La Corée n’est plus un pays émergent. La 15e puissance mondiale, membre de l’OCDE et du G20, fait aujourd’hui intégralement partie du club des pays développés. Grâce à un remarquable effort d’éducation et de recherche, le pays s’est doté d’une industrie performante, qui compte parmi les leaders mondiaux de l’automobile, de la construction navale, de l’ingénierie, ou de l’électronique grand public. Les grandes sociétés du pays, Samsung, LG ou Hyundai sont devenues des groupes globaux. Après le choc de la fin de 2008, la Corée a rapidement retrouvé la voie d’une croissance soutenue. La situation macroéconomique et financière du pays est aujourd’hui solide, le pays devrait suivre son sentier de croissance naturelle (4%) au cours des prochaines années.
1. La Corée, une économie développée, orientée vers les secteurs de pointes et ouverte sur le monde.
Avec un PIB de plus de 1000 milliards de dollars en 2010, la Corée est la 15e économie mondiale. Son revenu par habitant (20 000 dollars en 2010) la classe désormais parmi les pays les plus riches, dont son accession au statut privilégié de membre du G20 a marqué la consécration, après son adhésion à l’OCDE en 1996. L’économie coréenne est parmi les plus ouvertes aux échanges extérieurs dans le monde. C’est pourquoi elle a été durement frappée par la crise de 2008 et en 2009. Cependant elle a profité du rebond de la croissance en Asie en 2010 et bénéficie de perspectives économiques favorables mais qui devraient replacer la Corée dans son sentier de croissance naturelle (4 % en moyenne annuelle). Le pays est confronté toutefois à des enjeux structurels de moyen terme parmi lesquels le vieillissement accéléré de sa population, l’affaiblissement tendanciel de son potentiel de croissance et la nécessité d’internaliser une croissance beaucoup trop dépendante de la demande externe. Leader mondial dans les secteurs de hautes technologies numériques, la Corée cherche aujourd’hui à trouver des relais de croissance dans les secteurs du développement durable. Cet objectif bénéficie d’un soutien public important, sous deux formes : des incitations à la R&D et un programme d’investissement public-privé. Les secteurs les plus porteurs dans ce domaine concernent les énergies renouvelables, les véhicules électriques ou les transports urbains.
2. La Corée, un pays qui s’est fortement restructuré au cours des dix dernières années.
La Corée a ouvert son économie à la fois aux investisseurs étrangers financiers, mais également industriels, les investisseurs financiers étrangers détenant un tiers de la capitalisation boursière de Séoul. Les flux d’investissements directs étrangers (IDE), libéralisés après la crise de 1997, ont particulièrement profité à l’Union européenne, 1er investisseur étranger devant les États-Unis et le Japon. Aujourd’hui, le stock d’IDE accueillis en Corée s’élève à plus de 160 Mds USD dont un tiers en provenance de l’Union européenne. Fin 2010, la capitalisation du marché coréen des actions avoisine les 1000 milliards d’USD, plaçant la Corée au troisième rang des marchés asiatiques derrière le Japon et la Chine. Le pays a multiplié depuis 2004 les initiatives pour la conclusion d’accords de libre échange avec ses principaux partenaires commerciaux. La Corée a négocié un accord avec les États-Unis, dont la conclusion a été obtenue en décembre 2010, puis avec l’Inde, entré en vigueur en janvier 2010 et l’Union européenne, entré en vigueur le 1er juillet 2010. Les négociations difficiles avec le Japon ont cédé la place à des consultations de niveau technique. En additionnant les accords entrés en application, ceux dont l’entrée en application est imminente et les accords en négociation ou en projet, ce sont près de 88 % des échanges (base 2009) qui seraient couverts à terme par un accord de libre échange. L’amélioration de la gouvernance de ses entreprises reste un enjeu majeur. Certains groupes ont éclaté (Daewoo, Hyundai) à la suite de la crise asiatique, ou se sont restructurés (LG, Samsung), pour repartir sur des bases financières et de management plus solides. La Corée présente un profil économique très favorable pour ses partenaires: elle est notée A2 par la Coface pour ce qui concerne le risque pays.
3. Un marché sur lequel les entreprises françaises réussissent et qui offre de nombreuses opportunités pour le développement des PME en Corée.
La signature de l’accord de libre échange entre la Corée et l’Union européenne en octobre 2010, entré en vigueur le 1er juillet 2011, ouvre de nouvelles opportunités pour les entreprises françaises. L’année 2010 a marqué le retour à l’excédent commercial pour la France vis-à-vis de la Corée, après sept années de déficit commercial. L’augmentation de nos ventes concerne la plupart de nos grands secteurs, ce qui atteste du dynamisme de notre appareil exportateur vers la Corée. La France est le 2e fournisseur européen de la Corée après l’Allemagne, avec une part de marché de 1,4 %, mais seulement son 7e client européen. De simples échanges, nos relations sont devenues aujourd’hui de véritables partenariats. Au contrat du TGV qui a attiré en Corée de nombreuses entreprises spécialisées, ont succédé d’autres grands contrats liés au niveau de développement atteint par la Corée et son hyperurbanisation. Ces grands contrats ont donné à la France une visibilité de tout premier plan qu’il s’agisse de l’aéronautique, des transports, de l’énergie, de l’environnement (eau – déchets) ou des travaux publics. Par ailleurs, des partenariats sur pays tiers avec les groupes coréens peuvent offrir des opportunités intéressantes pour les entreprises françaises qui disposent d’une expertise et de savoir-faire recherchés. Malgré une dégradation de sa position au cours des deux dernières années, la France reste un des principaux investisseurs étrangers en Corée, avec près de 2,6 Mds Euros d’investissements en stock. 70% des investissements directs de la France en Corée sont réalisés dans les services, activités financières en tête (50% du stock total). L’industrie manufacturière absorbe ensuite 20% des IDE français (dont le quart dans le secteur de la chimie). Plus de 200 entreprises françaises sont présentes en Corée en 2010 (représentation de tous types, implantation, filiale, bureau de représentation).
Les missions assignées au service économique de Séoul sont les suivantes :
1. Le renforcement du dialogue bilatéral sur les grands enjeux structurants des relations économiques entre la France et la Corée : les thèmes à l’agenda du G20 (cadre pour une croissance durable et équilibrée, régulation financière, volatilité des prix des matières premières, développement, agriculture, etc.) et les négociations sur le changement climatique ; la mise en oeuvre de l’ALE UE-Corée et la défense des intérêts offensifs de nos entreprises en matière d’accès au marché ; la problématique des financements publics export et de l’assurance crédit ; les investissements dans les secteurs d’avenir notamment dans le cadre de la stratégie de croissance verte ; les perspectives de coopération en matière d’aide publique au développement et le dialogue sur l’APD dans le cadre du CAD de l’OCDE et du Club de Paris.
2. Le suivi approfondi de la situation économique de la Corée, par des notes régulières d’analyse sur la situation macroéconomique et financière du pays ainsi qu’une contribution aux notes d’instruction pour l’administrateur au FMI et à la Banque mondiale, ainsi qu’à l’OCDE.
3. L’identification des secteurs industriels dans lesquels des coopérations bilatérales peuvent se créer ou se renforcer, notamment dans les secteurs des biotechnologies, aéronautique, électronique et croissance verte ainsi qu’en matière d’aide au développement.
4. L’analyse de l’environnement économique régional de la Corée, en liaison avec les services économiques régionaux du Japon, de Chine, de Singapour et d’Inde.
5. L’animation de la communauté d’affaires française en Corée, par des réunions régulières avec la section des conseillers du commerce extérieur de la France, la chambre de commerce franco-coréenne et la chambre de commerce européenne en Corée, axées sur les dimensions structurantes de la relation bilatérale.
Le service économique est organisé en quatre pôles de compétences correspondant aux priorités de la direction générale du Trésor mais couvrant également celles des ministères de l’agriculture, du développement durable et des transports dans une perspective interministérielle :
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