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États-Unis

1. Une reprise encore fragile

L’économie américaine est sortie de la récession en juin 2009 selon le National Bureau of Economic Research. Depuis, la croissance américaine a été relativement forte en 2010 (3 %) mais a ralenti en 2011 (1,7 %). Pour 2012, le FMI anticipe une croissance de 1,8 %.

Du fait d’une forte hausse du prix des matières premières et de la disruption de la chaîne de production internationale suite aux catastrophes japonaises, l’inflation a nettement accéléré entre  fin 2010 (+1,5 %) et fin 2011 (+3 %). Depuis fin 2011, elle  ralentit progressivement, à mesure que ces effets se dissipent.  Cependant, l’apparition de tensions sur les prix du pétrole début 2012 pourrait entraîner une nouvelle orientation à la hausse de l’inflation.

Le taux de chômage aux Etats Unis a significativement diminué depuis la fin de l’année 2009, date à laquelle il oscillait autour de 10 %. Cette baisse résulte largement des créations nettes de postes dans le secteur privé qui ont plus que compensé les destructions d’emplois dans le secteur public. Cela étant, la situation sur le marché du travail reste extrêmement difficile comme en atteste un taux de chômage qui se situe toujours à un niveau historiquement élevé ainsi qu’un nombre considérable de chômeurs de longue durée.

Sur le marché de l’immobilier, la situation demeure dégradée mais semble se stabiliser. Ainsi, les prix immobiliers, qui restent à des niveaux historiquement faibles, pourraient avoir atteint un point bas. Les taux de défaut sur les prêts et le nombre de nouvelles saisies restent très élevés, mais le stock de logements invendus baisse, ce qui constitue un signe encourageant pour 2012, qui pourrait être l’année de la reprise dans ce secteur.

2. Une politique économique accommodante qui s’essouffle

Au plus fort de la crise, le gouvernement a mis en place un plan de relance d’envergure, l’American Recovery and Reinvestment Act de 800 Mds USD sur deux ans. Aujourd’hui, la plupart des mesures contenues dans ce plan ainsi que d’autres politiques de soutien à la croissance arrivent à expiration. Leur reconduction a suscité d’intenses débats au Congrès alors que la situation financière des Etats Unis s’est considérablement dégradée ces dernières années que la reprise économique reste fragile. La perspective des élections présidentielles en 2012 contribue également à accroître les tensions entre Démocrates et Républicains.

La dette fédérale en part du PIB a doublé entre 2007 et 2011, passant de 36 à 67 % du PIB. Prenant note de cette explosion de la dette fédérale et du blocage des discussions sur les questions budgétaires, l’agence de notation Standard&Poor’s a dégradé à l’été 2011 la note de la dette fédérale à AA. Cette décision a eu peu de conséquence sur les marchés, les taux des bons du Trésor restant à des niveaux plancher.

Le relèvement du plafond de la dette a suscité d’intenses discussions à l’été 2011 qui se sont traduites par un compromis, le Budget Control Act, qui prévoit en contrepartie du relèvement la mise en place de règles budgétaires relativement strictes. Le respect de ces règles n’est cependant pas acquis, Démocrates et Républicains pouvant décider de les remettre en question.

Par ailleurs, la reconduction de mesures de soutien à la croissance de grande ampleur risque de mener à un nouveau besoin de relèvement du plafond de la dette à l’automne 2012, alors que les deux partis cherchent à éviter à tout prix la résurgence de ce débat avant les élections présidentielles en novembre 2012.

La FED a mis en œuvre une politique considérable d’assouplissement monétaire, en baissant son taux sur le marché des fed funds entre 0 et 0,25 % en décembre 2008. Par surcroît, elle a mis en place deux programmes successifs d’achats de titres (QE1 et QE2, à hauteur respectivement de 2000 Mds$ et 600 Mds$) entre novembre 2008 et juin 2011, et procède jusqu’en juin 2012 à un réinvestissement de 400 Mds$ de bons du Trésor de court terme par des bons du Trésor de long terme (opération Twist). La FED a également indiqué que les taux directeurs seraient maintenus à des niveaux planchers jusqu’à la fin 2014.

Par ailleurs, les membres du comité de politique monétaire ont modifié leur système de communication en 2012 en (i) publiant les projections des taux directeurs des membres du comité de politique monétaire et (ii) en partageant une cible d'inflation explicite de 2 % sur le moyen terme.

Le Président de la FED, Ben Bernanke, a plusieurs fois indiqué qu’il était prêt à mettre en œuvre de nouvelles mesures de soutien à la croissance si la conjoncture l’exigeait.

3. Une balance commerciale structurellement déficitaire depuis 40 ans

La balance américaine des biens et services enregistre en 2011 un déficit de 558 Mds$, soit 3,6% du PIB (-727 Mds$ pour la seule balance des biens, déficitaire depuis 1976). Principale responsable de la dégradation du déficit commercial américain depuis le début des années 2000, la Chine représente le premier déficit commercial bilatéral (55% du déficit total).

Les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis sont la Chine, les deux partenaires de l’ALENA, Canada et Mexique, le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Dans un contexte de forte volonté politique en faveur d’une relance des exportations (National Export Initiative de 2010, dont l’objectif est le doublement des exportations américaines d’ici 2014), la faculté à accroître le nombre d’entreprises exportatrices et à se positionner sur les marchés émergents semble être un facteur clé de la stratégie américaine de sortie de crise.

En 2011, la France a enregistré avec les Etats-Unis un déficit de plus de 5 Mds$, se rapprochant du déficit historique de 2009. L’an dernier, la part de marché de la France, 11ème client et 8ème fournisseur des Etats-Unis, a confirmé son niveau moyen (près de 2%), inférieur à celui de ses principaux concurrents européens, Allemagne et Royaume-Uni.

Les Etats-Unis sont leader sur la scène internationale en matière d’IDE, à la fois en tant que premier émetteur et premier bénéficiaire. Fin 2010, le stock d’IDE américains à l’étranger s’élève à 3 908 Mds$ (23,7% du stock d’IDE mondial) et le stock d’IDE aux Etats-Unis à 2 343 Mds$ (18% du stock mondial). La France reste un partenaire privilégié des Etats-Unis : le stock d’IDE français aux Etats-Unis en 2010 s’élève à 150 M€, soit trois fois le stock d’IDE américains en France (54 M€). En 2010, les entreprises américaines ont initié en France 139 projets d’investissement, créant 6 636 emplois.

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