La Jordanie est une économie émergente de taille modeste. Son PIB, inférieur à 20 Mds EUR, est tiré par le secteur des services (financiers – la première banque arabe est une banque jordanienne - tourisme, commerce, immobilier etc.). Le secteur manufacturier en représente moins de 20%. Elle a été largement libéralisée et privatisée dans les années 2000, période de forte croissance. La crise du monde arabe et ses conséquences sur le prix des hydrocarbures affectent aujourd’hui cette dernière. Le déficit public se creuse, réduisant sa marge globale d’endettement même si son endettement externe n’est pas excessif et est bien couvert.
Le Royaume possède un avantage comparatif politique qui lui donne un effet de levier financier. Son développement bénéficie de l’attention des grands pays occidentaux et des monarchies du Golfe car elle a su devenir un élément central de la stabilité du Proche et Moyen Orient en assurant la tranquillité des frontières qu’elle partage avec l’Arabie Saoudite, l’Iraq et Israël notamment.
Elle connaît, à son tour, les turbulences du « printemps arabe » mais la monarchie hachémite, refusant d’entrer dans le cercle vicieux de la répression, a su, jusqu’à présent, préserver la stabilité interne du pays en ouvrant un dialogue politique réel même s’il est parfois un peu chaotique, avec ceux qui appellent aux changements.
Les principaux enjeux économiques des prochaines années sont liés au développement des infrastructures. Croissances démographique et économique génèrent d’importants besoins dans les domaines de l’eau, de l’énergie et des transports urbains et interurbains auxquels elle entend répondre dans le cadre de Partenariats Public Privé, avec le soutien des grands bailleurs multilatéraux (Banque Mondiale, BEI, Banque Islamique etc.) ou bilatéraux (aide non liée).
La France a mis en place une large panoplie de financements. Les projets jordaniens peuvent ainsi bénéficier des interventions du groupe de l’Agence Française pour le Développement, des dons du FASEP et des crédits concessionnels de la Réserve Pays Emergents. La Jordanie est un pays ouvert à l’assurance crédit MT.
La présence économique française est contrastée. Si nos exportations sont encore bien faibles, de l’ordre de 300 M EUR avec une part de marché de 2,3%, une trentaine de groupes ont investi en Jordanie pour 1 Md EUR. La France serait ainsi au troisième rang des investisseurs étrangers, derrière le Koweït et l’Arabie saoudite. Orange en représente les deux-tiers mais la présence industrielle de Lafarge, de Suez Environnement, d’ADP, d’Aréva, de Total et de Véolia est significative. Les bureaux commerciaux de certains de ces groupes ont une dimension régionale (suivi de l’Iraq notamment). Depuis une dizaine d’années, les enseignes franchisées françaises du prêt à porter et de l’alimentaire se sont multipliées, la plupart du temps avec des capitaux jordaniens ou émiriens (dont Carrefour et Go Sport pour les grandes surfaces).
Dans ce contexte, le SE d’Amman a plusieurs missions:
- Suivi de l’évolution du cadre macroéconomique et financier qui détermine la capacité du Royaume à réaliser ses projets de développement.
- Recherche des nouvelles opportunités qui pourraient s’offrir et appui des entreprises françaises auprès des décideurs dans le cadre des grands projets. Il travaille, à cette fin, avec les Conseillers du Commerce extérieur de la France et la Chambre de Commerce Franco-Jordanienne (CAFRAJ) qui a noué un partenariat avec Ubifrance et repris le soutien au développement des entreprises françaises en Jordanie.
- Développement des relations institutionnelles bilatérales pour partager avec la Jordanie nos compétences que cela soit, par exemple, pour la formation des fonctionnaires des Finances ou la mise sur pieds de la société nationale des chemins de fer.
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