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BRESIL- Brèves économiques et financières du 5 au 11 mai 2017

Brèves économiques et financières

Semaine du 5 au 11 mai 2017

Résumé :

  • L’inflation passe en avril sous la cible de la BCB (4,08% contre 4,5%), pour la première fois depuis 2009.
  • Le commerce détail déçoit en mars (-1,9% m.m) et confirme une demande toujours grippée.
  • Une récolte agricole record confirmée pour 2017, en hausse de +26%, principal vecteur de la reprise.
  • La PAC est remplacée par le programme d’investissement biennal « Avançar ».
  • L’investissement (FBCF) poursuit une trajectoire erratique en ce premier trimestre.
  • « The killer chart » : le système judiciaire protège peu les créanciers au Brésil.
  • Évolution des marchés du 5 au 11 mai 2017.

L’inflation passe en avril sous la cible de la BCB (4,08% contre 4,5%), pour la première fois depuis 2009

Selon l’institut national des statistiques, l’IBGE, l’inflation (IPCA) en avril a enregistré une augmentation mensuelle de +0,14% (contre +0,25% en mars). Sur les douze derniers mois, l'IPCA s’établit à 4,08%, un niveau bien moindre qu’en décembre (6,29%). L’inflation atteint donc la cible de la BCB pour la première fois depuis 2009, avec anticipation par rapport aux attentes du marché. Sur les quatre premiers mois de l’année, l’inflation atteint un niveau relativement faible de 1,1%.

Dans le détail, cette décélération de l'indice sur la période est illustrée notamment par la déflation de l’énergie, notamment de l’électricité (-6,4% en v.m.) et du combustible (-2%) en raison du recalibrage des tarifs effectués par l’agence nationale de l’électricité, l’Aneel. À l’inverse, les réajustements des prix de la santé (+1%) et de l’alimentaire (+0,6%) expliquent l’essentiel de l’augmentation des prix. Il faut également noter la hausse des prix de la communication (+0,55%), tandis que les autres groupes stagnent.

Cette forte décrue de l’inflation reflète un niveau d’activité et surtout de consommation en berne, notamment dans un contexte de chômage grimpant. D’un autre côté, le niveau d’inflation confirme le choix de la BCB d’un assouplissement monétaire de 100 pdb par Comité de politique monétaire afin dans un premier temps d’alléger le déficit public, puis dans un second temps, d’insuffler un effet positif sur l’économie en favorisant une reprise du crédit.

Cependant, la BCB devra veiller à ce que l’agenda et le rythme soutenu de l’assouplissement monétaire s’adapte progressivement à la reprise de l’activité afin de ne pas entraîner un regain d’inflation en 2018

Le commerce détail déçoit en mars (-1,9% m.m) et confirme une demande toujours grippée

Selon l’Institut national des statistiques, l’IBGE, les secteurs du commerce de détail voient leur résultat baisser en mars en comparaison à février, de façon significative : les ventes de détail baissent ainsi de –1,9% en un mois.

Il s’agit de la deuxième baisse consécutive après un mois de janvier particulièrement positif (+6%). Le mois de mars souffre en particulier des résultats décevants de la grande distribution (-6,2% m.m), non compensés par les hausses dans les ventes de meubles (+6,1%) et de la papeterie (+5,6%).

Ainsi, le commerce de détail reste un secteur de l’économie dont les résultats continuent de baisser après une année 2016 marquée par un record en termes de chute des ventes (-6,2% sur l’année). En glissement annuel, mars connaît une forte contraction des ventes (-4%).

De manière générale, au premier trimestre, en relation au T1 2016, le commerce de détail baisse de -3%, et diminue de -2,5% si l’on prend en compte l’automobile et la construction. Les secteurs les plus touchés sont l’équipement (-11% en g.a.) et la grande distribution (-3%), alors que d’autres secteurs se reprennent tels l’habillement (+5%), les matériaux de construction (+4%) et l’ameublement (+3%).Ces dernières données laissent donc augurer d’une reprise de la construction lors du T1, à confirmer.

Cependant, le commerce de détail demeure le reflet d’une demande, qui bien qu’aidée par la baisse de l’inflation, reste toujours bridée par la hausse du chômage (13,7% de la population active pour rappel). 

Une récolte agricole record confirmée pour 2017, en hausse de +26%, vecteur de reprise

Selon l’IBGE, la première récolte de grains en 2017 s’annonce record. Les premières estimations font état d’une hausse de +26,2% de la production entre 2017 et 2016. Ces bons résultats sont notamment dus aux céréales (soja, maïs et riz), qui représentent plus de 90% de la production de graines brésiliennes. Si la productivité s’améliore, l’aire cultivée grandit de même de +6,5%, souvent au prix d’une déforestation de plus en plus critique, notamment dans le Mato Grosso, qui représente 25 % de la production.

En ce sens, ces résultats confirment que le secteur agricole sera certainement le plus grand contributeur à la reprise, qui devrait se situer au T1 autour de +0,6%.

Cependant, cette reprise pourrait ne pas être confirmée au T2, notamment en raison d’une baisse des cours des matières premières et des hésitations du secteur industriel, en attendant la prochaine récolte d’ici le deuxième semestre. 

La PAC est remplacée par le programme d’investissement « Avançar »

Le gouvernement a dévoilé cette semaine le programme d’investissement nommé « Avançar », destiné à remplacer la PAC (plan d’accélération de la croissance) à travers une programmation plus courte et plus concrète. Ce plan, de 59 Mds R$ en deux ans, est en priorité axé sur les transports (38% du budget), la construction (27%) et la défense (23%). Il délaisse finalement quelque peu les politiques sociales d’éducation, de santé, de sport et de politique d’accès à l’eau en y consacrant 13% du budget. Le gouvernement rappelle que toutes les œuvres ici financées devront être terminées avant la fin 2018.

Aussi, les questions quant aux ressources nécessaires pour son financement restent à ce jour sans réponse claire, notamment en situation de creusement de déficit primaire : le marché a revu à la hausse ses prévisions de déficit primaire pour 2017, à 148 Mds R$, contre un objectif gouvernemental (LDO) de 139 Mds R$ dont le respect constitue un réel défi cette année.

L’investissement (FBCF) poursuit une trajectoire erratique en ce premier trimestre

Selon une étude de l’IPEA, Institut de recherche en économie appliquée rattaché au ministère du plan, l’investissement –ou formation brute de capital fixe, FBCF- maintien une trajectoire instable au premier trimestre. La FBCF pour rappel est notamment un reflet de l’état des secteurs des machines et de la construction.

Ainsi, en mars, l’indicateur de l’IPEA concernant les machines et équipements diminue de -2,1% en relation à février, qui avait connu un net rebond de +4,3%. Au premier trimestre, l’investissement se stabilise en relation au T4 2016, mais baisse en glissement annuel de -2,1%. La construction enregistre une hausse de +1,2% au T1, en glissement trimestriel, quand les machines et équipements connaissent une légère contraction de -0,5%.

Ces analyses confirment la probable stabilisation de l’investissement pour le premier semestre 2017 et une légère reprise du secteur de la construction, à confirmer. Les prévisions des analystes restent sur une reprise légère de l’investissement autour de +2% pour 2017, avant une reprise plus forte en 2018. Cette évolution ne compenserait toutefois pas une chute de l’investissement de plus de 25% en deux ans.

Finalement, ces données traduisent un décalage quant à la reprise de l’investissement voulue par le gouvernement et la BCB, qui tarde à se concrétiser malgré un fort assouplissement monétaire largement déconnecté des taux élevés proposés par les banques commerciales. 

« The killer chart » : Le système judiciaire protège peu les créanciers et expliquent le faible usage de collatéral dans le système financier au Brésil

                        Taux de récupération de garantie, en % de la valeur de la garantie, par pays, 2016 :

Taux de récupération de garantie, en % de la valeur de la garantie, par pays, 2016
Source: Banque Mondiale, Accenture 

Évolution des marchés du 5 au 11 mai 2017

Indicateurs[1]

Variation

Semaine

Variation

Cumulée sur l’année

Niveau

Bourse (Ibovespa)

+3,7%

+12,7%

67 471

Risque-pays (EMBI+ Br)

+6pt

-64pt

264 pts

Taux de change R$/$

-1,1%

-2,9%

3,16

Taux de change R$/€

-2,0%

-0,0%

3,43

Clause de non-responsabilité - Le Service Économique Régional s’efforce de diffuser des informations exactes et à jour, et corrigera, dans la mesure du possible, les erreurs qui lui seront signalées. Toutefois, il ne peut en aucun cas être tenu responsable de l’utilisation et de l’interprétation de l’information contenue dans cette publication. Rédacteurs : Stéphane GODARD-Conseiller Financier ; Jonathan THEBAULT- Adjoint Financier.

 



[1] Données du jeudi à 12h localement.


Publié le 11/05/2017
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