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Le secteur bancaire à Maurice

1.      Les types de marchés bancaires  

Le marché bancaire mauricien se décompose schématiquement en 2 grands sous-ensembles :

  •  Le segment A ou « marché local » à destination de la clientèle résidente (particuliers, professionnels, entreprises et autres personnes morales) 
  • Le segment B dit « Global business » à destination de la clientèle internationale et/ou d’une clientèle non-résidente avec 2 cas de figure : 
  • Les sociétés Global Business Licence catégorie 1 (GBL1) sont des sociétés avec une résidence fiscale à Maurice et bénéficiant des accords de non double imposition et de taux réduits sur leur fiscalité mauricienne. Elles ne sont pas autorisées à effectuer des transactions en monnaie locale avec des résidents ou à détenir des avoirs immobiliers à l’île Maurice. Des activités de banque, d'assurance et de gestion de fonds sont possibles. 
  • Les sociétés Global Business Licence catégorie 2 (GBL2) sont non-résidents et donc des entités franche d’impôt qui ne peuvent se prévaloir des abattements prévus dans les conventions de non- double imposition en vigueur à l’île Maurice. Elle doit à tout moment être enregistrée auprès d’un agent agrée (Trust ou Management Company). La GBL2 peut par exemple être utilisée comme société de commerce, facturation, contrats internationaux. 

Le segment Global Business représente au moins 50% du total des crédits accordés par les banques à Maurice. Ce pourcentage varie selon les années dépendant notamment de la politique sur les prêts syndiqués des grandes banques internationales, notamment anglo-saxonnes, entre leurs différentes implantations. En sept. 2012, les prêts aux non-résidents représentaient 45.5% du total des prêts à Maurice contre 50.6% en sept. 2011. 

Le marché bancaire a connu une croissance élevée depuis trois ans : le marché des crédits domestiques au secteur privé croissant à un rythme de +10% annuellement contre un rythme plus variable sur les crédits en dehors de Maurice.

2.        La concurrence 

Pour un pays avec une population limitée à 1,2 millions d’habitants, le nombre de banques incorporées est important, traduction des ambitions de devenir un centre financier pour l’océan indien et pour l’Afrique de l’Est en général. 

21 banques sont présentes sur le marché bancaires Mauricien : 11 sur les 2 segments A et B, 6 sur uniquement le segment B, 4 sur uniquement le segment B. Sur ce segment, les banques peuvent opérer en « branch » de leur maison mère ce qui leur permet de bénéficier d’un cadre réglementaire allégé et d’une contrainte de fonds propres impactant directement leur maison mère. 

Dans un marché local à la taille limitée, le marché très concurrentiel est donc dominé par 2 banques locales (MCB et SBM) qui ont plus de 60% de parts de marchés sur le segment A. Cette concurrence fait donc peser un risque d’éviction sur les acteurs de plus petites tailles particulièrement dans l’activité de particuliers qui reste peu rentable si la taille critique n’est pas atteinte. Les acteurs internationaux (Barclays, HSBC) ont également des positions historiquement fortes en particulier sur les entreprises et la gestion privée. D’autres banques suivent sur des niches (Afrasia sur la gestion privée) ou avec des avantages sur des segments de clientèles spécifiques (par exemple ABC sur la communauté sino-mauricienne). D’autres acteurs non bancaires viennent par ailleurs concurrencer les banques : les assurances qui proposent des placements et des crédits, les bureaux de changes, les sociétés de crédit-bail. 

La Banque des Mascareignes, filiale à 100% du groupe BPCE, est dans ce paysage la seule banque française et même la seule banque de la zone euro à proposer l’ensemble de la gamme de services (Deutsche Bank étant implantée que sur le segment B). 

Les groupes bancaires français sont très implantés sur l’Océan Indien (Maurice, Réunion, Madagascar) avec une présence de 3 banques françaises aux trois premières places. Seul le groupe BPCE est par ailleurs présent sur les 3 iles de l’Océan Indien.

 3.      Evolutions et perspectives 

Le marché local a cru à un rythme élevé si bien que la situation économique actuelle fragile expose le secteur bancaire à une montée de ses risques particulièrement sur l’immobilier et la construction qui a connu une certaine période de surchauffe. 

Nombreuses sur un marché étroit, les banques mauriciennes se sont internationalisées et diversifiées. Dans le secteur Global Business, les banques ont été très actives sur l’Inde. La renégociation du traité de non double imposition avec l’Inde est donc primordiale. Une remise en cause grèverait la rentabilité du secteur bancaire. Pour autant, pour diversifier ce risque, les banques se sont depuis peu tournées vers l’Afrique en particulier l’Afrique de l’Est recherchant à intermédier les flux entre Asie et Afrique. Cette opportunité permettrait de positionner la place financière mauricienne comme un hub vers l’Afrique.

 

 

 

 

 

 


Publié le 13/11/2013

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