDE français dans le monde en 2009. Pour cette même année, le montant global des flux d’IDE entrants a atteint 3 M€ et est en forte augmentation par rapport à 2008. Le stock d’investissement direct détenu par les entreprises françaises en Ouganda progresse également, passant de 5 M€ en 2007 à 13 M€ en 2009. Il reflète principalement le développement régulier des grandes entreprises françaises implantées localement et notamment celui de Lafarge, de Total et d’Orange.

 

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Ouganda

Focus sur

Informations générales

Superficie

241 038 km²

Population

33.4 millions (World Bank, 2010)

Chef de l’Etat

Yoweri Museveni

Premier ministre

Amama Mbabazi

Ministre des finances

Maria Kiwanuka

Monnaie

Shilling ougandais (UGX)

Taux de croissance (2011)

5.9% (6.4% en 2010)

Taux d’inflation (2011)

18.7% (4% en 2010)

Classement Doing Business (2012)

123e (119e en 2011)

Classement Transparency International (2010)

127e (130e en 2009)

- 06/03/2012

Le secteur Energie en Ouganda

Présentation du secteur Energie

La consommation d’énergie per capita en Ouganda est l’une des plus faibles au monde. Le coût de l’énergie étant très élevé, l’essentiel de la population utilise la biomasse pour produire de l’électricité (92%, contre 7% d’énergies fossiles). En effet, ce pays est l’un des moins avancés en matière d’accès à l’électricité : seulement 12 % de la population est connecté au réseau.
Le secteur énergétique ougandais se caractérise actuellement par un fort déficit notamment dû au manque d’infrastructures de production et à la forte croissance de la demande (8 % par an).
La capacité installée s’élève actuellement à environ 600 MW, dont l’essentiel est utilisé pour alimenter le secteur industriel et commercial. 
 Le pays connaissant un taux de croissance moyen de 7% par an depuis une vingtaine années ainsi qu’une forte croissance démographique (3.3 % par an), le Gouvernement est conscient que le développement des infrastructures énergétiques est une priorité pour accélérer les transformations socio-économiques locales.
Ainsi a été lancé un ambitieux programme quinquennal (National Development Plan 2010/2015 - NDP) visant à développer en particulier les infrastructures routières et énergétiques.
L’Ouganda est ainsi membre de l’Eastern Africa Power Pool, au sein duquel elle pourra jouer un rôle de fournisseur régional. En effet, le pays possède de nombreuses ressources énergétiques avec un potentiel hydrologique de 4500 MW, géothermique de 600 MW, pétrolier de 2.5 milliards de barils et  gazier de 3 000 milliards de pieds-cube.
Au regard de ces chiffres, le développement des énergies renouvelables est primordial, d’où la volonté des autorités de soutenir ce secteur. 

Perspectives de développement du secteur hydroélectrique

Près de 70%  de la capacité actuelle installée est issue des ressources hydriques (barrages de Nalubaale et Kiira, et mini-stations hydro-électriques). Le mix énergétique est assuré via des initiatives de cogénération  et des centrales thermiques, mises en service en urgence dans les années 2000. Bien que cet apport ait réduit le déficit, ces centrales ont provoqué une hausse significative des tarifs payés par les utilisateurs finaux, qui comptent parmi les plus élevés de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC). 
Le gouvernement souhaite exploiter davantage son potentiel énergétique : plusieurs projets hydriques devraient voir le jour dans les années à venir, pour atteindre une capacité de production de 1600 MW d’ici 2025. Ces projets, essentiellement sur le Nil, devraient permettre d’atteindre cet objectif.
La centrale hydro-électrique de Bujagali, d’une capacité de production de 250 MW, fournira les 50 premiers MW en octobre 2011. Bien qu’elle permette de doubler la production hydroélectrique actuelle du pays, elle ne pourra à elle seule répondre à la croissance continue de la demande.
Le barrage de Karuma renforcera cette tendance avec une production estimée de 600 à 700 MW. L’appel d’offre pour la pré-qualification du constructeur a été publié en septembre 2010. A noter que les taxes issues des transactions pétrolières participeront au financement de ce barrage.
D’autres barrages sont également en projet : Ayago (700 MW) et Isimba (130 MW). 
En parallèle, l’Etat, au travers de son NDP, propose de développer d’autres sources d’énergie propre, notamment le solaire (200MW), la géothermie (100MW), la cogénération à partir de bois, déchets céréaliers et poubelles (150 MW). En revanche le pays présente un faible potentiel éolien, d’où l’absence de grands projets dans ce sous-secteur. 
En outre, l’Ouganda a découvert en 2006 ses ressources pétrolières commercialement viables. Le gouvernement envisage d’exploiter une partie de ses réserves pour produire de l’électricité via une centrale HFO (Heavy Fuel Oil - métaux lourds).

Point sur le secteur pétrolier

 Le 29 mars 2011, Tullow Oil, CNOOC et Total ont signé un accord pour la vente des parts de Tullow Oil à ses deux partenaires. Cet accord fait suite à la signature du Memorandum of Understanding le 15 février entre le Ministère de l’Energie et Tullow, ouvrant ainsi la voie à une résolution du litige fiscal qui bloque le développement des projets pétroliers depuis plus d’un an.
Total obtient l'exploitation du bloc 1, le plus prometteur compte tenu des réserves estimées mais également le plus sensible car situé partiellement dans le parc naturel de Murchison. La société chinoise CNOOC exploitera le Bloc 3A, au Sud-est du Lac Albert. Tullow conserve le bloc 2, situé entre ceux de ses deux nouveaux partenaires. Les partenaires fonctionneront en joint-venture, supervisée par le Ministère de l’Energie.
Les deux prochaines étapes portent sur la définition par les autorités ougandaises des modalités de construction de l’oléoduc d’évacuation du pétrole et de la raffinerie. La BAD finance l'étude pour l'oléoduc, tandis que les Norvégiens apportent leur soutien à l'étude sur la raffinerie. Le Président Museveni soutient ce dernier projet dans une perspective nationale et régionale (Afrique de l'est et centrale). Beaucoup d'incertitudes règnent encore sur les choix qui seront faits, quant à l'ambition et aux modalités financières de ces projets. 
L’Ouganda attire désormais les investisseurs français. Avec l’arrivée de Total E&P, de nombreuses entreprises françaises s’intéressent aux projets ougandais, tant dans le secteur parapétrolier, que dans les infrastructures eau, énergie, construction et transport.

La coopération française dans le secteur énergie
La stratégie de l’AFD, qui intervient en Ouganda depuis plus de quinze ans, cible trois secteurs : eau et assainissement, énergie et secteur privé.
Le positionnement sur ces secteurs répond aux enjeux de développement du pays et aux priorités régionales, le gouvernement s’étant engagé dans la valorisation des ressources régionales, incluant la construction d’un marché régional de l’énergie. 
Le Groupe AFD intervient déjà dans le secteur énergétique par le financement du barrage de Bujagali. Pour cette première intervention l’apport de Proparco et de l’AFD s’élève à environ 73 millions USD, dont une partie permet d’atténuer les impacts sociaux et environnementaux d’un tel projet (reforestation, accès à l’eau, électrification). 
L’AFD souhaite maintenant soutenir le renforcement du réseau électrique, condition sine qua non à la mise en œuvre du plan d’augmentation des capacités de production nationales.
Le renforcement du réseau de transport et de distribution va de pair non seulement avec les ambitions nationales mais aussi avec les programmes développés par les ensembles régionaux tels que l’EAC ou l’Initiative du bassin du Nil (NBI).

- 09/11/2011

L’action du Service économique régional de Nairobi

Le Services économique régional de Nairobi a pour mission :

-          L’analyse et la veille économique et financière des pays sur lesquels il a une compétence directe – Burundi, Erythrée, Kenya, Ouganda, Rwanda, Somalie, Sud-Soudan et Tanzanie – à la fois sur une base macroéconomique mais également sectorielle ;

-          L’information du gouvernement permettant les prises de positions de la France au sein des instances multilatérales internationales ;

-          Les missions régaliennes de soutien aux entreprises, notamment pour la surveillance des conditions d’accès au marché et l’appui aux grands contrats.

En tant que Service économique régional (SER), le Chef du SER de Nairobi a également pour mission de coordonner et d’animer l’activité des différents services économiques de sa zone – c’est-à-dire ceux d’Addis-Abeba, de Khartoum, de Port-Louis et de Tananarive.

- 07/09/2011



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