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Antigua et Barbuda

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Iles situées entre la Mer des Caraïbes et l’Océan Atlantique Nord, au sud-sud-est de Porto Rico, elles furent d’abord colonisées par les Espagnols et les Français, puis par les Anglais. Le 27 février 1967, l’île d’Antigua et ses dépendances, Barbuda et Redonda, entrent dans une association libre avec les autres colonies anglaises. Elles parachèvent leur indépendance le 1er novembre 1981, tout en demeurant dans le Commonwealth. Les îles sont membres de l’OECS et de la CARICOM, rejoignant le Caribbean Single Market and Economy (CSME) à l’été 2006.

Depuis l’abandon progressif de ses productions agricoles, coton et canne à sucre, ce petit pays de 90 000 habitants a fondé sa croissance essentiellement dans le tourisme et un centre d'affaires centré sur l’accueil des sociétés "offshore". La dépendance au tourisme se vérifie particulièrement à travers le poids du transport (9,2 % du PIB), de l’hôtellerie et restauration (10,7 %) et plus indirectement du commerce (13,4 %) et de la construction (8,8 %) qui est pour beaucoup liée aux investissements touristiques. Dans la relative continuité des gouvernements précédents qui avaient acté le déclin agricole en faisant de l'industrie touristique leur priorité, l'équipe du Premier ministre Gaston Browne, en place depuis 2014, mise sur l'attraction de l'investissement étranger dans une filière touristique élargie. C'est le sens de plusieurs annonces d'investissements hôteliers chinois de grande ampleur, dépassant le PIB actuel (1,3 Md USD) et dont le temps mettra à l'épreuve la crédibilité. Les îles ont enregistré une solide croissance entre 2003 et 2007, avec un pic à 12 % en 2006 impulsé par le boom immobilier, mais la croissance a chuté avec la fin du boom en 2008. Elle est retournée en territoire positif depuis 2012 et serait de l’ordre de +2 % en 2016, portée par les projets d’investissements et de financements chinois (tourisme mais également aéroport international récemment inauguré et projet de port en eaux profondes estimé à 200 M USD). Antigua offre en outre un programme d’octroi de la citoyenneté moyennant un investissement immobilier, très dynamique et compétitif à l’échelle caribéenne et qui a vu la fourniture de plusieurs centaines de passeports sur la seule année 2015. Ce programme contribue aux finances publiques et vient compenser les moindres entrées occasionnées par le programme Petrocaribe de fourniture de carburants par l’allié vénézuélien. La dette publique a dépassé le seuil de 100 % du PIB en 2015 du fait du coût d’une restructuration bancaire mais aurait enclenché un mouvement baissier durable en 2016 selon le FMI.

L’histoire récente du secteur financier est quelque peu tourmentée comme en témoignent la restructuration en cours de la banque ABI et auparavant l’affaire Allen Stanford, un Texan soupçonné d’une escroquerie de 9,2 milliards de dollars, qui détenait la principale banque domestique (Antigua National Bank), placée en 2011 sous l’administration de la Banque centrale des Caraïbes orientales. Cette affaire avait porté un grave coup à la réputation et l’économie du pays, aggravé par la qualification par le G20 de novembre 2011 de « juridiction présentant de sérieuses carences en matière d'échange d’information fiscale », d'après un rapport du Forum Economique Mondial sur la fiscalité. Bien que n’ayant pas signé la Convention pour l’assistance administrative mutuelle en matière fiscale, et seulement évalué « partiellement conforme » en matière d’échange à la demande à l’issue de la phase 2 de revue par les pairs du Forum mondial de l’OCDE, le pays a néanmoins fait un premier pas important en s’engageant en faveur de l’application de la norme commune d’échange automatique d’informations à caractère fiscal à l’horizon 2018.


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