L’année 2009 avait été marquée par le plus fort recul du commerce mondial en 70 ans, avec une contraction de 12% des échanges mondiaux, qui s’était traduite au niveau du commerce bilatéral franco-brésilien par un recul des échanges de près de 30%. En 2010, portés par le dynamisme de l’économie brésilienne, dont la croissance du PIB s’est établie à 7,5%, et des échanges extérieurs qui ont connu une forte reprise (+37%), notre commerce bilatéral repart très nettement à la hausse (+34%), avec en particulier des exportations françaises qui progressent de 40%, soit sensiblement plus que les importations (+29%). Notre déficit commercial avec le Brésil se contracte à 116 M EUR, soit son niveau le plus faible depuis 2003.
Dans ce contexte, nos exportations vers le Brésil progressent dans la plupart des secteurs, à l’exception notable des préparations pharmaceutiques, notre troisième poste d’exportations, qui régressent d’un quart, à 211 M EUR. Ainsi, la performance des exportations françaises au Brésil (+40%) est trois fois supérieure à celle enregistrée au niveau global (+13,3%). Nos importations en provenance du Brésil sont également en forte hausse (+29%), en ligne avec la progression des échanges bilatéraux.
Les échanges bilatéraux marquent une nette progression, en raison d’un dynamisme bien supérieur à celui des échanges avec le reste du monde.
En 2010, les flux commerciaux bilatéraux enregistrent une progression de 34%, à 7,3 Mds EUR, soit à peine moins que le record enregistré en 2008, lorsqu’ils avaient atteint 7,5 Mds. Surtout, ils progressent de manière beaucoup plus dynamique que nos échanges bilatéraux globaux, dont le taux de croissance dépasse à peine les 13%.
L’économie brésilienne a connu une année 2010 record, avec une croissance du PIB de 7,5% et un commerce extérieur au plus haut niveau jamais atteint (384 Mds USD). De fait, le Brésil a été en 2010 le pays qui a enregistré la plus forte hausse mondiale de ses exportations mais aussi de ses importations, parmi les 70 pays analysés par l’OMC, qui représentent plus de 90% des échanges mondiaux.
Notre commerce extérieur a su tirer le meilleur parti de l’excellente phase que traverse l’économie brésilienne, et nos exportations (+40%) comme nos importations (+29%) progressent de manière particulièrement dynamique. La performance de nos exportations en 2010 est d’autant plus remarquable que si le réal a continué de s’apprécier face à l’euro, il l’a fait dans des proportions bien moindres qu’en 2009.
Le Brésil, qui représente 0,87% de notre commerce extérieur (contre 0,73% en 2009, 0,86% en 2008, 0,78% en 2007 et 0,68% en 2006), voit sa position relative parmi nos partenaires commerciaux s’améliorer en 2010 : il est notre 21ème client et notre 23ème fournisseur (25ème pour les deux classements en 2009).
La hausse de nos échanges bilatéraux, plus dynamique au niveau de nos exportations que des importations, se traduit par un nouveau recul de notre déficit commercial, à 116 M EUR. Le Brésil constitue ainsi notre 48ème déficit (34ème sur la même période 2009). Notre taux de couverture progresse nettement, à 97% (89%en 2009).
Dans un contexte de forte hausse de nos exportations, tous les secteurs ou presque progressent.
D’après les statistiques des douanes françaises, nos exportations vers le Brésil progressent de 40% en 2010, pour atteindre le niveau record de 3,6 Mds EUR, dépassant le précédent record de 2008 où elles avaient atteint 3,5 Mds. Cette hausse est généralisée : seuls deux des cinquante premiers postes d’exportation sont orientés à la baisse, à savoir les ordinateurs et équipements périphériques (-43%, à 12,2 M EUR, soit au 50ème rang), mais plus significativement les préparations pharmaceutiques (-25%, à 211 M EUR, au 3ème rang), qui constituent traditionnellement le fer de lance de nos exportations vers la Brésil. Ceci va d’ailleurs à contre-courant des performances globales du secteur de la pharmacie qui est un des moteurs des exportations françaises.
En ligne avec leur performance mondiale, qui a vu Airbus enregistrer une année 2010 exceptionnelle, nos livraisons d’aéronefs au Brésil sont en hausse de 37%, à 570 M EUR. La compagnie brésilienne TAM a notamment fait l’acquisition de 20 A320 et 5 A350 par pour un montant de 2,430 Mds EUR (prix moyen catalogue), opération qui figure parmi les dix plus gros contrats signés dans les pays émergents en 2010.
Compte tenu de la hausse généralisée de nos exportations, il n’y a pas un secteur en particulier qui explique la hausse de plus d’un milliard EUR de nos ventes vers le Brésil. La progression la plus forte en valeur est celle des matériels de transport (+300 M EUR) et des autres produits industriels (+420 M EUR), parmi lesquels les ventes de produits chimiques, parfums et cosmétiques (+240 M) et de produits métallurgiques et métalliques (+100 M) se détachent.
Le classement de nos exportations vers le Brésil évolue peu, les trois premières places restant occupées par les produits de la construction aéronautique (16% des ventes), les équipements pour automobiles (10%) et les préparations pharmaceutiques (6%).
D’après les statistiques brésiliennes, les échanges commerciaux du Brésil avec la France ont connu une excellente année 2010, portant le commerce bilatéral à 8,4 Mds USD (+28% par rapport à 2009), soit à peine moins que les 8,8 Mds USD enregistrés en 2008, et qui constituent un record. Les importations en provenance de France ont progressé de 33% l’an passé, à 4,8 Mds USD, les exportations vers la France progressant moins rapidement, de 23% (à 3,6 Mds USD). Il en résulte, d’après les données brésiliennes, un déficit pour le Brésil de 1,2 Md USD.
Nos importations enregistrent une hausse soutenue, dans le sillage des matières premières.
En 2010, les importations françaises en provenance du Brésil s’établissent à 3,7 Mds EUR, contre 2,9 Mds en 2009 (+29%). Elles sont dominées par les achats de matières premières agricoles et minérales, en particulier de minerai de fer, qui doublent (à 678 M EUR).
Les achats de pétrole brut, non significatifs en 2009, représentent désormais 240 M EUR, soit davantage que les acquisitions d’avions qui, si elles ne progressent pas, restent à un niveau élevé (170 M EUR), après avoir doublé en 2009.
Principal marché de la France en Amérique latine, le Brésil voit sa position dans notre commerce extérieur se renforcer, dans la mesure où il représente désormais 0,87% de nos flux commerciaux totaux (0,73% en 2009). Il absorbe ainsi le tiers (34%) de nos exportations vers la zone, devançant très largement le Mexique (16%), l´Argentine (9,7%) ou la Colombie (6%).
Alors que les importations du Brésil ont augmenté de 42% en 2010, nos exportations y ont progressé de 40% selon les statistiques des douanes françaises, et de 33% selon les statistiques brésiliennes. Notre part de marché régresse légèrement, pour s’établir à 2,64% (contre 2,83% en 2009). La France demeure le 9ème fournisseur du Brésil.

