La France continue d’être un investisseur majeur sur le marché polonais en stock d’investissements, se classant parmi les premiers investisseurs étrangers, en dépit d'un léger désinvestissement en 2010. La présence française est diversifiés, avec nombre d’entreprises leader dans leurs secteurs. Les projets d’investissements programmés sont encore nombreux et la relance du programme des privatisations offre aussi des perspectives intéressantes.
1. Flux négatif des investissements directs français en 2010
Après un flux soutenu d'IDE en 2009 (1,4 Milliard EUR, soit le second investisseur derrière l'Allemagne dont les flux avaient atteint 2,1 Milliards EUR), la France a enregistré en 2010 un flux légèrement négatif de -0,1 Md EUR. Si les entreprises françaises en Pologne ont continué d'augmenter leurs fonds propres (rachats, augmentation de capitaux, investissements greenfield…) avec un solde positif de +320 Ms EUR, la balance des crédits à long terme accordées aux filiales polonaises a été négative à hauteur de -357 Ms EUR. Comme le montant des bénéfices réinvestis a été une nouvelle fois négatif (-63 Ms EUR), les ID français en Pologne ont au total été négatifs de -101 Ms EUR en 2010.).
Pour mémoire, en 2009 tous les soldes correspondant au flux des IDE en provenance de France étaient positifs ont été positifs (variation capitaux propres 395 M EUR, crédits long terme 431 M EUR, bénéfice réinvestis 550 Ms EUR), soit un total d'ID français en Pologne de 1,4 Md EUR.
Le flux annuel global d'IDE en Pologne s'est élevé en 2010 à 6,7 Mds EUR (1,9% du PIB), soit le plus faible montant depuis l'entrée de la Pologne dans l'Union européenne en 2004. Par rapport à 2009 et à 2008, le flux d'IDE a baissé de près d'un tiers.
2. La France, investisseur majeur en Pologne en termes de stocks d’investissements
Entre 2002 et 2010, le stock d’IDE en Pologne a plus que triplé, passant de 46 Milliards EUR en 2002 à 150 Milliards EURO fin 2010.
Fin 2010, la France était en termes de stock, d'après les données de la Banque nationale de Pologne, le troisième investisseur étranger. Elle détenait un montant total de 18,7 Milliards EUR de flux cumulés provenant, derrière les Pays-Bas (26,8 Milliards EUR) et l'Allemagne (20,4 Milliards EUR). On notera cependant que certains investissements d'origine française arrivent en Pologne via des canaux financiers étrangers, notamment néerlandais et luxembourgeois, ce qui peut expliquer les différences d’appréciation parfois rencontrées concernant la place réelle de la France dans les IDE en Pologne. Le stock d’IDE d’entreprises à capitaux français, dans ces conditions, est sans doute sensiblement plus élevé, et pourrait avoisiner, d'après différentes estimations, plus de 20 Mds EUR. La France, en termes serait ainsi presque à égalité avec l’Allemagne, et devant les Pays-Bas et les Etats-Unis.
3. Une présence des investisseurs français diversifiée
Les plus grandes entreprises françaises, tous secteurs confondus, sont présentes, souvent à des positions de leader dans leurs spécialités (grande distribution, pneumatiques, pharmacie, équipement automobile, ciment, construction, infrastructures, télécommunications, cosmétiques …). Les investissements français en Pologne ont été multipliés par plus de 5 entre 1999 et 2010 et l’on recense environ 800 sociétés polonaises à participation française, qui représentent au moins 200 000 emplois directs et 550 000 emplois induits.
La Francedoit sa place d’investisseur étranger majeur à la participation particulièrement active de ses grands groupes aux privatisations des années 1995-2002, dont elle a su remarquablement tirer parti, à l’instar de la prise de contrôle par France Telecom de l’opérateur historique de télécommunications TP SA (investissement total à ce jour de plus de 7 Milliards EUR).
La relance du programme de privatisation (15 Mds PLN prévus en 2011, soit 3,6 Mds EUR) constitue une opportunité pour le renforcement de la position de plusieurs groupes déjà présents. Ce pourrait être le cas de Dalkia (filiale commune de Veolia Environnement et d’EDF) qui avait racheté 85% des parts du réseau de chauffage SPEC à Varsovie pour 1,44 Mds PLN, soit 350 Ms EUR. La société française se serait engagée à investir 1 Md PLN (250 Ms EUR) dans le réseau de chauffage sur les sept prochaines années.
De même les opportunités offertes par l’arrivée des fonds européens dont bénéficie la Pologne devraient permettre à certains groupes, dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie, de l’eau, du traitement des déchets de prendre une part croissante sur le marché polonais.

