Avec un PIB dépassant 1000 Mds USD, le Mexique se place au 14ème rang des puissances économiques dans le monde (2ème en Amérique latine) ; il est membre de l’OCDE et du G20. Peuplé par plus de 112 millions d’habitants, il dispose d’un vaste marché intérieur en devenir. Certains de ses groupes industriels sont des acteurs compétitifs sur la scène internationale et son système financier affiche une solidité certaine. De facture franchement « libérale », la politique économique menée avec constance depuis la crise dévastatrice de 1994 s’est révélée prudente et cohérente. Elle a permis au gouvernement d’entreprendre l’assainissement des finances publiques (le déficit public total est d’environ 2,5% du PIB cette année) et de disposer de marges de manœuvre, certes modestes, pour adopter des mesures contra-cycliques comme ce fut le cas en 2009. Le poids relatif de l’endettement extérieur a pu être réduit progressivement tandis que la crédibilité extérieure du pays était restaurée : les agences de notation lui ont conféré le grade d’investissement dès 2000, le gouvernement est le premier emprunteur latino-américain sur le marché international et le FMI, au vu de la qualité du policy-mix, lui a accordé, à titre de précaution, sa première Ligne de Crédit Flexible dès avril 2010.
L’économie mexicaine a affiché des performances positives au cours des années récentes (sauf en 2009, année de crise globale) même si elles sont moins brillantes que les résultats enregistrés par la plupart des autres grands émergents d’Amérique latine. Après la récession de 2009, le PIB a rebondi en 2010 et devrait progresser de 3,5% cette année. La santé économique du Mexique cependant dépend du dynamisme de ses ventes à l’étranger et notamment aux Etats-Unis. Il est devenu le premier pays latino-américain en termes d’échanges commerciaux grâce à son appartenance à l’ALENA (Accord de Libre Echange Nord Américain) qui, en vigueur depuis 1994, lui a permis de multiplier par 3,5 ses exportations vers le grand voisin nord-américain. Ce dernier absorbe plus de 80% du total des ventes mexicaines à l’étranger (matériel et équipements industriels, en particulier dans l’automobile ; pétrole brut), est à l’origine d’un flux de 22 Mds USD (2,5% du PIB mexicain) de transferts financiers des migrants (manne essentielle pour le soutien de la consommation des ménages les plus démunis) et il fournit depuis dix ans plus de la moitié des IDE.
Le Mexique présente indéniablement des atouts économiques et il bénéficie d’un pilotage cohérent ; les ravages provoqués par les crises répétées des années 1980 et 1990 ont incité les gouvernements successifs à adopter des politiques macro-économiques prudentes ; parallèlement l’action de la Banque centrale est particulièrement remarquable : la politique de cible d’inflation (3% avec +/-1point) a permis à la hausse des prix d’être limitée à 4,4% en 2010, année de reprise économique et de hausse des cours des denrées alimentaires, et à 3,4% cette année. Cependant, l’économie mexicaine demeure encore, à bien des égards, celle d’un pays en développement au fort potentiel. Bien que le taux d’évolution démographique ait fléchi à 1% en 2009, le secteur productif ne parvient pas à créer suffisamment d’emplois pour absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail, caractérisé par l’informalité (31% du PIB). Cette situation explique la forte émigration traditionnelle vers les Etats-Unis. De même, le grand contraste des niveaux de vie peut se révéler périlleux pour la stabilité sociale, comme l’illustre l’expansion inquiétante de l’insécurité et du narcotrafic dont l’impact négatif sur l’économie est estimé à l’équivalent de 1,5% du PIB. Le pays compte plus de 40 millions d’indigènes qui vivent, pour la plupart dans des zones rurales où se concentrent les poches de pauvreté (35% de la population disposent de moins de 2 USD par jour) et le PIB/habitant (9.243 USD en 2010), masque de très fortes inégalités : les 20% les plus pauvres ne perçoivent que 5% des revenus globaux.
La quasi-totalité des grandes entreprises françaises sont très présentes au Mexique (plus de 300 filiales sur une gamme sectorielle très ample). Notre principal défi étant cependant aujourd’hui d’accroître la présence très insuffisante de nos E.T.I. dans un pays qui souhaite ouvrir son économie à des partenaires autres que son grand voisin du Nord. Cet objectif est d’autant plus réalisable que nos échanges avec le Mexique dégagent un excédent quasi constant en notre faveur.
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