Le Bénin est un petit pays d’Afrique de l’Ouest (115.762 km2 et un peu moins de 9 millions d’habitants) calé entre son grand voisin, le Nigeria et son petit frère, le Togo. Il forme un couloir vers les pays de l’hinterland et notamment ses deux voisins septentrionaux, le Burkina Faso et le Niger.
Il est situé dans la zone tropicale humide offrant toutefois des savanes arborées plus sèches à l’extrême nord.
Il ne dispose pas de ressources naturelles importantes, si ce n’est un potentiel agricole remarquable (podologie, climatologie, hydrologie, pluviométrie très favorables dans l’ensemble) mais largement inexploité puisque 20% seulement des terres arables sont cultivées.
La ressource essentielle est constituée par son port de Cotonou, qui traite 7 M tonnes/an environ et sa situation aux portes du géant Nigeria, dont il constitue le principal entrepôt, ce qui lui a valu l’appellation d’ « Etat-Entrepôt ». Il assure également, en compétition avec l’autre couloir que constitue son voisin, le Togo, le transit des marchandises vers les pays de l’hinterland, et ce jusqu’au Mali. Cette activité commerciale fait vivre de nombreux services liés, certes au commerce lui-même (informel pour une grande part), mais aussi aux activités annexes de logistique etc.
Le commerce informel (surtout avec le Nigeria) est d’ailleurs considérable et c’est ainsi que les importations réelles sont probablement quatre fois plus élevées que ce qu’il ressortit des chiffres officiels issus des douanes béninoises (estimation issue d’une étude de parangonnage avec chiffres « miroirs » des partenaires commerciaux portant sur l’année 2009). A titre d’ordre de grandeur on notera qu’en 2010 les importations (chiffres officiels) seraient de 1.371 M EUR contre 1.133 M EUR en 2009. Dans les deux cas de figure on peut donc sans doute estimer la réalité à près de 4.500 M EUR. L’essentiel de ces importations est toutefois réexporté (plus de 50% des exportations béninoises sont des réexportations), essentiellement vers le Nigeria. A cette activité il faut bien sûr ajouter le vrai transit (déclaré comme tel dès le départ et donc tout à fait formel).
Le PIB nominal s’élevait en 2009 à 3.174 Mds FCFA (4,8 M EUR) et serait de l’ordre de 3.281 Mds FCFA (5 M EUR) en 2010. En 2009 le PIB/habitant était de 765 $. Il est probable toutefois que ces estimations du PIB soient quelque peu minorées, eu égard aux sous-évaluations du commerce extérieur (cf. supra). Après une croissance du PIB assez forte en 2007 (7,6%) et en 2008 (5%) ce taux est revenu à 2,7% en 2009 et 2,1% en 2010. La crise internationale est passée par là ; or la structure mercantiliste de l’économie (cf. supra) fait du Bénin un pays particulièrement sensible aux chocs exogènes (selon la célèbre formule : « Quand le Nigeria éternue, c’est la tempête au Bénin ». Néanmoins et comme dans la plupart des pays africains il n’y a pas de rapport direct entre croissance économique et bien-être de la population, ainsi le PIB/habitant est, par exemple près de 80% supérieur à celui du Togo, mais les IDH (Indices de Développement Humain) sont pratiquement les mêmes dans les deux pays, tous deux placés plutôt en queue de peloton. Le différentiel de revenu profite à une bourgeoisie commerçante très aisée (voire très riche) qui ne réinvestit guère dans le pays.
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