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L'énergie solaire en Turquie

La capacité installée des équipements de production d’énergie solaire serait égale à 328MW environ en avril 2016. Toutefois, la Turquie dispose d’un potentiel de production d’énergie solaire supérieur, en raison d’un temps d’ensoleillement moyen élevé. L’objectif fixé par le gouvernement turc à horizon 2023 est d’atteindre une capacité installée de 5.000 MW, et une génération annuelle d’électricité de 3.000 MWh. Si les chiffres actuels sont bien inférieurs aux objectifs fixés ainsi qu’à la capacité installée moyenne de nombreux pays de l’UE, de nombreux projets sont en cours, et le secteur devrait se développer ces prochaines années grâce à la mise en place d’un cadre règlementaire favorable.

I.  Malgré son fort potentiel, les capacités installées de la Turquie sont bien en-deçà du potentiel comme des objectifs fixés

 1. La Turquie bénéficie de la durée d’ensoleillement la plus élevée parmi les pays européens.

Le temps moyen d’ensoleillement est le plus élevé d’Europe (2 640 heures par an), ce qui représente une quantité d’énergie procurée de 1 500kWh/m² par an en moyenne. L’Anatolie du Sud-Est et la région méditerranéenne sont les zones où la durée moyenne annuelle d’ensoleillement et la quantité moyenne d’énergie solaire procurée sont les plus élevées.

2. Les capacités installées en Turquie sont certes croissantes sur les dernières années, mais bien en-deçà des autres pays européens ainsi que des objectifs officiels du gouvernement turc

Alors que son potentiel d’ensoleillement est le plus élevé d’Europe, la capacité installée par habitant, en 2013, de la Turquie est nettement inférieure (0,2 MW) à celle de l’Allemagne (436 MW), de la Belgique (268 MW en 2013), de l’Italie (294 MW), de la Grèce (229 MW) et de la République Tchèque (207 MW).

Néanmoins, les capacités installée de la Turquie dans le solaire (en MW dans le tableau ci-dessous) ont augmenté rapidement ces dernières années, de 18MW installés en 2013, à 40 en 2014 et 328 début avril 2016. Cette augmentation très rapide est due à plusieurs facteurs : la mise en place de tarifs garantis (Feed-in-tarifs) attractifs pour l’énergie solaire (13,3 USD cent  par KWh produit ; garantis pour dix ans) et la rentabilité rapide des projets dans le secteur des panneaux photovoltaïques (la durée moyenne de retour sur investissement est de 7 ans dans le Sud du pays).

Les prévisions officielles sont très ambitieuses. En effet, l’évolution annuelle moyenne entre 2018 et 2023 est prévue à +20%.

3.       De nombreux projets sont prévus

La hausse des capacités installées devrait se poursuivre à court et moyen terme : des licences d’une capacité totale de 600 MW ont été délivrées par l’EMRA à des opérateurs privés en 2012. Par ailleurs, un certain nombre d’autres projets (soit en cours de réalisation, soit en cours de planification) devraient être lancés  par les entreprises et par le gouvernement.

  • Les projets inférieurs à 1 MW sont dispensés de licence :

Selon GÜNDER, le total des projets en cours (phases de planification et de permission) menés par des entreprises dans le secteur des panneaux photovoltaïques représenterait une capacité installée totale de 5.000 MW. En outre, les ministères turcs planifient actuellement un certain nombre de projets d’installation de panneaux photovoltaïques hors licences. Au total, ils représenteraient une capacité installée supplémentaire de 1.700 MW.

Deux projets des ministères des forêts et de l’agriculture représentent une capacité installée totale de 1.500 MW :

-              Le Ministère de l’eau et des forêts mène un projet pour l’installation de panneaux dans les villages forestiers ;

-              Le ministère de l’agriculture, avec l’appui de fonds européens (UE), prévoit d’installer des panneaux sur les bâtiments de stockage, les étables, usines de transformation, et les entrepôts frigorifiques.

Enfin, l’UE mène un projet avec les municipalités de moins de 7.000 habitants afin d’y encourager l’installation de panneaux solaires. Ce projet concerne 526 municipalités turques, avec une capacité installée de 500KW chacune. L’UE prend en charge l’intégralité du coût d’installation, sous réserve que les panneaux installés aient été produits en Turquie ou dans un pays de l’UE.

  • Des appels d’offres sont lancés pour l’octroi de licences :

Un appel d’offres prévoyant l’octroi de licences de production d’énergie solaire d’une capacité totale de 600 MW avait été lancé par l’EMRA en 2012.

Les licences ont commencé à être distribuées dès mi-2013. Les offres soumises représentaient au total une capacité de 1.730 MW environ, soit trois fois plus que celle de l’appel d’offres. Début 2015, la moitié des licences (302 MW) avait été accordée ; les offres continuent à être étudiées pour l’autre moitié depuis avril 2015. Seul le critère de prix comptait pour cet AO : les entreprises proposant les contributions par MW (rémunérée à TEIAS) les plus élevées étaient choisies. Les offres gagnantes proposaient des montants allant de 100.000 TRY à 2,5 millions TRY selon les régions et le niveau de concurrence. L’EMRA avait divisé l’appel d’offres en lots, prévoyant un seuil de capacité installée par région (seules les régions bénéficiant de radiations supérieures à 1.650 kWh/m² par an étaient concernées par l’appel d’offres. Les localités concernées étaient notamment : Erzurum, Elazig, Konya, Antalya, Denizli, Bundur et Diyarbakir). Deux projets liés à cet AO illustrent cette démarche : 5 MW à Erzurum par Halk Enerji et 8 MW à Elazig par Solentegre Enerji Yatirimlari AS. D’ici 2030, le gouvernement envisage de lancer des appels d’offres pour une capacité totale de 8.000 MW, dont 3.000 dans la région de Karapinar, 2.500 dans la région de Van, 1.500 dans la région de Nigde, et 1.000 dans celle d’Adana.

II. L’énergie solaire en Turquie est un marché qui présente de fortes opportunités de développement

Le marché de l’énergie solaire est dominé par celui des panneaux photovoltaïques. En effet, les centrales solaires thermiques sont absentes du marché turc, hormis un projet dans la province de Mersin, d’une capacité de 5 MW .

1. Un marché qui présente de nombreuses forces et opportunités, surtout pour les producteurs locaux

  • Le potentiel de la Turquie est élevé, même comparé aux objectifs officiels.

Le marché d’installation de panneaux photovoltaïques sur les toits des bâtiments représente un potentiel conséquent du fait de l’existence en Turquie de 8,6 millions de bâtiments. Les particuliers et entreprises utilisant une installation solaire uniquement pour leur consommation propre sont dispensés de la procédure de licence, ce qui encourage les installations individuelles sur toits. Les systèmes individuels devraient donc continuer à se développer, davantage que les grandes installations.

  • Les coûts de production devraient continuer à baisser (pour la composante technique des panneaux) et l’efficience des installations augmenter (alors que la durée de retour sur investissement est déjà rapide).

L’utilisation des nouvelles technologies devrait s’accélérer sur les petites installations. L’usage des “optimizers” sur les toits devrait se généraliser. Ils permettent de sécuriser la production et d’ajuster le volume disponible selon les pics. Les cellules photovoltaïques devraient être produites localement à l’avenir, grâce à la mise en œuvre de centres de R&D dédiés.

  • Les ambitions de la Turquie s’orientent vers l’international, puisqu'elle souhaite exporter ses produits au Moyen-Orient et vers l’Afrique, notamment via la constitution de clusters dédiés à l’énergie solaire. En outre, l’association GÜNDER souhaite constituer des clusters rassemblant entreprises turques et étrangères en Turquie.

Enfin, il existe des opportunités dans le secteur du stockage de l’électricité produite à partir de l’énergie solaire. Le stockage est une pratique actuellement absente du marché de l’énergie solaire. Or il permettrait de lisser la production d’électricité produite tout au long de l’année. Le stockage n’a toutefois pas encore fait l’objet de politiques dédiées (incitations) de la part des pouvoirs publics.

2. Les pistes de réformes identifiées pour consolider la croissance du secteur

  •  L’allègement des lourdeurs bureaucratiques et administratives :

Le processus actuel d’obtention des autorisations de génération est très coûteux, notamment pour les petites installations, dont le coût unitaire est élevé. Selon le think-tank EDAM, les démarches devraient être différenciées selon la taille de l’installation, et davantage facilitées pour les très petites installations, comme c’est le cas en Allemagne.

  • Le renforcement de la capacité des infrastructures de transmission et de distribution :

Afin d’intégrer les capacités supplémentaires de l’énergie solaire, le réseau de transmission et de distribution doit être renforcé. Les réseaux électriques intelligents (smart grid), utilisant des technologies informatiques de manière à optimiser la production, la distribution et la consommation, pourraient être développés.

  • L’amélioration de la disponibilité des terrains :

Il est interdit d’installer des panneaux photovoltaïques sur des terrains agricoles. Or, le développement de l’énergie solaire n’est pas incompatible avec celui de l’agriculture puisque certaines exploitations ne disposant pas d’un accès au réseau électrique pourraient bénéficier de panneaux solaires hors réseaux, pour les besoins des systèmes de pompages par exemple. Les pouvoirs publics pourraient initier des projets de ce type, très peu développés actuellement, afin d’étudier leur faisabilité économique.

 


Publié le 01/07/2016
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