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Côte d'Ivoire

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Résumé:

La situation macroéconomique de la Côte d’Ivoire est aujourd’hui très favorable. La croissance est forte, près de deux points supérieurs à la moyenne de l’UEMOA, et devrait se maintenir à des niveaux élevés. L’inflation est contenue et les secteurs exportateurs assurent l’équilibre de la balance des paiements courants. Les fondamentaux budgétaires sont également satisfaisants dans le contexte d’une stratégie d’expansion budgétaire et d’investissement maîtrisée, même si à moyen terme une attention particulière devra être portée à l’évolution de l’endettement, notamment celui des démembrements de l’Etat, ainsi qu’à la gestion financière et comptable publique.

  1. La Côte d’Ivoire, dont les fondamentaux économiques apparaissent solides, constitue le principal pôle de croissance en Afrique de l’ouest francophone

1.1 Les perspectives macroéconomiques de la Côte d’Ivoire sont positives. Le pays a enregistré une croissance comprise entre 8 et 9% ces dernières années (8,4% en 2015 selon les estimations du FMI).  Ces performances sont dues notamment aux réformes entreprises, à la stabilité économique et politique ainsi qu’à un effet de rattrapage après les années de crise politique. L’économie ivoirienne bénéficie également d’un environnement extérieur très favorable : la hausse des cours du cacao, conjuguée à la baisse des cours du pétrole et la dépréciation du Franc CFA par rapport au dollar (devise dans laquelle sont libellés les principaux produits exportés) s’est traduite par une amélioration de 30% des termes de l’échange. Elles contribuent à faire du pays un pôle économique en Afrique de l’ouest, représentant 35% du PIB cumulé de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) avec un PIB de 35 Mds USD en 2014. La relance est essentiellement soutenue par les investissements publics (dans les secteurs des transports, de l’énergie, de la santé et de l’éducation) et privés (mine, agriculture, énergie et logements), grâce à l’amélioration progressive de l’environnement des affaires.

Au plan sectoriel, la Côte d’Ivoire possède de solides atouts, notamment dans le secteur agricole (28% du PIB) où elle conserve sa place de 1er producteur mondial de cacao (plus de 35 % du marché). Le secteur secondaire (25% du PIB) concerne principalement le raffinage de pétrole brut, le BTP et l’agro-alimentaire. Le secteur tertiaire (47% du PIB) est dominé par la téléphonie mobile (cinq opérateurs), les activités bancaires et les technologies de l’information et de la communication.

1.2 L’inflation est faible. Elle était de 0,4% en 2014 et devrait atteindre les 1,6% pour 2015 grâce à un environnement international favorable et au régime de change fixe lié à son appartenance à la zone franc. L’inflation se maintient ainsi sous le seuil commun fixé à 3,0% pour les pays de l’UEMOA. Les projections du FMI s’établissent à 2% en 2016.

Le déficit de la balance courante s’est légèrement creusé en 2015 d’après les estimations du FMI, de -0,7% en 2014 à -2,3%. Cette évolution s’explique par la forte hausse des importations de biens de consommation et de biens d’équipement compensée en grande partie par un environnement extérieur favorable : baisse du coût des importations d’hydrocarbure, amélioration des termes de l’échange et hausse des exportations de cacao, qui représentent plus d’un tiers du total des exportations.

1.3 A moyen terme, les perspectives macroéconomiques positives devraient se maintenir, à condition toutefois que le pays produise des efforts supplémentaires pour améliorer le climat des affaires. La réduction des délais de paiement, l’amélioration du fonctionnement de l’administration fiscale et le développement des tribunaux de commerce sont les leviers identifiés par le FMI pour favoriser l’investissement privé. En outre, la Côte d’Ivoire devrait s’attacher à faciliter l’accès des PME au crédit afin de faciliter leur développement tout en diminuant la part du secteur informel et en augmentant le rendement de l’impôt.

       2. La forte croissance permet à ce stade de rendre soutenable l’endettement du pays mais la gestion de la dette  gagnerait toutefois à être  rationnalisée

2.1. La trajectoire budgétaire est maîtrisée mais les autorités font face à plusieurs enjeux de finances publiques. Pour l’année 2015, le déficit global devrait atteindre -3,6% du PIB, en hausse par rapport à 2014 (-2,3%). En particulier, ces derniers mois, la dépense publique a été orientée à la hausse sous l’effet d’une augmentation des dépenses liées à l’organisation des élections, des subventions au secteur de l’énergie et du coût de la dette. Le déficit a été financé notamment par des émissions de titres dont l’eurobond de 1 Md USD émis avec succès en février 2015 au taux de 6,625%. En 2016, le déficit devrait légèrement se réduire, à -3,5%, grâce notamment à une baisse importante des dépenses courantes de 1,2 point de PIB.

2.2 A moyen terme, une attention particulière devra être portée à l’évolution de l’endettement public du fait de la diversité des flux de financement, dont l’appel régulier aux marchés financiers internationaux et aux bailleurs émergents, pour des montants importants (800 MUSD en 2014 et 779 MUSD en décembre 2015 auprès de la Chine et deux Eurobonds de 750 MUSD en juillet 2014 et 1Md USD en février 2015), et à des taux peu ou pas concessionnels. La gestion financière de la dette doit se renforcer en raison des pics de remboursement et de la couverture contre le risque de change.

En 2014, la dette publique globale s’élevait à 46,6% du PIB et la dette extérieure à 19,1% (C2D exclu). Depuis l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE en juin 2012, aboutissant à l’annulation de 99,5% du stock de dette extérieure, la Côte d’Ivoire a connu une hausse régulière de la dette publique globale destinée au financement de son programme ambitieux d’investissement.

2.3 La Côte d’Ivoire vient de conclure avec succès un programme de réformes avec le FMI. Le pays vient de bénéficier d’un programme quadriennal sous la forme d’une Facilité élargie de crédit (FEC) de 614 MUSD d’aide budgétaire. Lors de la huitième et dernière revue du programme, fin 2015, le FMI a souligné les bonnes performances macroéconomiques du pays au cours de ces dernières années, tout en attirant l’attention des autorités sur plusieurs enjeux de finances publiques.

Le FMI estime que l’effort budgétaire pourrait être accru afin de dégager des marges de manœuvre supplémentaires pour faire face aux éventuels chocs qui pourraient survenir en 2016, notamment un choc climatique qui pourrait affecter négativement la production agricole l’an prochain. Le système fiscal devrait être modernisé : si des progrès ont été enregistrés en la matière, de nombreux régimes d’exemption demeurent (notamment en matière d’exemption de TVA), qui réduisent le rendement de l’impôt. Du reste, la mobilisation de ressources fiscales supplémentaires permettrait de réduire les incertitudes quant à la mobilisation de financements sur les marchés domestiques et internationaux.

Le FMI incite également le gouvernement ivoirien à poursuivre et accélérer les réformes structurelles : amélioration du climat des affaires et assainissement du secteur financier notamment.

Les autorités ivoiriennes ont fait part de leur intention de demander la négociation d’un nouveau programme au début de l’année 2016.

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