Le conflit civil qui a suivi le soulèvement contre le régime du colonel Kadhafi à partir du 17 février 2011 a eu des conséquences importantes sur l’économie libyenne. En effet, les sanctions internationales prises alors par l’ONU et l’UE (gel des flux financiers et des avoirs détenus à l’étranger provocant une paralysie du système financier) et l’interruption de la production pétrolière et gazière (passée de 1.8 Mb/j en moyenne en 2010 à 500 000 b/j en 2011), ont entraîné en 2011 une contraction du PIB de 60 % (FMI), dans un pays où le secteur des hydrocarbures représente 70% du PIB et 95% des exportations. Cette récession a eu un impact brutal sur le commerce extérieur libyen : les importations se sont effondrées de 42.3%, alors que les exportations ont diminué de 60.7%. L’excédent de la balance commerciale est ainsi passé de 21% du PIB en 2010 à 4.5% en 2011.
Le rétablissement plus rapide que prévu du niveau de production de pétrole (passant de 22 000 bpj en Juillet 2011 à 1.6 M b/j fin 2012) grâce aux efforts conjoints des compagnies étrangères et libyennes, a permis de rétablir les revenus pétroliers (les exportations de gaz naturel vers l’Italie atteignent 9 Mds m3 et les exportations de pétrole brut dépassent 1,1 Mb/j).
Après les sanctions adoptées par l’ONU (résolutions 1970, 1973, 2009) et l’UE pendant le conflit courant 2011, le dégel des fonds et avoirs de la Banque Centrale de Libye (BCL) et de la Libyan Foreign Bank par décision du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) du 22/12/2011 a rendu à la Libye le contrôle d’environ 100 Mds USD d’actifs liquides.
Elle a permis d’accélérer le retour à la normale du fonctionnement du système bancaire.
Quant aux avoirs des fonds souverains libyens, leur niveau global (70 Mds USD) n’a pas été entamé lors de la Révolution.
L’interrogation principale, pour les partenaires économiques de la Libye, concerne dorénavant les conditions de reprise des projets d’infrastructures, suspendus depuis la Révolution, le lancement éventuel de nouveaux projets de développement ainsi que le soutien à l’exploration pétrolière. Les besoins dans ce secteur sont estimés par le ministère du Pétrole à 10 Mds USD sur 10 ans pour le développement des ressources existantes et 20 Mds USD pour l’exploration de nouveaux gisements. La reprise programmée de l’exploration par plusieurs compagnies pétrolières internationale permet de penser que le potentiel minier libyen conserve toute son attractivité, même si l’Industrie regardera avec attention l’adoption de nouveaux accords de partage de la production (EPSA), probablement fin 2013.
Le redémarrage des grands projets reste dépendant de la transition politique et de la mise en place d’un gouvernement capable de s’engager ainsi que d’institutions à même d’exécuter ses décisions.
Sur le plan bilatéral, le conflit a également eu de lourdes conséquences. En effet, les échanges franco-libyens ont fortement été altérés en 2011: les exportations françaises vers la Libye se sont effondrées à 225 M€ (-77%) et les importations se sont limitées à 2 Mds EUR (-58%). Cette évolution reflète le déséquilibre structurel des échanges bilatéraux, la Libye figurant parmi les tout premiers fournisseurs de pétrole brut (16% des importations françaises totales en 2010 d’après l’INSEE), ainsi que la suspension pendant le conflit du commerce courant et de l’exécution des grands contrats en cours. En 2012, les exportations françaises reprennent (prévision : +100% par rapport à 2011), soutenues par les secteurs de la santé et des équipements électriques, mais resteront toutefois inférieures de moitié à celles de 2010, année de référence (prévision : 400 M EUR au lieu d’1 Md EUR). Aujourd’hui, près d’une trentaine de sociétés implantées ont repris leur activité en Libye, mais la plupart attendent encore des clarifications quant à la reprise de leurs contrats en cours. Hors hydrocarbures, les principaux enjeux économiques bilatéraux portaient sur les grands contrats d’infrastructure et d’équipement (environ1 Md EUR de contrats en cours) et sur la privatisation de la Sahara Bank (2ème banque libyenne, dont BNPP détient à ce stade 19 % du capital).
Le Service Economique de Tripoli a pour mission de :
- Suivre les enjeux macroéconomiques et financiers ;
- Développer la relation économique institutionnelle bilatérale franco-libyenne ;
- Appuyer et valoriser l’offre et la présence des entreprises françaises en Libye ;
- Suivre les secteurs stratégiques.
D’autres organismes public (Ubifrance : http://www.ubifrance.fr/libye/) et privé (la Chambre de Commerce Franco-Libyenne : http://www.chambre-de-commerce-franco-libyenne.org/) contribuent activement au développement de la relation économique franco-libyenne.