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Brèves de l'OMC n°02 : Au défi de la "démondialisation" ?

Liant le ralentissement du commerce mondial à la montée du sentiment protectionniste, certaines prophéties de la «démondialisation» prennent un très gros raccourci. La dynamique du commerce mondial répond d’abord à des causes objectives : ralentissement de la demande mondiale, maturation des chaines de valeur, rééquilibrage de la croissance chinoise. Le sentiment protectionniste peut en résulter mais s’entortille politiquement avec bien d’autres, où transparaissent nombre d’enjeux identitaires.

 Reste que l’OMC se trouve en première ligne pour relever deux défis. Face aux tensions protectionnistes, elle doit préserver le «bien public global» que représente le système commercial multilatéral, dont elle est la figure centrale. Aussi, suggérer des réponses crédibles au ressentiment que les opinions publiques associent aux chocs de redistribution de revenu et d’emplois que le commerce engendre, à l’échelle globale. Après l’avoir longtemps contesté, le «mainstream» des économistes admet désormais cette responsabilité, même s’il l’estime secondaire par rapport à celle de la technologie. Ces deux défis étaient bien identifiés dans les discours ayant marqué la récente réunion du conseil général de l’organisation, et se trouvaient au centre des propos de M. Roberto Azevedo, reconduit à cette occasion dans ses fonctions de directeur général pour 4 ans.

 L’organisation est-elle capable de les relever? Oui… péniblement.

 Oui car, sur le moyen-terme, elle a prouvé sa capacité à avancer. Par exemple avec l’entrée en vigueur début 2017 de deux accords qui flattent le bilan du premier mandat de l’actuel directeur général : l’amendement à l’accord sur la propriété intellectuelle (ADPIC), pour favoriser l’accès aux médicaments des pays en développement et, l’important accord sur la facilitation des échanges. L’OMC prouve aussi, chaque jour sa capacité à jouer son rôle d’arbitre, en faisant face à une forte progression du volume de contentieux qui lui est soumis.

 Péniblement, car à court-terme, elle sait aussi s’enferrer dans des querelles aux apparences picrocholines. Ainsi, du blocage observé lors du dernier conseil général (et persistant à la date de parution de ces brèves), pour la désignation des présidences, du groupe de négociation sur l’agriculture et de l’ensemble des organes réguliers de l’OMC : un conflit entre deux ensembles géographiques provoque ainsi une paralysie temporaire de tout le fonctionnement de l’organisation. Ainsi, des risques de conflit procédural qui se dessinent aussi pour la nomination de deux nouveaux membres de l’organe d’appel du mécanisme de règlement des différends. Ainsi, plus gravement, de l’atonie des travaux préparatoires à la prochaine réunion de Buenos-Aires. Sur fond de polarisation «nord-sud» encore très affirmée, aucun des sujets identifiés pour un accord, même d’étape, n’est, à ce stade, considéré comme suffisamment mûr pour espérer aboutir en décembre : soutiens agricoles internes, subventions à la pêche, réglementations intérieures des services, commerce électronique. Or, face aux défis existentiels auxquels est confrontée l’organisation, certains ambassadeurs ont déjà souligné que la conférence de Buenos-Aires ne saurait être routinière.

 A l’orée de cette année délicate, cette délégation joint ses félicitations, encouragements et engagement de soutien, à ceux exprimés par les autres membres au directeur général et, au nouveau président de son conseil, l’Ambassadeur Carim (Afrique du Sud), pour conduire l’organisation vers un succès, en Argentine et au-delà.


Publié le 01/03/2017

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