La crise a révélé les limites du modèle post-conflit (2000-08) de transition économique en Croatie. Désormais, la croissance dépendra de l’investissement, de la maîtrise des fondamentaux, de la valorisation des avantages comparatifs, de la rationalisation des entreprises publiques déficitaires et de la modernisation de l’Etat. L’adhésion à l’Union européenne, prévue pour le 1er juillet 2013, offre une opportunité pour relever ces défis.
Peuplée de 4,4 millions d’habitants, dont le revenu moyen atteint 65% de la moyenne de l’Union européenne, forte d’une influente diaspora, la Croatie est, après la Slovénie voisine, l’économie la plus avancée de la région des Balkans. Sa façade maritime, son réseau d’autoroutes ainsi que la qualité des services associés (banques ; télécommunications ; ressources humaines) en font une destination touristique confirmée et une plate-forme logistique potentielle pour l’hinterland d’Europe centrale, de l’est et les Balkans.
Au long des années 2000, la Croatie a connu une croissance de 4,2% par an, avec des indicateurs macroéconomiques stables. La crise de 2008-2009 a entraîné une contraction du crédit, de l'investissement , un fort ralentissement de la demande et une augmentation du chômage. Elle a affecté la croissance et creusé les déficits publics avec la contraction des recettes fiscales. L’endettement, qu’il soit public (35% du PIB -2009 -Eurostat), privé ou extérieur (100% du PIB), a sensiblement augmenté, en restant toutefois gérable. Le retour à la croissance est attendu pour 2011, grâce au tourisme. Des réformes structurelles pour renforcer la compétitivité se mettent lentement en place, avec un poids non négligeable de l’économie informelle, estimée à 15% du PIB par la Banque centrale.
La politique monétaire, dite de bande étroite, maintient la monnaie nationale, la kuna, dans un rapport d’environ 1 à 7,3 avec l’euro. Approche d’autant plus nécessaire que 80% de l’endettement domestique est indexé sur l’euro ou le franc suisse. Cette politique exigeante de la Banque centrale, qui a pour objectif final l’adoption de l’euro, écarte à court et moyen terme l’utilisation du change pour la compétitivité extérieure : la Croatie est contrainte d’améliorer structurellement sa compétitivité et sa productivité, en privilégiant ses avantages comparatifs.
Le secteur bancaire, dont 80% des actifs sont aux mains de 6 groupes étrangers, dispose de solides fonds propres. La Banque centrale exige une politique prudentielle plus stricte que les normes de Bâle. L’Etat croate se refinance (1er semestre 2011) à des taux raisonnables (+/- 320 bps à 10 ans) sur les marchés financiers internationaux et n’a pas eu recours au Fonds Monétaire International pour équilibrer sa balance des paiements.
La consolidation des avantages comparatifs (Agro-industries ; tourisme), une relance maîtrisée par l’investissement et une nouvelle vague de réformes structurelles constituent les prochains défis. Pour réussir, cela exigera une plus grande ouverture aux investissements directs étrangers, une rationalisation des entreprises publiques non rentables, et une évolution favorable du ratio entre les salaires réels et la productivité.
2.- Aspects bilatéraux.
Un accord de partenariat stratégique a été signé en juillet 2010. Il existe des accords de protection des investissements et de non-double imposition en vigueur. En 2010, la France a exporté 308 M€, soit 2,7% de part de marché. On compte 388 000 touristes français, sur un total de 9 millions, soit 4,3%.
Les principaux investisseurs français en Croatie: Société Générale ( Splitska Banka), Bouygues (Bina-Istra/Concession d'autoroutes en Istrie), Alstom (Production industrielle), Lactalis ( Dukat - Agro-industrie), Axereal (Agro-industrie), Bricostore (Distribution). Au total, on dénombre 70 filiales d'entreprises françaises, qui emploient 6500 salariés.
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