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Nigeria

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Avec un PIB de 445 093 M. Euros en 2015, le Nigéria était la première puissance économique d’Afrique devant l’Afrique du Sud. En 2016, le pays est cependant entré en récession. Le PIB  a reculé (en g.a) de -2,2% au 3e trimestre, de -2,1% au T2, et de -0,4 au T1), une baisse non anticipée même si la croissance avait marqué le pas en 2015 (+ 2,7 %). La contraction de la production pétrolière tombée à 1,63 M de b/j au T3, contre 1,69 M de b/j au T2 et 2,11 M de b/j au T1 est la cause principale mais non exclusive des difficultés actuelles du Nigéria.

Le Nigéria reste cependant un des pôles de croissance parmi les plus prometteurs d’Afrique. Comptant plus de 170 millions d’habitants, il est la première puissance démographique du continent devant l’Égypte et pourrait détrôner les États-Unis au troisième rang mondial d’ici 2050, avec près de 400 millions d’habitants. Entre 2003 et 2013, le taux moyen de croissance de 6% par an, bien que largement fondée sur le pétrole, a permis d’engager une modification structurelle de son économie : aujourd’hui, le secteur des hydrocarbures représente ainsi moins de 10% du PIB contre 34% en 2003, et la part de l’agriculture a diminué de 20 points pour atteindre 24% au T3 2016. À l’inverse, le secteur des services représente désormais plus de la moitié du PIB porté par la forte croissance de l’économie qui a favorisé l’émergence d’une classe moyenne (environ 20 millions de nigérians gagnant plus de 700 USD par mois), des banques nigérianes et de la grande distribution. Le pays a par ailleurs connu quelques succès manufacturiers (près de 7% du PIB), notamment dans les secteurs du ciment (1er producteur africain), de l’agro-industrie et de l’équipement électrique et pétrolier.

Avec 22 milliardaires et 34000 millionnaires en dollars, ce pays à fort potentiel, n’en est pas moins un des plus inégalitaires au monde, classé 152e sur 187 pays pour son niveau de développement humain (en 2014, un IDH de 0,504 qui une fois ajusté aux inégalités, tombe à 0,300) ; on estime à près de 70% la part de la  population vivant avec moins d’un dollar par jour. Le climat socio-économique précaire et les déséquilibres géographiques internes au pays contribuent à la dégradation du climat sécuritaire dans les zones les plus défavorisées à l’image du conflit armé avec la secte Boko Haram qui bien que militairement maîtrisé reste une menace principalement dans le Nord Est du pays. Le Nigéria continue de connaitre les effets du contre-choc pétrolier depuis le début 2014 au premier rang desquels la baisse des recettes d’exportations (constituées à 90% de pétrole brut) et des revenus budgétaires (75% des revenus procèdent des industries des hydrocarbures) qui témoignent d’une dépendance pétrolière encore forte. Elu en mars 2015, date saluée comme marquant la première alternance démocratique sans heurts de ce grand pays, le Président Buhari qui avait fait de la lutte contre Boko Haram et la corruption sa priorité politique s’est trouvé confronté à deux autres dossiers pressants, la crise économique et l’extension des actions de sabotage des installations pétrolières dans le Delta du Niger.

Sur le plan de nos relations bilatérales, le Nigéria est notre premier partenaire commercial en Afrique subsaharienne avec un volume d’échanges de 5,6 Md EUR en 2014 et 4,2 Mds EUR en 2015. Avec un stock d’IDE de 7,2 Md EUR, la France est l’un des principaux investisseurs au Nigéria, 3e récipiendaire de nos investissements en Afrique. Ces investissements sont nombreux dans le domaine pétrolier mais ne sont pas limités à ce secteur (BTP, électricité, etc.). Si l’environnement des affaires reste difficile (corruption endémique (136e pays sur 175 pour l’indice de perception de la corruption du Transparency International), infrastructures de transport et énergétiques à réhabiliter, etc.), les débouchés pour les entreprises françaises sont très nombreux : importantes réserves de gaz et de pétrole, autres ressources minérales, développement du secteur agricole, réactivation d’une industrie manufacturière locale, construction et réhabilitation des infrastructures du pays (électricité, transport, assainissement, etc.), croissance de la demande de services (financiers, télécommunications, etc.).

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