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Brésil - Brèves économiques et financières - Semaine du 14 au 20 avril 2017

Brèves économiques et financières

Semaine du 14 au 20 avril 2017

Résumé :

  • L’activité augmente de +1,31% en février par rapport à janvier, portée par les services et un changement méthodologique de l’IBGE.
  • Malgré la crise, le système financier brésilien reste résilient.
  • Une réforme des retraites qui se profile à minima…
  • L’analyse prudente et réaliste du FMI sur la situation économique brésilienne.
  • « The killer chart » : Forte accélération du vieillissement de la population du Brésil en 40 ans.
  • Évolution des marchés du 14 au 20 avril 2017. 

L’activité économique augmente de +1,31% en février par rapport à janvier, portée par les services et un changement méthodologique de l’IBGE

L’indice IBC-Br de la Banque Centrale (BCB), principale proxy du PIB brésilien, enregistre une hausse mensuelle significative en février de +1,3% (dessaisonnalisé) en raison des bons résultats des services en volume, +0,7% m.m, et, dans une moindre mesure, de l’industrie, +0,1% m.m en dépit du repli du commerce de détail, -0,2% m.m. Ces composantes sectorielles émanent des chiffres publiés par l’IBGE quelques jours auparavant mais impactés, notamment pour les statistiques des services, par un changement méthodologique opéré en milieu de semaine dernière induisant une pondération accrue des services dans le PIB, 68%, contre 53% en comptabilité nationale.

Si ce résultat s’avère très supérieur au consensus de marché qui tablait sur une hausse du PIB (proxy) de +0,5 à +0,7% et constitue donc une bonne surprise, il doit cependant être modulé car le changement méthodologique effectué jouerait à 60-70% sur cette hausse selon les cabinets d’analystes macro-économiques. Ces derniers continuent d’ailleurs à tabler sur un retour à la croissance au second trimestre.

Pour autant, cette évolution positive qui traduirait l’atteinte du « fond du puits » par l’économie brésilienne, ne masque pas le recul accumulé depuis le début de la récession : février 2017 affiche toujours un recul de -0,73% par rapport à février 2016, et le PIB cumulé sur 12 mois glissant enregistre en effet encore une décrue de -3,68%, et de -7,2% sur 24 mois. 

Malgré la crise, le système financier brésilien reste résilient

Le rapport de la stabilité financière pour le 2nd semestre 2016 a été publié la semaine dernière par la Banque Centrale du Brésil (BCB). De façon très synthétique, ce rapport met en exergue que la récession de l’économie réelle (deuxième année de récession : -3,8% en 2015 et -3,6% en 2016) ne se propage pas de façon sensible au système bancaire national.

Ainsi, bien que certains risques se soient matérialisés en 2016, avec la détérioration des indicateurs de crédit et de rentabilité des banques,le système maintient une résilience satisfaisante pour aider à la reprise de la croissance économique prévue cette année. Par ailleurs, en dépit de l'environnement économique défavorable, la perception du marché et de la BCB est qu'il y a eu une réduction significative de la probabilité d'occurrence d'un événement à fort impact systémique sur le système financier à court ou moyen terme.

Le rapport conclut donc à une résilience satisfaisante du système bancaire brésilien en soulignant notamment qu’en matière de risque de crédit, l’augmentation du portefeuille d’actifs douteux (NPL et crédits restructurés : de 6,3% à 7,7% de l’encours entre déc.2015 et déc.2016) ne menace pas la stabilité du système bancaire en raison d’un niveau de provisionnement adapté, même si la BCB s’attend encore à une hausse de ces actifs en 2017. Le respect des exigences prudentielles (niveau de fonds, solvabilité, liquidité) et la profitabilité satisfaisante des banques sont de nature à résister à la survenance de chocs, comme en témoignent les résultats de stress tests menés périodiquement par la BCB.

Aussi, les risques sur la stabilité financière apparaissent-ils bien maîtrisés, même si le dernier rapport art. IV du FMI souligne des marges d’amélioration possibles en matière de monitoring du système financier par la BCB (notamment sur les fonds d’investissement) et de mécanisme de résolution en cas de défaillance d’un établissement financier.

Au final, les mesures engagées parallèlement tant sur le plan budgétaire par le gouvernement pour restaurer les grands équilibres budgétaires que sur le plan monétaire avec un politique volontariste d’assouplissement engagée depuis octobre 2016, constitue un environnement qui  renforce l’appréciation positive sur le système financier brésilien

Une réforme des retraites qui se profile à minima…

Le coût des retraites fédérales représentent à fin 2016, 41% des dépenses primaires et 8,2% du PIB brésilien, et, facteur plus préoccupant, ont augmenté de +8,1% en un an et de +42,2% en 3 ans. L’urgence d’une réforme plus en ligne avec les standards des pays de l’OCDE et moins « généreuse » constitue donc un enjeu majeur pour restaurer les équilibres budgétaires des comptes fédéraux et respecter l’amendement constitutionnel de limitation de l’augmentation des dépenses ratifié fin 2016.

Compte tenu des récents atermoiements du gouvernement concernant la réforme des retraites en cours de discussion, il est à craindre une importante dilution de 45% sur les gains potentiels de dépenses fédérales attendus de cette réforme (le gouvernement table sur une dilution de 20%).

En effet, Si ces changements sont confirmés, cela signifie une édulcoration sensible de la proposition initiale du gouvernement. Selon les estimations, l'impact de la modification serait à peu près une dilution de 40% entre 2018 et 2027. En d'autres termes, on peut estimer que les économies totales avec la réforme seraient de 472 milliards de BRL, au lieu des 781 milliards de BRL initialement prévus sur 10 ans par le gouvernement (40% d’économie en moins). Considérant que le Congrès peut proposer d'autres modifications au rapport, on pourrait s’attendre à ce que la réforme soit diluée un peu plus, soit environ 45% au total.

Les principaux changements évoqués (régime général et serviteurs publics) sont les suivants : âge minimum inférieur pour le départ des femmes et règle de transition plus douce. Le rapporteur, le député Artur Maia, a accepté de réduire l'âge minimum de la retraite pour les femmes à 62 ans (de 65 initialement), ce qui pourrait réduire l'impact de la réforme des retraites de 7%. En outre, le terme de la période de transition proposé a été prolongé à 20 ans pour la rehausse progressive jusqu’à l’âge limite, ce qui réduira encore l'impact budgétaire. Pour les femmes, la règle de transition commencerait à 53 ans et augmenterait progressivement de 11 mois tous les deux ans. Pour les hommes, l'âge minimum de la retraite débutera à 55 ans, augmentant d'un an tous les deux ans et atteignant 65 ans d'ici 2038. Enfin, outre les militaires et les politiciens non concernés par la réforme, les enseignants, les salariés ruraux et la police (fédérale et locale) auront des règles spéciales, avec un minimum d'âge minimum de 60 ans (aucun âge limite actuellement pour la police).

Au final, il semble que le gouvernement se dirige désormais vers une réforme des retraites moins ambitieuse mais jugée plus acceptable en raison de la fragmentation de son assise parlementaire et de la perspective des élections générales de 2018. Cette réforme sera présentée en Chambre basse à compter du 8 mai 2017. Si cette prudence est compréhensible, elle pourrait cependant affaiblir la perception favorable des marchés envers le gouvernement, dans sa volonté de rétablir les équilibres budgétaires, depuis son arrivée au pouvoir. 

L’analyse prudente et réaliste du FMI sur la situation économique brésilienne

Le département Hémisphère Occidental du FMI (WEO) a présenté lors d’un conseil informel jeudi 13 avril la situation économique et financière de l’Amérique latine et des Caraïbes. La situation macroéconomique se stabilise dans la région, favorisée par le léger rebond des cours des matières premières et l’amélioration récente des conditions de financement externe (après les tensions initiales générées par l’élection américaine).

En particulier, le FMI considère que l’Argentine et le Brésil devraient sortir de récession cette année. A contrario, la situation demeure extrêmement dégradée au Venezuela.

Ceci étant, l’ajustement au choc de la baisse des prix des matières premières est toujours en cours. Les services insistent sur les bénéfices de changes flexibles. La baisse de l’inflation permet un assouplissement de la politique monétaire au Brésil, au Chili et en Colombie. Le Chili et le Pérou disposent également de marges de manœuvre budgétaires ; en revanche, ce n’est pas le cas du Brésil où l’ajustement budgétaire à effectuer est d’une ampleur très significative, et ne sera pas facilité par le contexte politique actuel. Le FMI maintient à cet égard une prévision de faible croissance brésilienne pour 2017 à +0,2%.

Enfin, les risques sont toujours à la baisse. Si les éventuels spillovers d’un changement de politique américaine se feraient sentir principalement en Amérique centrale et dans les Caraïbes, les incertitudes liées à la réforme fiscale suscitent une certaine inquiétude sur les taux, et ce bien au-delà du voisinage proche de l’économie américaine.

Après une succession de révisions à la baisse des perspectives de croissance régionale lors des précédentes éditions du WEO, les prévisions sont restés stables, augurant une sortie progressive de la récession à partir de cette année. L’environnement externe est en effet légèrement plus favorable, avec (i) un rebond du commerce et de la demande externe adressée à la zone, (ii) une reprise modérée des cours des matières premières, et (iii) de meilleures conditions de financement après un resserrement temporaire lors de l’élection américaine. La baisse de l’inflation permet en outre un assouplissement de la politique monétaire au Brésil, au Chili et en Colombie (contrairement au Mexique et au Pérou où l’inflation est toujours en hausse). Ceci étant, la demande interne reste faible et les indices de confiance toujours moroses.

Ainsi, le FMI maintient ses recommandations pour zone, et notamment pour le Brésil (cf. les conclusions de la revue « art. IV » du FMI 2016 sur le Brésil) à savoir : À court terme, l’accent se porte sur le maintien de la flexibilité du change, la poursuite de l’assouplissement monétaire en tirant profit de la baisse de l’inflation et de l’ajustement budgétaire ; à plus long terme, les efforts devront porter sur le soutien de la croissance potentielle en priorisant les dépenses publiques d’investissement, en améliorant les institutions et la gouvernance et en approfondissant l’intégration commerciale. Cette feuille de route est pleinement en ligne avec les priorités du gouvernement Temer depuis l’automne 2016.

Au final, le FMI projette une croissance de +1,7% en 2018 puis 2% par an ensuite jusqu’en 2022 et prévoit un déficit primaire de de 2,3% du PIB (dégradé par rapport à ses prévisions d’octobre de 2,1%) jusqu’à un retour à l’excédent primaire en 2020 tandis que la dette publique se stabiliserait en 2022 à 86,4%.  

 « The killer chart » : Forte accélération du vieillissement de la population du Brésil en 40 ans                 

 Forte accélération du vieillissement de la population du Brésil en 40 ans

Source: IPEA 2017 

Évolution des marchés du 14 au 20 avril 2017

Indicateurs[1]

Variation

Semaine

Variation

Cumulée sur l’année

Niveau

Bourse (Ibovespa)

-0,1%

+6,6%

63 788

Risque-pays (EMBI+ Br)

+3pt

-53pt

275

Taux de change $ /R$

+0,6%

-3,4%

3,14

Taux de change € /R$

+2,1%

-1,2%

3,39

Clause de non-responsabilité - Le Service économique Régional s’efforce de diffuser des informations exactes et à jour, et corrigera, dans la mesure du possible, les erreurs qui lui seront signalées. Toutefois, il ne peut en aucun cas être tenu responsable de l’utilisation et de l’interprétation de l’information contenue dans cette publication. Rédacteurs : Stéphane GODARD-Conseiller Financier ; Jonathan THEBAULT- Adjoint Financier.



[1] Données du jeudi à 12h localement.


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