Situation macro économique et financière de la Syrie
La première décennie de la présidence de Bachar El Assad a été principalement marquée par la sortie de l’atonie économique dans laquelle se trouvait la Syrie durant les années 1990, contrastant fortement avec les années de croissance nulle du début des années 2000.
En corrélation avec cette brutale hausse de l’activité, le retour dès 2004 de banques privées sur le marché syrien (après plus de 40 ans d’absence), la libéralisation progressive des régimes d’importation et d’exportation, et l’abandon progressif du régime d’administration des prix ont permis un essor historique de l’activité privée, dont l’ouverture de la Bourse de Damas en 2009 constitue un aboutissement symbolique.
Conséquence de ce retour progressif du secteur privé, on peut observer une tendance longue à la tertiarisation de l’économie. Ainsi, en 2000, la Banque Mondiale relevait que le secteur industriel participait à hauteur de 38% à la formation du PIB contre 35% en 2008. Sur la même période, la contribution des activités tertiaires au revenu global est passée de 38 à 45%.
Enfin, il convient de souligner l’importante ouverture du marché syrien au reste du monde depuis la fin des années 1990. En 2005, la Syrie signait un accord de libre échange avec la Turquie (entré en vigueur en 2007) et intégrait le GAFTA (Great Arab Free Trade Area), la zone de libre échange régionale, tandis qu’un accord d’association avec l’Union Européenne a été paraphé en 2004, puis en 2008, et est prêt à être signé depuis l’automne 2009. Par ailleurs, le pays est autorisé depuis mai 2010 à démarrer le processus d’adhésion à l’OMC et de nombreux projets d’accords de libre échanges ont été lancés en 2010 (notamment avec la Chine, l’Inde et le Mercosur)
Jusqu’en 2008, l’évolution du volume des échanges avec l’extérieur semble avoir bénéficié de ces différentes mesures d’ouverture commerciale puisque les importations sur la période 2005-2008 ont progressé en moyenne de 10,5% par an tandis que le taux de croissance annuel moyen des exportations sur la même période était de 10,3%. Cette appréciation ne peut être mise entièrement sur le compte de la seule hausse du prix du pétrole : le volume d’exportation des produits pétroliers n’ayant progressé que de 5,6% par an sur la même période.
Malgré toutes ces avancées, la Syrie restait en 2009 une économie en développement, dont le PIB par habitant (de 1 822 EUR courants en 2009 selon le FMI) reste encore largement inférieur à la moyenne des pays du Proche-Orient (Liban, Syrie, Jordanie, Egypte) estimée à 2 998 EUR, et qui se classe au 105e rang (sur 185) du classement international, selon l’Indicateur de Développement Humain. Le taux de chômage qui stagne autour de 16% (et touche surtout les jeunes) et les récentes poussées inflationnistes (+15% en 2008) n’ont pas permis réellement l’avènement du modèle « d’économie sociale de marché » défini lors du lancement du Xe Plan Quinquennal en 2005. Par ailleurs, le niveau de croissance économique reste encore insuffisant pour faire face à une pression démographique annuelle moyenne de +3,3% sur la période 2005-2009.
Publié le
06/02/2011