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Le commerce extérieur du Brésil en 2010

Le commerce extérieur du Brésil enregistre en 2010 une vigoureuse reprise (+37%, à 384 Mds USD), entraîné par des importations qui explosent (+42%) et progressent beaucoup plus rapidement que les exportations (+32%), pourtant solidement entraînées par la demande asiatique (et chinoise) en matières premières, dont les cours sont en hausse pour la plupart d’entre-elles. L’excédent commercial se contracte, à 20,3 Mds USD : c’est le plus faible enregistré depuis 2002. Par ailleurs, le Brésil a exporté en 2010 davantage de produits de base que de biens manufacturés, pour la première fois depuis 1978.

 

Le commerce extérieur du Brésil s’est redressé en 2010 de manière record.

Relativement peu affecté par la crise de 2009 qui s’était traduite par une baisse de 0,2% de son PIB, grâce à la résilience de son marché intérieur, le Brésil avait été l’un des derniers pays à entrer en récession (T4 2008) et l’un des premiers à en sortir (T2 2009). L’impact au niveau de ses échanges extérieurs s’était montré en revanche plus sensible, ces derniers reculant de 24% en valeur (à 281 Mds USD), soit légèrement plus que la baisse des échanges mondiaux, de 22% en valeur et 12,2% en volume, la plus importante enregistrée depuis 70 ans selon le secrétariat général de l’OMC.

En 2010, le commerce extérieur du Brésil a enregistré des résultats record, avec des échanges extérieurs atteignant leur plus haut niveau jamais atteint (384 Mds USD) grâce à une progression de 37% par rapport à l’exercice précédent. De fait, le Brésil est cette année le pays qui a enregistré la plus forte hausse mondiale de ses exportations mais aussi de ses importations[1].

Les exportations brésiliennes (+32%) passent pour la première fois en 2010 la barre des 200 Mds USD (201,9 Mds USD exactement), ce qui marque plus qu’un doublement depuis 2004 (97 Mds USD) et plus qu’un triplement depuis 2002 (60,4 Mds USD). Malgré la valorisation du réal de plus de 40% face au dollar au cours des deux dernières années, elles sont tirées par la demande asiatique en matières premières (minérales et agricoles) dont les cours sont en forte progression.

Les importations pour leur part progressent encore plus vite que les exportations (+42%), en raison de la valorisation du réal et du dynamisme de la demande intérieure, le PIB brésilien ayant connu une croissance de l’ordre de 7,7% en 2010. Par conséquent, le solde de la balance commerciale se contracte (-20%), à 20,3 Mds USD, soit le plus faible enregistré depuis 2002. C’est néanmoins mieux que ce que certaines projections en début d’année annonçaient, à 5,5 Mds USD (révisées ultérieurement à 18 Mds). L’excédent de 5,4 Mds USD enregistré sur le seul mois de décembre a surtout permis de terminer l’exercice 2010 en contenant le recul de l’excédent.

 

Les exportations brésiliennes poursuivent leur concentration et sont entraînées par cinq produits de base.

Les exportations brésiliennes sont caractérisées par leur concentration croissante sur un nombre réduit de commodities, tendance qui s’accélère en particulier depuis 2007. De fait, la part du minerai de fer, pétrole brut, complexe soja (graine, tourteau et huile), sucre (brut et raffiné) et viandes, est passée de 29% à 43% des exportations totales entre 2007 et 2010, soit une progression de près de 50%.

La part des exportations de minerai de fer en particulier a plus que doublé sur la période. En 2010, Vale, le géant minier brésilien, est parvenu à négocier des révisions de prix de plus de 100% avec ses principaux clients. La part des exportations de pétrole brut a, quant à elle, plus que triplé entre 2004 et 2010, avec des prix à l’exportation qui ont augmenté de près de 50% en 2010. Ces exportations sont entraînées par la demande des pays asiatiques et la hausse des prix des matières premières au cours des dernières années. De fait, le profil des exportations brésiliennes totales reflète de manière croissante celui des exportations à destination de la Chine.

Cette concentration sectorielle provoque certaines inquiétudes pour les analystes, dans la mesure où la croissance des exportations brésiliennes repose de manière croissante sur un nombre restreint de matières premières dont les cours sont historiquement volatiles. Par conséquent, le Brésil reste vulnérable à un choc éventuel qui conduirait à une baisse des cours, affectant ainsi un des moteurs de sa croissance.

En outre, les exportations brésiliennes reposent sur des secteurs faiblement intensifs en main d’œuvre, pour lesquels le Brésil agrège de surcroît peu de valeur ajoutée. Sur les 12 Mds USD de sucre exportés par le Brésil en 2010, moins de 30% concernaient du sucre raffiné. C’est également le cas pour le soja, dont près des 2/3 des exportations du complexe (17 Mds USD au total) reposaient sur les graines. Néanmoins, ce sont les exportations de l’agro-négoce qui permettent de préserver l’excédent de la balance commerciale brésilienne, de 20,3 Mds USD en 2010. Avec des exportations de 76,4 Mds, le secteur enregistre un excédent de 63 Mds USD.

Les exportations brésiliennes de biens industriels, intégrant davantage de technologie, perdent de leur importance relative dans la balance commerciale brésilienne en raison de la valorisation du réal et de la faiblesse de la reprise économique sur les principaux marchés qui en sont destinataires, comme les Etats-Unis et l’Union européenne. Elles sont devenues déficitaires depuis quatre ans, l’excédent de 14,5 Mds USD enregistré en 2006 s’étant converti en un déficit de 35,3 Mds USD en 2010. En plus du déficit dans les échanges de biens industriels, la perte de compétitivité du secteur se traduit par une baisse de la part de la production domestique destinée à l’exportation, passée de 13,8% en 2005 à 11,9% en 2010.

Les importations pour leur part ont atteint un niveau record en 2010, en progression de 42%, à 182 Mds USD. Dans ce contexte, rares sont les secteurs à ne pas progresser. C’est pourtant le cas des importations d’avions, moteurs et turbines pour l’aéronautique et pièces détachées pour avions et hélicoptères qui sont toutes en baisse. Les importations du Brésil sont tirées par les secteurs de l’énergie (pétrole brut, carburants), de l’automobile (véhicules et pièces détachées), du médicament, des équipements électriques et électroniques et des biens d’équipement industriels.

 

Le commerce extérieur du Brésil est de plus en plus orienté vers les échanges Sud-Sud.

L’année 2009 avait été marquée par l’émergence de la Chine comme premier partenaire commercial du Brésil (et, au plan global, comme premier exportateur mondial, dépassant l’Allemagne), devant les Etats-Unis. Ces derniers restent, probablement pour la dernière année, le premier fournisseur du Brésil, car le poids de la Chine dans les échanges bilatéraux du Brésil ne cesse de se renforcer. Il était de moins de 4% du total en 2002 et atteint désormais près de 15%, soit une part quatre fois supérieure en l’espace de huit ans. En valeur nominale, le commerce bilatéral Brésil-Chine a été multiplié par près de 14, de 4,1 Mds USD à 56,4 USD (+53% entre 2009 et 2010 notamment).

Sur la même période, les échanges commerciaux du Brésil avec les pays émergents ont progressé à un rythme deux fois supérieur à celui enregistré avec les pays développés. Alors que les échanges du Brésil avec ces derniers étaient près de trois fois supérieurs à ceux avec les pays en développement en 2002 (94,5 Mds USD contre 34,2 Mds), ils les dépassent à peine aujourd’hui. En 2010, ils ont été de 177,8 Mds USD, contre 169,2 Mds. Pour certains analystes, la stratégie de développement des échanges extérieurs du Brésil avec les pays en développement sous les deux mandats du Président Lula s’est avérée opportune dans la mesure où ce sont ces pays qui tirent aujourd’hui la croissance mondiale, et a fortiori celle en matières premières brésiliennes. Ainsi, c’est avec la Chine, la Corée du sud, l’Inde, l’Argentine, Taïwan, le Nigéria, l’Arabie saoudite, le Chili, le Venezuela et le Mexique que le Brésil a enregistré la plus forte progression de ses échanges bilatéraux au cours des huit dernières années.

Les Etats-Unis, historiquement premier partenaire commercial du Brésil, et qui assuraient 25% des débouchés à l’exportation du Brésil en 2002, ne représentent plus que 9,6% des exportations brésiliennes en 2010. Leur part dans les échanges extérieurs du Brésil a été divisée par deux, de 24% à 12%. Celle de l’Union européenne résiste mieux, passant de 27% à 21,4%, les exportations brésiliennes vers l’UE triplant pratiquement (de 15,6 Mds USD à 43,1 Mds USD). L’Union européenne reste ainsi le principal marché d’exportation pour le Brésil, avec 21,3% des ventes.

Avec la France, les échanges commerciaux du Brésil ont connu une excellente année 2010, portant le commerce bilatéral à 8,4 Mds USD[2] (+28% par rapport à 2009), soit à peine moins que les 8,8 Mds USD enregistrés en 2008, et qui constituent un record. D’après les statistiques brésiliennes, les importations en provenance de France ont progressé de 33% l’an passé, à 4,8 Mds USD, les exportations vers la France progressant moins rapidement, de 23% (à 3,6 Mds USD). Il en résulte, d’après les données brésiliennes, un déficit pour le Brésil de 1,2 Md USD. Les statistiques des douanes françaises indiquent pour leur part une hausse des exportations françaises de 46% (à 3,3 Mds EUR), et de 30% pour les importations (à 3,4 Mds EUR), se traduisant par un déficit pour la France de 89 M EUR[3]. Cet écart s’explique principalement par les différences de méthodologie statistique utilisée, les douanes françaises travaillant en FOB/CIF, différent du FOB/FOB utilisé par le Secrétariat du commerce extérieur brésilien.



[1] Mesuré sur la période de décembre 2009 à septembre 2010, parmi les 70 pays analysés par l’OMC, qui représentent plus de 90% des échanges mondiaux.

[2] Données SECEX – Secretaria de Comércio Exterior / MDIC

[3] De janvier à novembre 2010.

Publié le 17/01/2012
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Le détail des procédures est disponible via le lien http://www.inpi.gov.br/images/stories/Procedimentos_de_Exame.pdf.

Pour plus d'informations, s’adresser à saesp[A]inpi.gov.br

- 12/04/2012



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