L’Espagne constitue un partenaire important pour la France : 4ème client, 5ème fournisseur et 9ème destination de nos investissements. Les positions françaises ont cependant tendance à se dégrader : érosion de nos parts de marché (10,7% en 2010) et de notre excédent commercial (597 M€ en 2010). Après une forte baisse en 2008 et 2009, le volume des échanges commerciaux a connu une certaine reprise en 2010. Dans le secteur du tourisme, les échanges sont également très importants. La balance des services, dont le secteur du tourisme constitue une composante substantielle, est déficitaire pour la France (4,2 Md€ en 2009).
1. Les positions françaises ont eu tendance à se dégrader
En 2010, la France est toujours le 2ème fournisseur de l’Espagne derrière l’Allemagne mais ses parts de marché sont de nouveau en baisse. La part de la France dans les importations espagnoles s’était significativement réduite entre 1998 et 2008 – passant de 18,4% à 11,1% – puis avait connu une légère reprise en 2009, à 11,7%. Celle-ci ne s’est cependant pas confirmée en 2010 puisque les parts de marché françaises ont rechuté à 10,7%. En revanche, la France reste le premier client de l’Espagne avec une part de 18,7% en 2010.
1.1 Notre pays reste excédentaire mais connaît une détérioration continue de sa position commerciale en Espagne
Si la France a longtemps dégagé un excédent commercial important vis-à-vis de l’Espagne, celui-ci s’érode depuis 2007. Après un pic à 8,8 Mds€ en 2006, notre excédent commercial connaît une contraction ininterrompue qui s’est confirmée en 2010 avec un solde d’à peine 597 M€ contre 2,1Mds€ en 2009, 3Mds€ en 2008 et 6,3 Mds€ en 2007.
En parallèle, la part des produits français dans les importations espagnoles est passée de 18,4% en 1998 à 10,7% en 2010, tandis que la part de marché des produits allemands se maintient proche de 12% et celle des produits chinois avoisine les 8% (contre 2,8% en 2000).
Notre pays reste cependant, depuis 2003, le 2e fournisseur de l’Espagne (10,7% des importations espagnoles en 2010) derrière l’Allemagne (11,7%). L’Espagne est le 4ème client de la France (7,4% des exportations françaises) derrière l’Allemagne, l’Italie et la Belgique.
Par ailleurs, la France conserve sa position de 1er client de l’Espagne (18,3% des exportations espagnoles en 2010), loin devant l’Allemagne (10,5%).
Dans le classement des pays fournisseurs de la France, l’Espagne se place en 5ème position (6,2% des importations françaises) derrière l’Allemagne, la Chine, la Belgique et l’Italie.
1.2 Alors que les résultats de l’année 2009 ont reflété l’effondrement général du commerce mondial et de la demande interne espagnole, l’année 2010 témoigne d’une nette reprise des échanges
La conjoncture internationale a nécessairement eu des conséquences sur le commerce franco-espagnol et la détérioration des échanges bilatéraux amorcée en 2008 s’est accélérée en 2009 : les exportations de la France vers l’Espagne (26,8Md€ en 2009) ont chuté de 21,6% par rapport à 2008, tandis que les importations (24,6Md€) ont reculé de 20,6%. La baisse a concerné la totalité des secteurs mais c’est celui de l’énergie qui a enregistré le plus important recul du volume d’échange (-32,8%).
En 2010, le volume des échanges bilatéraux a cru de 9,4% par rapport à 2009. Les exportations françaises vers l’Espagne se sont élevées à 28,6 Mds€ (+6,2%) et les importations à 28 Mds€ (+12,8%).
1.3 Le secteur automobile, au centre des échanges franco-espagnols, a nettement repris en 2010
La part du secteur automobile a reculé de 9% entre 2005 et 2009. Néanmoins, il s’agit toujours du premier poste d’importations et du deuxième d’exportations (derrière les biens d’équipement) entre la France et l’Espagne. Notre excédent automobile n’a cessé de diminuer depuis 2003, pour se transformer en déficit de 1,7 Md€ en 2007, largement confirmé en 2008 (-3,2 Md€). S’il s’est réduit en 2009 (-1,9 Md€), c’est essentiellement en raison de la baisse globale des échanges. En 2010, il se situe à -2,1 Md€, relativement stable par rapport à 2009 mais toujours au détriment de la France.
Par ailleurs, le secteur agro-alimentaire, qui dégageait autrefois un excédent confortable, est déficitaire depuis 1999. Le solde commercial dans ce secteur continue de se creuser puisqu’il se situe à -1 Md€ en 2010, contre -800 M€ en 2009. La France dégage la majeure partie de son excédent commercial vis-à-vis de l’Espagne dans les secteurs suivants : produits chimiques et pharmaceutiques (1,3 Md€), biens d’équipement (940 M€), textile et habillement (735 M€) et produits énergétiques (564 M€).
2. Le tourisme constitue une composante non négligeable de la balance des échanges bilatéraux entre les 2 pays
La France fait partie des principaux marchés émetteurs de touristes vers l’Espagne (3ème rang après le Royaume-Uni et l’Allemagne). En décembre 2010, les visiteurs français représentaient 14,6% du total des touristes étrangers accueillis par l’Espagne, à égalité avec l’Allemagne. Réciproquement, la France est le premier pays de destination des touristes espagnols : en 2009, 22,5% des espagnols ayant voyagé à l’étranger se sont rendus en France, soit 2,8 millions de personnes. Alors que les flux de touristes britanniques et allemands vers l’Espagne sont toujours en déclin cette année, le nombre de touristes français ayant visité l’Espagne en 2010 a augmenté de 2,3% en glissement annuel, soit un total de 8,1 millions de visiteurs.
La balance des services, dont le secteur du tourisme constitue une composante importante, est déficitaire pour la France. Selon la Banque de France, il s’élève à 4,2 Md€ en 2009, à comparer avec un excédent d’environ 0,4Md€ avec l’Allemagne ou l’Italie. Ce déficit a augmenté par rapport à 2008 (solde 3,9 Md€) mais a reculé par rapport aux années 2004 à 2007 (6,3 Md€ en moyenne par an).
3. L’importance des relations commerciales entre la France et l’Espagne se double d’un développement important des investissements dans les deux sens
3.1 La France demeure le 2ème investisseur en Espagne (en excluant les Pays-Bas et le Luxembourg qui sont des pays de transit d’IDE)
Près de 2 200 entreprises françaises sont présentes en Espagne, assurant plus de 400 000 emplois, notamment dans l’automobile, la grande distribution, l’agroalimentaire, les réseaux et les télécommunications. Parmi les vingt plus grands groupes en Espagne figurent trois français : Carrefour, Renault et PSA. (voir note sur la présence française)
Selon les données espagnoles les flux nets d’IDE français en Espagne se sont élevés à 1 Md€ en 2009 (soit 10% du total des flux d’IDE reçus par l’Espagne) contre 2,1 Md€ en 2008. Les premières estimations pour 2010 font état d’une légère amélioration avec un flux net de 1,2 Md€.
Avec une concentration de près de 50% des flux, les télécommunications étaient le principal secteur récepteur d’IDE français en Espagne en 2009, suivi par celui des assurances (13,3%). Au premier semestre 2010, la majorité des investissements directs français en Espagne ont profité au secteur des produits minéraux non métalliques (61,2%) et aux activités de location et immobilier (24,4%).
Quant au stock d’IDE détenu par la France en Espagne, la Banque d’Espagne le situait à 46 Md€ fin 2009, faisant de la France le 4ème pays investisseur en Espagne (avec 9,8 % du stock total d´IDE accueillis par l’Espagne), derrière les Pays-Bas, le Royaume-Uni et le Luxembourg (le 2ème en réalité, les Pays-Bas et le Luxembourg étant des pays de transit d’IDE). Par ailleurs, l’Espagne se place en 9ème position dans le classement des pays de destination des IDE français à l’étranger.
3.2 L’Espagne a été le 5ème pays investisseur en France en 2010
Les entreprises espagnoles sont implantées sur plus de 1 600 sites en France et emploient environ 75 500 personnes. Les investissements espagnols ont connu une hausse particulièrement importante depuis 2007 (+22% en moyenne par an) et ont débouché sur de nombreuses acquisitions.
Après une année marquée par un mouvement de désinvestissement (-3,7 Md€) en 2008, les flux nets d’IDE espagnols vers la France ont nettement repris en 2009 pour s’élever à 1,7 Md€. Ils représentent ainsi 4% des flux d’IDE entrant en France et l’Espagne se positionne, en 2010, au 5ème rang des investisseurs étrangers en France (source AFII).
En 2010, 45 nouveaux projets créateurs d’emplois ont été annoncés (soit 6% des projets recueillis en France). Les principaux secteurs d’investissements espagnols en France en 2010 étaient le textile et l’habillement, l’énergie et autres services concédés et les activités commerciales et financières.
Le stock d’IDE espagnols en France s’est établi à 25,7 Md€ fin 2009, soit 3,5% du stock total d’IDE accueillis par la France. L’Espagne est donc le 8ème détenteur du stock d’IDE accueillis par la France.

