Les échanges commerciaux entre la France et la Syrie en 2010
Le relatif équilibre des échanges commerciaux entre la France et la Syrie trouvé au cours de l’année 2009 a pris fin en 2010 avec la reprise des achats de pétrole en provenance de Syrie. La balance commerciale franco-syrienne affichait un solde négatif de – 73 millions d’euros, malgré une hausse sensible des exportations françaises.
I. Flux globaux : les échanges globaux ont progressé de plus de 13% en 2010, mais le déficit de la balance bilatérale s’est creusé
En croissance continue sur les trois dernières années, les échanges bilatéraux peinent toutefois à décoller sur la décennie et la Syrie demeure un partenaire commercial modeste de la France. Elle se situait au 82ème rang des clients de la France et n’était que son 69ème fournisseur en 2010. La France ne figure pas non plus aux premiers rangs des fournisseurs de la Syrie qui favorise les achats d’Ukraine, Russie, Chine, ainsi que d’Italie pour ses approvisionnements en Europe. La France reconquiert cependant des parts de marché, elle serait selon les statistiques syriennes le 12ème pays fournisseur de la Syrie en 2009 (seulement 22ème en 2008) et son 3ème client (6ème précédemment).
Les flux globaux en 2010 se situaient à 738 M EUR contre 652 M EUR en 2009, en croissance de 13,2% par rapport à l’année précédente.
La balance commerciale franco syrienne présente un solde déficitaire de -72 M EUR pour la France, contre - 44 M en 2009, en raison de la facture pétrolière, pour un taux de couverture de 82%.
Echanges franco-syriens, en millions d’euros
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2008 |
2009 |
2010 |
Var. |
Exportations françaises vers la Syrie |
289 |
303 |
332 |
+ 9,4% |
Importations françaises en provenance de Syrie |
696 |
348 |
405 |
+16,3% |
Solde |
-406 |
-44 |
-72,9 |
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Source : Douane française
Sur le plan sectoriel, les échanges avec la Syrie demeurent le reflet d’une économie encore peu diversifiée dont les exportations reposent sur le pétrole et quelques produits sans forte valeur ajoutée (phosphate, produits agricoles...). Les importations françaises sont pour plus de 90% composées d’hydrocarbures et les exportations portent sur une large gamme de produits agricoles, biens manufacturés, produits intermédiaires et biens industriels, en réponse à la fois à la demande croissante des ménages syriens et aux besoins d’un pays en développement.
Hors pétrole, selon les années quelques grands postes modifient la structure des échanges : exportations de blé en 2009, de sucre et d’avions en 2010.
II. Exportations : en hausse de 9,4% à 332 M EUR
Les exportations françaises ont enregistré une bonne performance à 332,4 M EUR, soit une hausse de +9,4% par rapport à l’année 2009 (303,8 M EUR). A l’exception des produits agricoles et produits pétroliers, toutes les grandes catégories de produits ont connu une progression.
Les principaux postes d’exportation sont :
- les produits industriels 144 M EUR, +20% parmi lesquels les produits chimiques, parfums et cosmétiques, 43 M EUR, +14,5%, les produits pharmaceutiques 38 M EUR, +6,7%, les métaux et produits métalliques 36 M EUR, +95%
- les produits alimentaires 74 M EUR, +33%
- les machines et équipements mécaniques, électroniques et autres équipements industriels et agricoles 59 M EUR, + 3,6%
- les équipements de transport: 45 M EUR, qui avec la vente de deux appareils ATR en 2010 augmentent de + 160%
Par catégories de produits, avec une vente inhabituelle (13 M EUR contre 4,6 M précédemment), le sucre gonfle les exportations de produits agro alimentaires qui sont passées de 56 à 75 M EUR, +33,6%.
Les produits laitiers et fromages (7,6M EUR, +38%) renforcent les ventes du secteur, de même que les préparations à base de céréales (3,4 M EUR, +25%). Les exportations de tabac sont désormais régulières et en hausse continue à 41,2 M EUR, +8% en 2010 pour approvisionner l’usine publique de fabrication de cigarettes.
En revanche, les exportations de produits agricoles sont tombées à 7,3 M EUR contre 28 M l’année précédente (674%). Les ventes de blé de 2009, année de forte pénurie en céréales en Syrie due à trois années de sécheresse, n’ont pas été reconduites et les exportations de céréales ont reculé ainsi à 8,8 M contre 25,8 M en 2009 (-65%).
Les exportations de matériels et biens d’équipements secteur des équipements ont progressé. Les machines chaudières et engins mécaniques ont réalisé une bonne performance, 41,7 M EUR soit une hausse de +17%.
Enfin les produits chimiques, parfums et cosmétiques ont augmenté de +14,5% à 43 M EUR, dont 13 M (+10%) pour les parfums et cosmétiques et 16,7 M EUR, soit +16% pour les exportations de produits chimiques et organiques de base.
Les préparations pharmaceutiques en hausse constante sur les six dernières années ont augmenté de +6,7% à 38,2 M EUR. Le secteur santé dans son ensemble apparait particulièrement porteur, avec des ventes d’instruments et fournitures médicales également en hausse.
Les ventes de fonte fer acier (16 M EUR) et ouvrages en fonte, fer ou acier (13,5 M EUR) ont triplé sur l’année, portés à la fois par les cours internationaux et une augmentation des ventes.
Les véhicules terrestres ont chuté à12 M EUR, -25%, tirées vers le bas par le recul des ventes de voitures sur un marché désormais acquis aux marques coréennes qui réalisent plus de la moitié des immatriculations. Les marques françaises y compris le haut de gamme peinent à trouver leur place et perdent du terrain face aux concurrents européens.
Enfin, les produits pétroliers raffinés combustibles et lubrifiants, qui ont par le passé représenté un volume important des exportations françaises sont exclus des flux export, la Syrie privilégie désormais les fournisseurs russes, maltais et italiens plus compétitifs.
III. Importations : en hausse de +16,3% à 405 M EUR, pétrole très majoritairement
Les importations françaises ont également augmenté en 2010, +16% à 405,3 M EUR (contre 348,6 M précédemment) très largement dominées par les achats de pétrole et produits pétroliers qui représentent 94,5% des importations totales.
La croissance des importations en 2010 résulte directement de la reprise des importations de brut (+30% à 371 M EUR) et de produits pétroliers (12 M).
Hors secteur pétrolier, les importations françaises ont concerné des produits industriels 16 M EU, +7,7% parmi lesquels les produits des industries textile et habillement pour 10 M EUR, +5,4% et les produits chimiques et de parfumerie 3,6 M EUR +9% (savon d’Alep). Les importations de produits agricoles (3,8 M EUR), sont constituées pour moitié d’épices. Enfin on relève des importations, inhabituelles, de phosphate pour 4 M EUR, l’une des principales ressources du pays hors pétrole.

