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Les Investissements Directs Etrangers en Bulgarie (2010)

La Banque centrale évalue à 35,9 Md EUR le stock, fin 2010, des investissements directs étrangers (IDE) en Bulgarie soit le niveau du PIB annuel. Les flux d’IDE ont chuté de 64 % en 2009 (à 2,4 Md EUR, 6,8 % du PIB) puis de plus de 30 % en 2010 (à 1,6 Md EUR, 4,6 % du PIB). Les Pays-Bas, l’Autriche et la Grèce sont les trois premiers investisseurs en Bulgarie avec au total 44,6 % du stock. Les IDE français représentent 2,1 % du stock et la France est le 13ème pays investisseur (12ème en 2009).Au premier trimestre 2011, les flux nets d’IDE en Bulgarie sont négatifs (- 27 M EUR après + 23,8 M EUR sur la même période 2010). Les flux d’IDE français s’élèvent à 5,4 M EUR.

1. Nouvelle et forte chute des flux d’IDE en Bulgarie en 2010

Le stock des IDE représente, en moyenne, 50 % du PIB de la plupart des pays des Balkans. Il pèse en Bulgarie, où le stock total d’IDE cumulé entre 1999-2010 s’élève à 35,9 Md EUR, l’équivalent (99,6 %) du PIB annuel (36,03 Md EUR).
Comme ailleurs, les flux d’IDE ont connu une forte chute en 2009 (- 64 % à 2,4 Md EUR) puis en 2010 (- 33 %), les flux d’IDE atteignant à 1,64 Md EUR (4,6 % du PIB). Les IDE couvrent largement, toutefois, le déficit des opérations courantes (356,2 M EUR en 2010) alors qu’ils n’en finançaient que 81,7 % en 2008.
En 2010, les investissements étrangers se répartissent en 1,5 Md EUR de prises de participation et 208,7 M EUR de bénéfices réinvestis, les prêts (nets) accordés aux filiales étant négatifs (- 62,8 M EUR). La Banque centrale ne recense, en 2010, aucun IDE lié à une opération de privatisation. Les quatre principaux pays investisseurs, Pays-Bas (7,4 Md EUR), Autriche (5,4 Md EUR), Grèce (3,2 Md EUR) et Royaume-Uni (2,7 Md EUR) représentent plus de 50 % du stock d’IDE.
En termes sectoriels, l’immobilier, l’intermédiation financière et la construction, en forte expansion jusqu’à la crise, enregistrent la chute la plus forte de 2008 à 2010. Pour cette dernière année, les industries de transformation, seul secteur à voir les flux progresser, prédominent dans les flux IDE (588 M EUR pour 35,9 % du total contre 9,3 % en 2008). Viennent ensuite la production et distribution d’électricité, de gaz et d’eau (269,6 M EUR) puis les transports et communications (252 M EUR). L’intermédiation financière et de l’immobilier ne représentent plus que 9,8 % et 11 % respectivement des IDE en Bulgarie en 2010 (24,9 % et 31,2 % en 2008).

La part de l’UE dans le stock d’IDE fin 2010 est de 84,7 %. Elle est de 87,9 % dans les flux 2010. Parmi les pays dont les flux baissent le plus en 2010 figurent l’Autriche (de 412,4 M EUR à - 751,2 M EUR), la France (de 197,8 M EUR à - 12,2 M EUR) et la Grande Bretagne (de 250,7 M EUR à - 186,8 M EUR). En revanche, les IDE provenant des Pays-Bas  ont plus que doublé à 1,5 Md EUR (646,8 M EUR en 2009). De nombreux investisseurs, comme LUKOIL PETROL y sont légalement domiciliés pour des raisons fiscales. 

2. Les IDE français résistent dans la crise mais ils restent modestes

Fin 2010, le stock d’IDE français en Bulgarie s’élève à 746,2 M EUR (en baisse de 10 M EUR en un an, 2010 étant marquée par un léger désinvestissement net). Ces statistiques plaçaient officiellement la France à la 13ème position des pays investisseurs dans le pays fin 2010. Elles omettent, toutefois, certains investissements (comme ceux qui sont liés à l’implantation de Carrefour, pour un montant total de plus de 100 M EUR), ces flux transitant par des filiales installées à l’étranger, et venant parfois grossir le poids statistique des investissements de certains pays (Pays-Bas, Grèce notamment) au détriment de la France. De même, les investissements de BNP Paribas Personal Finance avec JetFinance (plus de 150 M EUR), le rachat de DSK Garancia par Groupama (75 M EUR) ou plus récemment l’entrée dans le capital du concessionnaire des eaux de Sofia (probablement plus de 100 M EUR) n’ont pas été comptabilisés par la Banque centrale comme des IDE français, les actifs ayant été rachetés à un vendeur basé à l’étranger. Les IDE français en Bulgarie représenteraient donc plus près de 1,1 Md EUR, ce qui nous placerait en 7ème position.
Selon le dernier recensement du Service Economique Régional (fin 2008), on dénombre 123 implantations françaises en Bulgarie employant au total plus de 10 000 personnes. La présence française affiche une forte visibilité dans le secteur financier (banque et crédit à la consommation), ainsi que dans la grande distribution et l’industrie.

Publié le 26/10/2011
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N°3 : « La neutralité de l'Internet et ses enjeux économiques », par Thibault Decruyenaere (Décembre)

- 15/12/2011

Le parcours européen de la Bulgarie : l’enjeu de la consommation des fonds structurels

  • Etat membre depuis 2007, la Bulgarie poursuit une transition rapide, accélérée par l’adhésion mais aujourd’hui freinée par la crise. Elle progresse dans la reprise de l’acquis malgré des difficultés à améliorer son système judiciaire comme le rappelle le dernier rapport annuel de la Commission au titre du Mécanisme de Coopération et de Vérification (MCV). Au sein des conseils spécialisés, la Bulgarie défend des positions ancrées sur ses avantages comparatifs, la qualité de sa main d’œuvre, son coût modeste et un environnement monétaire et fiscal favorable.
  • Le premier enjeu pour la convergence de l’économie bulgare reste la consommation des fonds structurels. Ils représentent, pour la première période de programmation 2007-2013, une enveloppe de 6,67 Mds EUR répartie sur 7 programmes opérationnels, soit près de 20 % du PIB annuel. Ils sont la principale source d’investissement et constituent un véritable « plan de relance » qui , selon les économistes, équivaudrait à 9 points de PIB à l’horizon 2015. Or, après un démarrage lent (0,3 % en 2008 et 3 % en 2009), l'absorption restait faible, fin 2010, avec 10 % seulement de l’ensemble des fonds disponibles.
  • La nomination, en mars 2010, d’un ministre chargé des fonds européens, a permis de relancer les réformes indispensables à accélérer le lancement d’appels d’offres et optimiser la gestion des programmes tout en assurant une meilleure coordination interministérielle du suivi des projets après l’identification des « goulots d’étranglement » et des insuffisances des capacités administratives dans les secteurs prioritaires : routier, eau, ferroviaire et compétitivité.
  • Dès 2010, avec le lancement de grands projets routiers, le démarrage de l’instrument JEREMIE et l’engagement des institutions financières internationales, l’effort porte ses fruits et le taux d’absorption se redresse. Mi 2011, plus de 13 % des fonds ont fait l’objet de paiements certifiés et près de 47 % ont été engagés. De nombreux appels d’offres sont en cours pour le réseau autoroutier, le ferroviaire, l’usine de traitement des déchets de la capitale, la phase 2 du métro de Sofia et les transports urbains intégrés. Cela augure favorablement d’une nouvelle progression de la consommation avant la fin 2011 dans le sens des objectifs ambitieux fixés par le ministre en charge des fonds européens d’atteindre un taux d’absorption de 35 à 40 % fin 2012 et de 55 % en 2013.
  • D’ores et déjà, le débat sur les prochaines perspectives financières 2014 – 2020 est lancé, dans lequel la Bulgarie souhaite que soient maintenus le niveau des fonds de cohésion et un équilibre dans leur répartition entre la poursuite du développement des infrastructures (autoroutes, notamment) et le financement des objectifs Europe 2020 en matière d’environnement et d’innovation.
- 16/09/2011



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