Après le FMI le mois dernier, la BERD a publié une actualisation de ses prévisions de croissance dans la zone, qui recouvre dans une large mesure les tendances mises en évidence par le WEO de septembre 2011, en particulier la révision à la baisse des prévisions de croissance pour 2012, liée à la dégradation de l'environnement économique européen. Néanmoins, à fin octobre, force est de constater que le fléchissement annoncé de l’activité est plus ou moins visible selon les économies de la zone. Si par exemple, en Hongrie et en Slovénie, les indicateurs d’activité ont très rapidement subi le contrecoup de la dégradation de l’environnement économique et financier de la zone euro, tant la Pologne que les trois pays baltes continuent d’afficher des performances économiques très honorables. La Pologne démontre à nouveau qu’elle dispose d’un marché interne suffisamment large pour se prémunir, partiellement, contre la dégradation de son environnement externe. Quant aux pays baltes, le dynamisme de l’activité bénéficie à la fois d’une demande interne vigoureuse mais également de flux d’exportations encore soutenus, car pour certains moins dépendants de la zone euro (cf. l’étude dans ce numéro sur les échanges commerciaux).
Par ailleurs, durant la période sous revue, des tensions continuent de s’exercer sur les trois principales devises de la zone (zloty, forint et couronne tchèque), les situations respectives des devises étant néanmoins contrastées. La couronne tchèque, même si elle n’est pas insensible à l’environnement européen, continue d’évoluer dans des marges étroites. Le zloty a lui bénéficié, notamment en début de mois, d’une nouvelle intervention de la banque centrale polonaise (la troisième depuis le 23/09) et du contexte positif créé par la seconde victoire de rang du principal parti au pouvoir : la devise polonaise s’est ainsi stabilisée à un niveau plus satisfaisant que celui atteint le mois dernier. Le forint, qui a atteint en fin de semaine dernière son plus bas depuis 2 ans et demi, est affaibli plus durablement sous l’influence de plusieurs facteurs : perception négative des performances économiques du pays, doutes sur sa capacité à réduire sa dette publique (75% du PIB), orientations gouvernementales peu lisibles.

