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Japon

1. Le chef du Service économique régional de Tokyo a une compétence régionale et pilote le travail d’analyse des Services économiques à Séoul, Canberra[1] et Wellington.

  • Le Japon, la Corée, l’Australie et la Nouvelle-Zélande représentent au total 12% du PIB mondial pour 200 millions d’habitants (3% de la population mondiale) : le Japon compte pour 8% du PIB mondial, la Corée et l’Australie respectivement 2% et la Nouvelle-Zélande 0,2%.
  • Au-delà de la comparaison macroéconomique, ces quatre pays partagent de nombreux défis qui donnent lieu à des études communes sur des sujets structurants d’intérêts régionaux : mouvement d’intégration régionale (accords de libre-échange, investissements croisés), complémentarité et concurrence, chaîne de valeur et investissements, coopérations industrielles, énergie, environnement, aide publique au développement, vieillissement de la population…
  • L’ensemble des travaux fait l’objet d’une programmation stratégique annuelle permettant de dégager des axes de mutualisation des compétences et d’actions communes. Une lettre régionale périodique permet de diffuser largement un échantillon des notes et analyses rédigées en commun ou dans chacun des pays de la zone.

2. Le Japon est la troisième puissance économique mondiale après les Etats-Unis et la Chine, et a des relations économiques traditionnellement fortes avec la France.

  • Le Japon dispose d’un marché domestique de 127 millions d’habitants au pouvoir d’achat parmi les plus élevés au monde. Le réservoir d’épargne des ménages équivaut à trois fois le PIB et la richesse par habitant y est dix fois plus élevée qu’en Chine et deux fois plus élevée qu’en Corée. Le Japon présente des régions de taille économique équivalente à plusieurs des pays du G20 : la région du Kanto (Tokyo) a un poids en termes de PIB similaire à celui de l’Italie, le Kansai (Osaka, Kobé) à celui de l’Indonésie, le Chubu (Nagoya) à la Turquie, le Tohoku (région affectée par le séisme du 11 mars) à l’Argentine, le Kyushu (Fukuoka) à l’Arabie saoudite et le Chugoku à l’Afrique du Sud.
  • Les relations économiques entre la France et le Japon sont traditionnellement fortes, notamment en termes d’investissements croisés. A fin 2011, la France est le 3ème investisseur au Japon (derrière les Etats-Unis et les Pays-Bas), avec 9% du stock d’IDE entrants (ou 16 Mds €). Le Japon est pour sa part le 11ème investisseur en France (6ème en termes d’investissements créateurs d’emploi) mais le 1er investisseur asiatique, avec 2% du stock d’IDE entrants (ou 7 Mds €). Sur le plan commercial en 2012, le Japon est notre 11ème client commercial (2ème en Asie derrière la Chine) avec 7,4 Mds € d’exportations, et notre 11ème fournisseur avec 9,1 Mds € d’importations. Le déficit commercial de la France vis-à-vis du Japon s’établit en 2012 à 1,7 Md €.

3. Le Service économique régional de Tokyo a pour principales missions :

  • le suivi des questions économiques et financières japonaises. Une succession de crises a réduit la croissance économique du Japon depuis vingt ans (bulle immobilière début 1990, crise asiatique en 1997, choc Lehman en 2008, séisme de mars 2011), aussi affectée par le vieillissement démographique. Pour autant, le Japon connait des périodes de croissance comparable à celle de ses partenaires développés : ainsi, durant les cinq années qui ont précédé le choc Lehman, le Japon a connu une croissance de 2% par an en moyenne. Le choc Lehman et la contraction du commerce international ont conduit à une contraction dont le Japon était en train de sortir au moment du séisme du 11 mars. Après un recul du PIB de 0,6% en 2011, le Japon a enregistré une croissance de 2% en 2012, et le FMI prévoit une croissance de 1,6% pour 2013 (la plus forte parmi les pays du G7 après les Etats-Unis). A travers les défis auxquels il est confronté (vieillissement démographique, dette publique…) et par les solutions qu’il y apporte (emploi des seniors, assurance dépendance, réforme de la fiscalité et du système de protection sociale…), le Japon constitue un laboratoire d’idées et un étalonnage intéressant pour les grands pays développés.
  • l’analyse des politiques sectorielles japonaises. En matière de politique industrielle, le Japon a fait le choix d’investir massivement dans la R&D, faisant aujourd’hui du pays un fournisseur mondial incontournable en technologies de pointe (automobile, électronique, nouveaux matériaux, énergies renouvelables…), un phénomène illustré par la rupture des chaînes de production mondiale au moment du séisme. Il est particulièrement bien intégré à l’Asie émergente qui représente plus de la moitié de ses exportations. La politique énergétique devrait être revue après l’accident nucléaire à Fukushima, avec un accent plus marqué en faveur des énergies renouvelables, sans toutefois exclure le nucléaire du mix énergétique. Dans le domaine agricole, le Japon est traditionnellement dépendant des importations agroalimentaires, de même que s’agissant des hydrocarbures, ce qui rend ce pays particulièrement sensible à l’évolution des cours des matières premières ;
  • l’ouverture du marché japonais aux entreprises françaises. Le Service économique régional de Tokyo identifie les barrières – notamment non-tarifaires – d’accès au marché japonais, en particulier dans les secteurs de l’agroalimentaire, de l’automobile, de la santé et des marchés publics (transport, énergie…), et relaie l’information auprès des autorités locales. Le SER de Tokyo suit activement les négociations de l’accord de partenariat économique entre l’Union européenne et le Japon ;
  • le développement et l’approfondissement de la relation bilatérale dans toutes ses composantes économiques : commerce, relations bilatérales et multilatérales (G20, G7, négociations financières et commerciales multilatérales, relations avec l’Union européenne…), participation à l’organisation des visites officielles, participation aux enceintes de dialogue bilatérales. Le développement et l’approfondissement de la relation économique avec le Japon s’effectue en coopération avec les principales organisations économiques françaises présentes au Japon : l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII), Ubifrance, les Conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF) et la Chambre de commerce et d’industrie franco-japonaise (CCIFJ).

 


[1] Canberra pilote pour le compte du service régional le suivi des Îles du Pacifique.

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