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Contribution à la réflexion sur le renforcement de la zone euro - A contribution to the work on the strengthening of the euro area

L'euro est un projet économique et politique inédit, qui a doté l'Europe d'une monnaie stable et crédible, utilisée quotidiennement par près de 340 millions de personnes dans 19 États membres, et qui représente la deuxième devise la plus importante dans le monde, avec le quart des réserves de change. Des évolutions importantes (renforcement de la gouvernance économique et budgétaire, établissement de l'Union bancaire, création de mécanismes de gestion des crises des dettes souveraines) ont été décidées en réponse à la crise économique et financière pour renforcer la résilience de l'Union économique et monétaire (UEM).

La zone euro continue néanmoins de présenter certaines insuffisances en matière d'intégration financière et budgétaire, de gestion des déséquilibres macroéconomiques entre pays, et de cohésion. L'intégration financière reste partielle et ne permet pas une allocation la plus efficace du capital. En outre, la politique budgétaire en zone euro n'a pas rempli pleinement son double objectif de stabilisation macroéconomique et de soutenabilité des finances publiques. Enfin, les dynamiques actuelles de coûts salariaux unitaires ne suffisent pas à résorber rapidement les déséquilibres courants entre pays.

Évolution des taux souverains à 10 ans (%) - Source : Datastream.

Dans ce contexte, l'architecture économique de la zone euro devra être renforcée sur trois axes. Tout d'abord, l'achèvement de l'Union bancaire et l'établissement d'une Union des marchés de capitaux permettraient de renforcer l'intégration du secteur financier pour assurer un meilleur partage des risques macroéconomiques entre les acteurs privés. Parallèlement, la création d'un budget pour la zone euro d'ampleur significative, couplée à des règles budgétaires plus solides au niveau national, permettrait de renforcer la stabilisation macroéconomique et de favoriser le processus de convergence, tout en assurant la soutenabilité des finances publiques. Enfin, le renforcement des instruments de coordination au sein de la zone euro en matière de réformes structurelles permettrait de réduire les déséquilibres courants et de renforcer l'intégration économique de la zone euro.

L'ensemble de ces propositions représente un saut d'intégration important, accompagné d'un partage de souveraineté accru en matière de politiques budgétaire et économique. Leur mise en oeuvre, qui se place pour certaines d'entre elles dans le temps long, nécessitera de faire évoluer les institutions pour assurer un fonctionnement plus démocratique de la zone euro, ce qui suppose un changement des traités, idée qui ne fait pas consensus pour l'heure entre les États membres. À plus court terme, l'UE doit continuer à faire la démonstration de sa capacité à assurer la cohésion de ses membres dans le contexte du retrait du Royaume-Uni et à répondre concrètement aux préoccupations prioritaires de ses citoyens, en particulier dans le cadre de l'agenda de relance du projet européen défini lors du Sommet de Bratislava du 16 septembre 2016 (migration ; sécurité/défense ; développement économique et social/jeunesse).

A contribution to the work on the strengthening of the euro area

The euro is an economic and political project like no other. Today, 340 million people across 19 Member States use on a daily basis a stable and credible currency. The euro is the second most commonly held reserve currency, accounting for onequarter of all holdings worldwide. The economic and financial crisis triggered a raft of reforms that sought to make the Economic and Monetary Union (EMU) more resilient: tougher economic and fiscal governance rules, the Banking Union, and new mechanisms to manage sovereign debt crises.

Yet the euro area remains a work in progress, with some way to go on financial and fiscal integration, dealing with macroeconomic imbalances within the zone, and strengthening cohesion. Gaps in financial integration are weighing on efficient capital allocation. Euro area fiscal policy – intended to deliver macroeconomic stability and public finance sustainability – is not fully up to the task. Eventually, current unit labour cost trends mean that imbalances within the union are unlikely to be absorbed in the short term.

The euro area architecture therefore needs to be strengthened, in three areas in particular. Firstly, the EU needs to complete the Banking Union and press ahead with the Capital Markets Union. This, in turn, would boost financial sector integration and see improved private sector risk-sharing. Secondly, the euro area needs its own sizeable budget and domestic fiscal rules need to be tightened. Together, these measures would increase macroeconomic stability, pave the way for convergence, and shore up public finance sustainability. Thirdly, a more coordinated approach to structural reform would help to reduce current account imbalances and boost economic integration within the euro area.

Such proposals would imply much closer integration and further sovereignty-sharing on fiscal and economic policy. Consequently, the euro area institutional framework needs to be overhauled to provide for a more democratic functioning of the euro area. Yet this would require treaty change – a matter on which Member States do not currently see eye to eye. In the short term, the EU must continue to demonstrate its ability to ensure the cohesion of its members in the context of the withdrawal of the United Kingdom and to address concretely the main concerns of its citizens, in particular within the relaunch of the European project agenda agreed upon at the Bratislava summit of September 2016.


Publié le 09/02/2017

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