Le premier séminaire Fourgeaud de 2012 a eu lieu le 11 janvier 2012. Il a été consacré à l'efficacité de l’aide au développement. Il s’agissait d’un séminaire co-organisé par la direction générale du Trésor et l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne (séminaire joint Fourgeaud - « développement-mondialisation »).
Le séminaire a débuté par l’exposition par Patrick Guillaumont (Ferdi) d’un papier écrit avec Sylviane Guillaumont Jeanneney (Université d’Auvergne, Cerdi) et Laurent Wagner (Ferdi) intitulé « Comment prendre en compte dans les critères d’allocation de l’aide au développement la vulnérabilité et la faiblesse du capital humain afin d’améliorer l’allocation fondée sur la performance ».
Ensuite Gani Aldashev (Université de Namur –FUNDP- et Ecares, Université libre de Bruxelles) a présenté une étude en collaboration avec Vincenzo Verardi (Université de Namur, FUNDP, et Ecares, Université libre de Bruxelles) intitulée « La volatilité de l’aide est-elle délétère ? ».
La discussion a été introduite par Lisa Chauvet (Dial, IRD, Université Paris-Dauphine).
Voici un bref résumé des deux études présentées :
« Comment prendre en compte dans les critères d’allocation de l’aide au développement la vulnérabilité et la faiblesse du capital humain afin d’améliorer l’allocation fondée sur la performance », par Patrick Guillaumont, Sylviane Guillaumont Jeanneney et Laurent Wagner
Cet article analyse pourquoi et comment la formule d’allocation de l’aide aux divers pays en développement utilisée par les banques multilatérales de développement, en particulier l’AID, pourrait être améliorée. Cette formule, dite allocation fondée sur la performance, privilégie le critère de la qualité de la politique économique. On suggère de prendre aussi en compte la vulnérabilité structurelle et le manque de capital humain, qui constituent des handicaps structurels à la croissance. Cette proposition se fonde sur une critique de la formule actuelle, qui repose sur une conception erronée de la performance et ne répond pas aux principes d’équité, d’efficacité et de transparence. Deux catégories de simulations sont présentées : la première modifie la notion de performance en considérant que la qualité de la politique économique dépend de la vulnérabilité et du manque de capital humain ; la seconde équilibre les critères d’équité et d’efficacité. Ces simulations montrent que l’on peut se passer des exceptions qui entachent l’application de la formule et traiter la fragilité des États de manière continue, transparente et préventive.
« La volatilité de l’aide est-elle délétère ? », par Gani Aldashev et Vincenzo Verardi
Ce papier analyse l'effet de la volatilité de l'aide sur la performance économique des pays en voie de développement, entre 2000 et 2009. Nous construisons une mesure de volatilité de l’aide variable dans le temps en utilisant la technique ARCH. Nous contrôlons pour l'endogénéité des flux d'aide en utilisant comme instruments trois caractéristiques des pays donateurs : (i) les déficits budgétaires ; (ii) le système électoral et (iii) les échéances électorales. D’après nos estimations, l'effet d’un doublement de la volatilité de l'aide provoque une diminution de deux-tiers de la croissance du PIB dans un pays en voie de développement. Cet effet passe principalement par l'augmentation des conflits armés et le déplacement de la production vers les secteurs les moins avancés de l'économie.
Les documents relatifs à ce séminaire peuvent être téléchargés à partir de la page des archives des séminaires 2012. Pour y accéder, cliquer ici.

