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Nouvelles d'Espagne - n°12 (17 avril 2017)

Actualité économique

macroéconomie

L’AIReF[1] juge le cadre macroéconomique du projet de loi de finances 2017 « prudent dans son ensemble », aussi bien en ce qui concerne l’évolution de la demande extérieure que la composition de la demande intérieure. La dynamique de consommation privée semble réaliste compte tenu des bonnes perspectives de créations d’emploi et d’un environnement monétaire favorable. L’AIReF considère opportune la révision à la baisse de la dynamique de l’investissement par rapport au mois de décembre ; à noter toutefois qu’une reprise plus soutenue du marché immobilier et de la construction pourrait soutenir la formation brute de capital fixe au-delà des prévisions du gouvernement.

La Banque d’Espagne plaide en faveur du maintien de la modération salariale. Contrairement au ministre de l’Économie, Luis de Guindos, qui a récemment déclaré que certaines entreprises espagnoles disposaient de marges suffisantes pour revaloriser les salaires, le département d’économie de la Banque d’Espagne s’inquiète d’une revalorisation d’ampleur. Selon lui, elle pourrait percoler dans les pressions inflationnistes et préjudicierait la compétitivité-prix espagnole. La Banque d’Espagne considère que le rebond de l’indice général des prix à la consommation (IPC) est transitoire, tiré par le renchérissement du prix du pétrole, et ne doit donc pas se traduire par une revalorisation généralisée des salaires qui soit trop forte en 2017. Elle plaide pour une revalorisation graduelle et différenciée selon les entreprises en 2018.

La France enregistre un déficit commercial vis-à-vis de l’Espagne en février (–276 M € en glissement annuel). Les exportations françaises en Espagne, portées par les secteurs automobile et sidérurgique, sont orientées à la hausse au mois de février 2017 (+2,8 % g.a; 5,5 Md €). Néanmoins, les importations sont sensiblement plus dynamiques sur cette période (+10,1 % g.a; 5,8 Md €), résultant principalement du secteur aérospatial et de produits de raffinage de pétrole[2]. La France dégage ainsi un déficit commercial de 276 M € au mois de février, pour le deuxième mois consécutif, alors que la balance commerciale vis-vis de l’Espagne était excédentaire sur la même période en 2016 (108 M € en glissement annuel).

L’agence Standard & Poor’s relève la note de l’Espagne à BBB+. L’agence de notation nord-américaine a amélioré la note de solvabilité de la dette souveraine à long terme de l’Espagne, à BBB+ (contre BBB précédemment). L’agence estime ainsi que les perspectives sont « positives » et entrevoit une croissance forte et équilibrée dans les prochaines années[3]. Cette orientation favorable pourrait à nouveau la conduire à requalifier les perspectives de la dette souveraine espagnole à terme. À noter que la note sur la solvabilité à long terme assignée à l’Espagne était restée inchangée depuis le 2 octobre 2015.

marché du travail

La Sécurité sociale comptabilise 400 000 chômeurs de moins au mois de mars par rapport à l’année dernière, soit une diminution de près de 10 % g.a. L’Espagne compte ainsi près de 3,7 millions de chômeurs. Par ailleurs, 604 209 nouveaux travailleurs se sont affiliés à la Sécurité sociale par rapport au mois de mars 2016 (+3,5 %). Plus particulièrement, le nombre d’embauches en contrat à durée indéterminée et à temps complet est orienté à la hausse (+20 % g.a.).

Le ministère de l’Emploi versera 1,9 Md € aux communautés autonomes à destination des politiques actives pour l’emploi en 2017 (+5 % par rapport à 2016). Cette enveloppe sera allouée principalement à des programmes de formation pour les chômeurs de longue durée et les jeunes. Par ailleurs, la ministre de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Fátima Bañez, a annoncé la mise en place à terme de la « tarjeta social ». Il s’agit d’un compte individuel permettant de connaître en temps réel l’ensemble des prestations sociales versées par les administrations centrales et territoriales à un résident espagnol, d’y attacher des droits à la formation professionnelle et d’identifier les individus les plus vulnérables nécessitant une aide d’urgence.

finances publiques

La Sécurité sociale bénéficiera d’un prêt de la part de l’État central en 2017. Afin de ne pas épuiser le Fonds de réserve en 2017 (qui dispose de 15 Md €), l’État envisage d’octroyer un prêt sans intérêt à la Sécurité sociale, pour un montant de 10 Md € et d’une maturité de 10 ans, afin d’assurer le financement des pensions. Pour rappel, les Fonds de Sécurité sociale ont clôturé l’année 2016 avec un déficit de 1,6 % du PIB. Les perspectives pour 2017 sont plus favorables, en raison d’une hausse des recettes issues des cotisations sociales (+6,8 % par rapport à la liquidation 2016), bien que la dynamique des dépenses de pensions contributives se maintienne (10 % du PIB).

entreprises

Le projet de loi de finances 2017 prévoit 7,5 Md € d’investissement dans les infrastructures[4], soit 20 % de moins qu’en 2016[5]. Le secteur ferroviaire bénéficierait de 40 % des crédits (3 Md € ; –29 %), destinés entre autres au corridor méditerranéen (715 M €) et à la ligne à grande vitesse de Galice (728 M €). Les enveloppes allouées aux ouvrages routiers (1,9 Md €) et portuaires (868 M €) seraient revues à la baisse respectivement de 13 % et 1 %. Elles permettraient néanmoins de renforcer la cohésion territoriale et les intermodalités (notamment entre ports et aéroports), mais également d’investir dans les autoroutes de la mer. Seuls les crédits budgétaires destinés au secteur aérien seraient orientés à la hausse (615 M € ; +13 %), afin de stimuler sa compétitivité conformément au Plan de développement du secteur aérien (PDSA 2014-2017).

Le gestionnaire du réseau électrique espagnol plaide pour la construction d’une troisième interconnexion électrique avec le Maroc. Le président de Red Electrica de España (gestionnaire du réseau électrique espagnol) a appelé, lors d’une conférence organisée par l’association des ingénieurs industriels de Madrid, au lancement des études de faisabilité d’une troisième interconnexion électrique entre l’Espagne et le Maroc. Actuellement, deux lignes électriques relient l’Espagne et le Maroc (l’une de 900 MW de capacité dans le sens Espagne-Maroc, l’autre de 700 MW dans le sens Maroc-Espagne). En 2016, le solde exportateur net de l’Espagne vis-à-vis du Maroc se chiffrait à +5 100 MW (+4 % par rapport à l’année 2015).

Actualité financière

secteur bancaire

M. Saracho, PDG de Banco Popular, propose une nouvelle augmentation de capital. Il a annoncé à l’assemblée générale que le groupe bancaire espagnol avait besoin d’une augmentation de capital[6] pour respecter le niveau de capital exigé par la BCE[7]. Cette annonce a été immédiatement sanctionnée par les marchés, le cours de l’action de Banco Popular ayant chuté de près de 10 % pour atteindre 0,71 €. À noter que Banco Popular a réalisé 3 augmentations de capital depuis 2012, soit 5,5 Md € au total, la dernière en date ayant été réalisée en juin 2016. Les banques d’investissements s’attendent à une augmentation de capital comprise entre 1 et 3 Md €. 

secteur immobilier

L’investissement immobilier en Espagne croit de 50 % a/a au T1 2017, selon CBRE. L’investissement immobilier en Espagne a atteint 3,4 Md € au T1 2017 contre 2,3 Md € au T1 2016. Selon le cabinet de conseil immobilier CBRE, les investissements étrangers ont atteint 2,4 Md € soit 70 % du total des investissements immobiliers en Espagne dont 33 % provenant des États-Unis, devant le Royaume-Uni (29 %) et l’Allemagne (11 %). L’Espagne est un pays stratégique pour les investissements des fonds internationaux du fait de l’évolution positive du marché immobilier espagnol[8] et de son potentiel de croissance (rentabilité orientée à la hausse[9]). Le secteur retail (locaux et centres commerciaux) représente 40 % des investissements, contre 19 % pour les bureaux, 16 % pour l’hôtellerie, 13 % pour le résidentiel et 7 % pour le logistique (entrepôts). 



[1] L’autorité de contrôle budgétaire indépendante espagnole.

[2] Les importations d’aéronef et d’engins spatiaux et de produits de raffinage de pétrole ont augmenté de 135 % et de 197 % respectivement en février 2017, contribuant positivement à la croissance des importations françaises totales en provenance d’Espagne (contribution de 2,9 pp et de 2,5 pp respectivement).

[3] Une croissance du PIB à 2,5 % en 2017 et de 2,1 % en 2018, un niveau d’endettement public sous la barre des 90 % en 2020.

[4] Y compris les investissements réalisés par les entreprises publiques. La politique d’infrastructures réalisée par l’administration centrale se chiffre quant à elle à 5,4 Md € (–11 %).

[5] Évolution par rapport aux dépenses initiales budgétées dans la loi de finances publiques 2016 et non par rapport aux dépenses exécutées en 2016. Les crédits alloués aux infrastructures se ventileraient de la façon suivante entre les différents ministères : le ministère de l’Équipement disposerait de 3,6 Md € ; le ministère de l’Agriculture, Alimentation et Environnement d’1,7 Md € et le ministère de l’Énergie, du Tourisme et de l’Agenda Numérique de 30 M €.

[6] Aucune date ni aucun montant n’ont été fixés pour le moment.

[7] La BCE exige un ratio CET 1 fully loaded de 10,5 % en 2019.

[8] Les prix de l’immobilier sont en hausse de 4,5 % en 2016, selon l’INE.

[9] La rentabilité est de 8,8 % selon la Banque d’Espagne.


Publié le 18/04/2017
Espagne

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