Résumé : dans un contexte politico-économique difficile depuis début 2009, la relation commerciale franco-malgache est restée intense en 2010. Comme les années précédentes, la France a été, de loin, le premier client historique en absorbant 32,8% des exportations malgaches, et le troisième fournisseur avec une part de 7,4%. Elle s’appuie sur 25 000 Français installés de longue date avec des liens familiaux et d’amitié, 650 entreprises dont 145 filiales.
Bien qu’en augmentation, les échanges commerciaux avec les pays voisins dépassent à peine la barre des 10%, les marchés d’Afrique du Sud et de la Réunion restant sous-exploités. Les deux principales régions partenaires sont l’Asie pour les importations (33,7%) et l’UE pour les exportations (52,3%). Enfin, les liens économiques entre Madagascar et la Chine se sont intensifiés au fil des dernières années, au point que celle-ci est devenue le premier pays fournisseur, une relation qui devrait s’étoffer dans les années à venir grâce aux projets miniers en préparation.
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1. Cadrage général et grands constats.
Le volume global du commerce bilatéral (I+E) a été de 495,8 M€ en 2010 (481,6 M€ en 2009) en progression de +2,9% (après -15,7% en 2009) à comparer à la tendance générale du commerce extérieur de la France qui a été de +13,2% hors militaire.En tendance sur 10 ans, le volume des échanges enregistre une baisse tant pour les importations que les exportations, ce qui a conduit à un effritement de la part française, en particulier en tant que pays fournisseur. Depuis 2002, le déficit français s’est nettement contracté pour égaler son plus bas (-28,5 M€) en 2010. En détail, les exportations françaises ont bondi de +17,8% (233,7 M€) et les importations ont reculé de -7,5% (262,1 M€).
Le taux d’ouverture de l’économie malgache (I+E/GDP) reste faible, à 40,6%, situant Madagascar parmi les pays les moins bien insérés dans les circuits mondiaux. L’isolement géographique et le coût relativement élevé du commerce extérieur constituent des freins, mais ont aussi amorti les effets immédiats de la crise mondiale. L’amélioration des infrastructures portuaires et aéroportuaires constitue un enjeu essentiel pour ouvrir le pays et, pourquoi pas, le positionner en plateforme régionale de transbordement et transformation. Le retard à combler est toutefois important pour concurrencer Maurice, sans oublier la Réunion et Mayotte qui modernisent leurs infrastructures. Enfin, il faudrait établir un climat d’affaires plus favorable pour attirer les grands opérateurs internationaux.
La France continue d’occuper la place particulière de premier client de Madagascar en absorbant 32,8% des exportations malgaches (yc entreprises franches) et en fournissant 7,4% des importations. Au total, elle concentre 14,9% du commerce extérieur malgache (I+E).
Les entreprises franches jouent un rôle clé dans le commerce extérieur de Madagascar en assurant plus de 50% des exportations dont 70% d’articles textiles. Elles emploient 120 000 personnes et créent le triple d’emplois indirects. La suspension des accords AGOA (prise d’effet au 1/1/2010) a entraîné un recul d’environ 25% des exportations textiles, partiellement compensé par un surcroît de commandes de l’UE, de l’Afrique du Sud et de la Chine dont la demande intérieure progresse rapidement.
Dans un contexte politico-économique tendu, les difficultés intrinsèques du pays - persistance de la pauvreté, gouvernance, insuffisance des infrastructures tournées vers l’extérieur malgré des progrès (ports, aéroport), tissu industriel peu développé, coût élevé de l’énergie et du fret, etc. - continuent d’obérer la compétitivité des entreprises qui repose essentiellement sur un coût de la main d’œuvre parmi les plus bas au monde, d’excellentes qualités manuelles et un goût prononcé pour le travail bien fait.
La croissance économique a été officiellement mesurée à +0,6% en 2010 (-5% en 209) ce qui constitue une bonne nouvelle par rapport aux prévisions pessimistes du début d’année. Le secteur des TIC a été très peu affecté. Les activités liées au tourisme se sont partiellement redressées, peinant à retrouver le niveau de 2008. Pour tenir compte de la baisse d’activité, l’économie intérieure s’est progressivement réajustée, trouvant un équilibre fragile mais qui semble pouvoir durer. Les entreprises les plus aguerries au contexte malgache préparent leur développement futur. A contrario, les investisseurs étrangers découvrant le pays se montrent prudents eu égard à la faible visibilité politique et à un environnement des affaires difficile. Or ces opérateurs, miniers notamment, sont les seuls à présenter des projets en milliards de dollars, capables d’avoir un effet moteur sur l’économie nationale. Les convaincre est devenu l’une des priorités du gouvernement de Transition.
Enfin, l’encadrement efficace de l’Ariary par la Banque Centrale a été un élément positif pour le commerce extérieur. Après une dépréciation de 8,6% en 2009, la monnaie s’est stabilisée avec une faible dépréciation de 1,98% en 2010, aidée par la mise en place d’un accord peu orthodoxe, permettant les achats d’hydrocarbures hors du MID à un taux favorable, prédéterminé périodiquement. La Banque Centrale a neutralisé les tensions sur le change, tout en maintenant ses réserves à 750 M$ soit 3,3 mois d’importation, un niveau satisfaisant.
2. Analyse sectorielle.
Au plan sectoriel, les exportations françaises présentent un profil varié illustrant la densité des liens commerciaux entre les deux pays. Les principales familles de produits sont : textile (22,7%), produits agroalimentaires (12,8%), équipements électriques (11,3%), machines industrielles et agricoles (9,9%), produits informatiques/électroniques (9,3%), produits métallurgiques (7,3%), parfums et cosmétiques (6,6%), produits pharmaceutiques (6,3%), matériel de transport et véhicules (5,4%).
Les principaux produits sont : tissus (34,6 M€), matériels électriques (16,8 M€), préparations pharmaceutiques (14,5 M€), aliments pour animaux (10,3 M€), ordinateurs et équipements périphériques (6,9 M€), véhicules automobiles (5,5 M€), produits métalliques divers (5,3 M€), cuirs et peaux tannées (4,8 M€), équipements de communication (4,1 M€), vêtements de dessus (3,9 M€), machines pour extraction et construction (3,8 M€). Au total, les exportations françaises ont remarquablement progressé de +17,8% en 2010, signe d’un regain d’activité après une chute de -27% en 2009.
Malgré tout, Madagascar conserve un profil d’« économie atelier » sans parvenir à diversifier ses expéditions vers la France. Celles-ci sont concentrées sur deux familles de produits à faible valeur ajoutée qui cumulent 89,3% des montants : produits agricoles/agroalimentaires (51,4%) et articles textiles (37,8%). Il s’agit principalement des crevettes, poissons, café, thé, cacao, vanille, épices et condiments. Le solde se compose d’huiles essentielles dont la part augmente rapidement (3,4%), articles de maroquinerie, ficelles et articles en sisal, vannerie/artisanat, bois sciés et articles en bois, bijoux et pierres, etc.
Les efforts pour aider les entreprises à s’internationaliser, capter de la valeur ajoutée et attirer le savoir-faire étranger, sont principalement le fait de l’action des bailleurs dont l’activité a baissé. Les progrès dans ce domaine constituent un enjeu clé pour les prochaines années.
3. Analyse géographique.
Au plan géographique, les exportations malgaches sont faiblement diversifiées et restent fortement tournées vers l’UE qui compose le premier client de Madagascar avec une part de 52,3%.
La France reste, de loin, le premier pays client historique de Madagascar en absorbant 32,8% des exportations malgaches en 2010. Dans le contexte de crise, la stabilité des importations françaises, en baisse de ‘seulement’ -7,5% a joué un puissant rôle de soutien pour les entreprises exportatrices malgaches. Les autres clients de Madagascar sont l’Allemagne (7,4%), Chine (6,3%), Etats-Unis (5,3%), Canada (4,4%), Inde (4,2%), Royaume-Uni (3,3%), EAU (3%), Italie (2,9%), Espagne (2,7%), Afrique du Sud (2,3%). A l’exception de la montée de la Chine, le reste du groupe est stable.
La France détenait 7,4% de parts des importations malgaches en 2010 (6% en 2009) ce qui la situe au troisième rang des pays fournisseurs après la Chine (15,4%) et les Etats-Unis (8,3%). Les autres fournisseurs sont l’Afrique du Sud (7,1%), Bahreïn (6,5% pour les produits pétroliers), autres UE (5,9%), Koweit (3,6%).
L’analyse des importations malgaches confirme un tropisme asiatique croissant, en ligne avec la tendance mondiale. Désormais, l’Asie fournit 33,7% des achats malgaches, répartis entre Asie de l’Est (28,1%) et Asie du Sud (5,6%). Le monde chinois (Chine, HK, Taiwan) totalise 16,3%, l’Asean 7,7%, l’ensemble Japon-Corée du Sud 4,1%.
Enfin, les échanges régionaux ont représenté 10,6% du commerce extérieur, ce qui correspond, grosso modo, à la moyenne régionale : 7% pour la région Afrique et 3,6% pour les îles de l’Océan Indien. Ce niveau, considéré trop faible, ne reflète pas le potentiel du marché sud-africain et montre également le retard pris pour fournir la Réunion, Maurice et Mayotte, en denrées alimentaires.
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Commentaire : la relation économique étroite avec les partenaires français et asiatiques assure l’essentiel du commerce extérieur de Madagascar. Le développement des échanges, pas seulement agroalimentaires, avec la proche région constitue un axe de développement encore insuffisamment exploité. Les entreprises franches, 35 nouvelles créations entre 2009 et 2010, devraient se multiplier en attirant de nouveaux investissements et savoir-faire. La perspective d’une sortie de crise après les élections - fin 2011 ou, plus vraisemblablement, début 2012 - ont relancé l’intérêt des investisseurs qui se présentent plus nombreux depuis la fin 2010 : plusieurs projets miniers à l’étude, les commandes textiles sont dynamiques à destination du marché chinois et de l’UE, projets agroalimentaires et TIC en préparation, regain progressif d’activité dans le BTP, etc. Sauf surprise, une véritable relance est désormais attendue pour 2012-2013./.

