Le Japon est la troisième puissance économique mondiale après les Etats-Unis et la Chine et dispose d’un marché domestique de 128 millions d’habitants au pouvoir d’achat parmi les plus élevés au monde. Le réservoir d’épargne des ménages équivaut à trois fois le PIB et la richesse par habitant y est dix fois plus élevée qu’en Chine et deux fois plus élevée qu’en Corée. Le Japon présente des régions de taille économique équivalente à plusieurs des pays du G20 : la région du Kanto (Tokyo) a un poids en termes de PIB similaire à celui du Brésil, le Chubu (Nagoya) à celui de la Corée du Sud, le Kansai (Osaka) à l’Indonésie, le Kyushu (Fukuoka) à l’Arabie saoudite, le Chugoku à l’Afrique du Sud et le Tohoku (région affectée par le séisme du 11 mars) à l’Argentine.
Les relations économiques bilatérales entre la France et le Japon sont traditionnellement fortes, notamment en termes d’investissements croisés. A fin 2010, la France est le troisième plus important investisseur au Japon avec 9% du total des IDE entrants (derrière les Etats-Unis et les Pays-Bas) et des entreprises très bien implantées comme Renault-Nissan, AXA, Schneider, Saint Gobain, Lafarge, Air Liquide, Michelin, Valeo, Sanofi-aventis, Veolia, Total… Le Japon est pour sa part le 10ème investisseur en France mais le premier investisseur asiatique, avec 2% du total des IDE entrants et des groupes tels que Ricoh et Toyota. Sur le plan commercial, le Japon est notre 13ème client commercial (2ème en Asie derrière la Chine) et notre 11ème fournisseur en 2010.
Le SER de Tokyo a pour principales missions :
- le suivi des questions économiques et financières japonaises. Une succession de crises a réduit la croissance économique du Japon depuis vingt ans (bulle immobilière début 1990, crise asiatique en 1997, choc Lehman en 2008, catastrophe du 11 mars), aussi affectée par le vieillissement démographique. Pour autant, le Japon connait des périodes de croissance comparable à celle de ses partenaires développés : ainsi, durant les cinq années qui ont précédé le choc Lehman, le Japon a connu une croissance de 2,1% par an en moyenne. Le choc Lehman et la contraction du commerce international ont conduit à une contraction dont le Japon était en train de sortir au moment du séisme du 11 mars. Le FMI estime que la reprise devrait conduire à une croissance annuelle moyenne de 1,5% dans les cinq prochaines années. A travers les défis auxquels il est confronté (vieillissement démographique, dette publique…) et par les solutions qu’il y apporte (emploi des seniors, assurance dépendance…), le Japon constitue un laboratoire d’idées dans lequel peut puiser la France.
- l’analyse des politiques sectorielles japonaises. En matière de politique industrielle, le Japon a fait le choix d’investir massivement dans la R&D, faisant aujourd’hui du pays un fournisseur mondial incontournable en technologies de pointe (automobile, électronique, nouveaux matériaux, énergies renouvelables…), un phénomène illustré par la rupture des chaînes de production mondiale au moment du séisme. Il est particulièrement bien intégré à l’Asie émergente qui représente plus de la moitié de ses exportations. La politique énergétique devrait être revue après l’accident nucléaire à Fukushima, avec un accent plus marqué en faveur des énergies renouvelables, sans toutefois exclure le nucléaire du mix énergétique. Dans le domaine agricole, le Japon est traditionnellement dépendant des importations agroalimentaires, de même que s’agissant des hydrocarbures, ce qui rend ce pays particulièrement sensible à l’évolution des cours des matières premières.
- l’ouverture du marché japonais aux entreprises françaises. Le SER de Tokyo s’efforce d’identifier les barrières non tarifaires d’accès au marché japonais, notamment dans les secteurs de l’agroalimentaire, de la santé et des marchés publics (transport, énergie…), et de relayer l’information auprès des autorités locales. Le SER de Tokyo suit activement les discussions pour un éventuel projet d’accord de partenariat économique entre l’Union européenne et le Japon.
- le développement des relations économiques entre les institutions françaises et japonaises. Le SER de Tokyo représente la France économique auprès des autorités japonaises et relaie les positions japonaises auprès des institutions françaises. Il participe aussi à l’organisation des visites présidentielles et ministérielles.
Le développement de la relation économique franco-japonaise est effectué avec la coopération d’autres institutions françaises présentes au Japon (AFII, Ubifrance, CCEF, CCIFJ…).