Située dans le bassin caribéen au nord-est du Venezuela, l’île de la Barbade est la plus orientale des îles du vent des Petites Antilles. Surnommée Little England, la Barbade pourrait avoir été habitée dès le XVIIe siècle avant J.-C, mais les Anglais la trouvèrent inhabitée lors de sa colonisation en 1625. La canne à sucre domina la croissance économique de l’île, qui resta leader de l’industrie sucrière jusqu’en 1720. De 1800 à 1885, la Barbade fut le siège du gouvernement des colonies britanniques des Îles du Vent. En 1834, l’Emancipation Act permit aux esclaves de devenir libres, mais la minorité constituée par les planteurs resta au pouvoir, tirant profit d’une situation qui excluait de la vie politique 70% de la population. En 1961, Errol Barrow, connu comme le « père de la nation », accéda au pouvoir et prépara l’indépendance de l’île qui fut proclamée en novembre 1966, dans le cadre du Commonwealth. Les années qui suivirent furent marquées par une diversification des sources de revenus parmi lesquelles figurent le tourisme, les industries légères, l’informatique, etc. : les services représentent, depuis les années 90, 75% du PIB et 80 % des exportations.
En outre, l’île jouit d’une stabilité politique renforçant le consensus social et permettant de mener des politiques économiques suivies. En 1973, l’île fut à l’origine de la fondation du Marché commun des Caraïbes (CARICOM) dont l’objectif était d’encourager la coopération politique et sociale, ainsi que l’intégration économique de ses membres. En 2006, elle est devenue membre du CSME (Caricom Single Maket and Economy).
L’économie de la Barbade a été marquée par une forte période de récession au cours des années 1990 (soutien du FMI en 1991) et en 2001, en raison du déclin du tourisme et du sucre ainsi que d’une industrie manufacturière chancelante. Ces périodes ont été marquées par une certaine agitation sociale, essentiellement due au chômage, mais la croissance économique, à partir de 2003, a permis à l’île de retrouver une certaine stabilité. Cette reprise a été impulsée par des projets de construction et par les revenus du tourisme, reflétant ainsi le savoir-faire de l’île dans le haut de gamme. Le secteur financier offshore est le troisième pilier de l’économie barbadienne, représentant à lui seul 60% du PIB national.
Néanmoins, les recettes liées à ces secteurs ont décru avec la crise économique mondiale de 2009, creusant le déficit budgétaire. Si le système bancaire de la Barbade a été qualifié par le FMI de stable et résistant, la spécialisation et l’exiguïté de l’économie la rendent vulnérable aux chocs externes. Le gouvernement peut, certes, se prévaloir de résultats sociaux satisfaisants, avec un chômage en baisse et une population bien formée, mais celui-ci continue ses efforts pour encourager les IDE et privatiser les dernières entreprises publiques. Ainsi, la Barbade reste le pays de la Caraïbe le plus attractif pour les affaires, selon les critères du Business Monitor International. Bien que le gouvernement ait multiplié les négociations d’accords de non-double imposition, au G20 de novembre 2011, l'île a été qualifiée de « juridiction présentant de sérieuses carences, n’étant pas dotée d’un cadre juridique adapté à l’échange d’information fiscale » (d'après le rapport du Forum Economique Mondial sur la fiscalité). En outre, depuis deux ans, le dilemme pour le gouvernement est de consolider les finances publiques tout en tentant de soutenir l’activité. Maintenant, il doit, comme le suggère le FMI, consacrer tous ses efforts à la première proposition. La reprise économique devrait être lente (impulsée par le tourisme) et tributaire de la conjoncture internationale.
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