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Nigeria

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Avec un PIB de 574 Md USD à la fin 2014, le Nigéria est la première puissance économique d’Afrique devant l’Afrique du Sud. Comptant plus de 170 millions d’habitants, ce pays est également la première puissance démographique du continent devant l’Egypte et pourrait détrôner les Etats-Unis au troisième rang mondial des géants d’ici 2050, avec près de 400 millions d’habitants. Entre 2003 et 2013, le pays a connu une croissance économique robuste avec un taux de croissance moyen de 6% par an sur la période. C’est durant cette décennie faste que le Nigéria, 1er producteur de pétrole d’Afrique (2 M b/j en 2014), s’est engagé dans une modification structurelle de son économie : aujourd’hui, le secteur des hydrocarbures représente ainsi moins de 14% du PIB contre 34% en 2003, et la part de l’agriculture a diminué de 20 points pour atteindre 22%. A l’inverse, le secteur des services représente désormais plus de la moitié du PIB porté par la forte croissance de l’économie qui a favorisé l’émergence d’une classe moyenne (environ 20 millions de nigérians gagnant plus de 700 USD par mois), des banques nigérianes et de la grande distribution. Le pays connait par ailleurs une révolution manufacturière (près de 7% du PIB), notamment dans les secteurs du ciment (1er producteur africain), de l’agro-industrie et de l’équipement électrique et pétrolier.

Avec 22 milliardaires et 34000 millionnaires en dollars, ce pays à fort potentiel, n’en est pas moins un des plus inégalitaires au monde, classé 152ème sur 187 pays pour son niveau de développement humain (en 2014, un IDH de 0,504 qui une fois ajusté aux inégalités, tombe à 0,300) ; on estime à près de 70% la part de la  population vivant avec moins d’un dollar par jour. Le climat socio-économique précaire et les déséquilibres géographiques internes au pays contribuent à la dégradation du climat sécuritaire dans les zones les plus défavorisées à l’image du conflit armé avec la secte Boko Haram qui sévit principalement dans le Nord Est du pays. Le Nigéria continue de connaitre les effets du contre-choc pétrolier depuis le début 2014 au premier rang desquels la baisse des recettes d’exportations (constituées à 90% de pétrole brut) et des revenus budgétaires (75% des revenus procèdent des industries des hydrocarbures) qui témoignent d’une dépendance pétrolière encore forte. Elu en mars 2015, date saluée comme marquant la première alternance démocratique sans heurts de ce grand pays, le Président Buhari a fait de la lutte contre Boko Haram et la corruption sa priorité politique.

Sur le plan de nos relations bilatérales, le Nigéria est notre premier partenaire commercial en Afrique subsaharienne avec un volume d’échanges de 5,6 Md EUR. Avec un stock d’IDE de 7,2 Md EUR, la France est l’un des principaux investisseurs au Nigéria, 3ème récipiendaire de nos investissements en Afrique. Ces investissements sont nombreux dans le domaine pétrolier mais ne sont pas limités à ce secteur (BTP, électricité, etc.). Si l’environnement des affaires reste difficile (corruption endémique (136ème pays sur 175 pour l’indice de perception de la corruption du Transparency International), infrastructures de transport et énergétiques à réhabiliter, etc.), les débouchés pour les entreprises françaises sont très nombreux : importantes réserves de gaz et de pétrole, autres ressources minérales, développement du secteur agricole, réactivation d’une industrie manufacturière locale, construction et réhabilitation des infrastructures du pays (électricité, transport, assainissement, etc.), croissance de la demande de services (financiers, télécommunications, etc.).

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